Le Blog Utux

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đŸ‡°đŸ‡· La CorĂ©e du Sud Ă  VĂ©lo (voyage 2024) đŸ‡°đŸ‡·

Rédigé par uTux 2 commentaires

Avec madame Utux, nous avions prĂ©vu de retourner en CorĂ©e du Sud au printemps pour des raisons familiales, j'en ai donc profitĂ© pour y caser mon pĂ©riple annuel Ă  vĂ©lo. Ainsi j'ai traversĂ© le pays en roulant de Incheon 읞ìȜ jusqu'Ă  Busan 부산 en 7 jours et Ă  peu prĂšs 700 km.

J'ai effectuĂ© ce pĂ©riple Ă  la fin Mars / dĂ©but Avril en pleine pĂ©riode de fleuraison des cerisiers (qui sont blancs et pas roses) avec un climat idĂ©al car pas trop frais en cas de pluie, et pas trop chaud quand il y a du Soleil 🙂. Une trĂšs bonne expĂ©rience dont je vais essayer de faire un retour ici.

Une carte interactive doit s'afficher juste au dessus. Le fond par défaut est Openstreetmap mais vous pouvez baculer sur "ESRI" (à l'aide du bouton de layers sur la partie supérieure droite) si vous voulez les noms romanisés.

Mon petit passeport !

La CorĂ©e a mis en place des itinĂ©raires cyclables le long des fleuves, de la cĂŽte Est, et de l'Ăźle de Jeju ì œìŁŒë„. On parle de "4 Rivers" ou "Cross Country" selon le parcours rĂ©alisĂ© et il est possible d'acheter un "passeport" (optionnel bien sĂ»r) pour 4500 KRW - actuellement 3,04 Euro - sur lequel vous allez pouvoir apposer des petits tampons Ă  chaque Ă©tape. Ces checkpoints ou "certification center" sont des cabines tĂ©lĂ©phoniques rouges dans lesquelles se trouve un tampon encreur unique.

Passeport
A l'arriĂšre plan, l'une des cabines Ă  rechercher pour tamponner son passeport.

Le passeport est nominatif et peut ĂȘtre achetĂ© Ă  diffĂ©rents endroits. Personnellement je l'ai pris au Ara West Sea Lock, mon point de dĂ©part. Le site KoreaByByke (non officiel) donne Ă©galement beaucoup de ressources utiles. Ce passeport permet d'obtenir un diplĂŽme en complĂ©tant les parcours ainsi qu'une mĂ©daille mais cette derniĂšre est payante.

Mon périple

De Incheon 읞ìȜ Ă  SĂ©oul 서욞

Cet itinĂ©raire est idĂ©al pour commencer car la route est majoritairement dĂ©diĂ©e aux vĂ©los, trĂšs plate, et peuplĂ©e de toilettes et supĂ©rettes quasiment tous les kilomĂštres 😄 ! On y croise Ă©galement beaucoup d'autres cyclistes mais aussi des piĂ©tons, ce qui semble-t-il a justifiĂ© la mise en place de ralentisseurs (전전히) mais aussi de... speed cam ! Et oui il y a des radars mesurant la vitesse des cyclistes et leur demandant de ralentir si leur vitesse dĂ©passe 20 km/h. On rejoint rapidement le fleuve Han (한강) qui traverse SĂ©oul 서욞.

Bien que l'itinĂ©raire officiel ne s'aventure pas dans SĂ©oul 서욞, j'avais dĂ©cidĂ© d'y faire un crochet pour visiter quelques lieux emblĂ©matiques et y passer la nuit. Ainsi j'ai pu monter jusqu'Ă  la Seoul N Tower (200 mĂštres de cĂŽte), j'ai traversĂ© le quartier touristique Myeong-dong ëȘ…동 (mauvaise idĂ©e Ă  vĂ©lo) pour enfin arriver jusqu'Ă  Gyeongbokgung êČœëł”ê¶ (le palais royal). Malheureusement, la circulation Ă  vĂ©lo dans SĂ©oul 서욞 est difficile car il y a trĂšs peu d'infrastructures 😕.

Cheonggyecheon
Cheonggyecheon ìČ­êł„ìȜ, incontournable Ă  SĂ©oul 서욞.

De la pluie, des travaux et la campagne.

Sortir de SĂ©oul 서욞 fut plus facile que prĂ©vu car j'ai suivi Cheonggyecheon ìČ­êł„ìȜ qui est longĂ© par deux pistes cyclables. J'ai traversĂ© le fleuve Han en empruntant un pont rĂ©servĂ© aux trains et aux vĂ©los, m'offrant au passage une vue sur la Lotte World Tower.

Lotte world tower
Traversée du fleuve Han, avec la Lotte World Tower visible.

AprĂšs la traversĂ©e, j'ai mis le cap vers l'est direction Yangpyeong 양평. C'est en m'Ă©loignant de la ville que j'ai dĂ©couvert les magnifiques paysages de CorĂ©e avec ses vallĂ©es montagneuses et le majestueux fleuve Han. Seul bĂ©mol : la pluie qui masque l'horizon lointain, gĂąche les photos, et rend le parcours moins agrĂ©able. Ainsi dĂšs la moitiĂ© de l'Ă©tape j'Ă©tais trempĂ© avec mes genoux et mon vĂ©lo couverts de crasse 😕.

J'ai tout de mĂȘme fait un petit crochet Ă  Dumulmeori ë‘ëŹŒëšžëŠŹ qui offre un point de vue sur la confluence de Bukhangang 북한강 (riviĂšre Han du nord) et Namhangang 낚한강 (riviĂšre Han du sud) . "두" signifie "deux" (abrĂ©gĂ©), "ëŹŒ" se traduit en "eau" et "뚞늏" c'est la tĂȘte, le nom est donc trĂšs parlant 🙂.

Dumulmeori
Point de vue Ă  Dumulmeori ë‘ëŹŒëšžëŠŹ avec la mĂ©tĂ©o dĂ©sastreuse.

L'itinĂ©raire est majoritairement composĂ© de routes cyclables dĂ©diĂ©es et sĂ©curisĂ©es avec notamment d'anciennes voies ferrĂ©es reconverties. L'avantage de ces derniĂšres est qu'elles sont plates et bĂ©nĂ©ficient de tunnels pour traverser les reliefs. Mais tout n'est pas si rose puisqu'une section d'une dizaine de kilomĂštres Ă©tait fermĂ©e pour cause de travaux, m'obligeant Ă  improviser et Ă  faire un dĂ©tours 😐. La CorĂ©e Ă©tant un pays montagneux, je me suis retrouvĂ© en pleine campagne Ă  pousser mon vĂ©lo Ă  la main dans des cĂŽtes infĂąmes en espĂ©rant ne pas ĂȘtre obligĂ© de revenir en arriĂšre.

Campagne
Une route de campagne en Corée

AprĂšs une nuit Ă  Yangpyeong 양평, j'ai mis le cap vers Chungju ì¶©ìŁŒ. La pluie a malheureusement persistĂ© et je me revois encore en train de pĂ©daler, trempĂ© et couvert de boue avec les doigts de pieds gelĂ©s alors qu'il n'Ă©tait mĂȘme pas encore midi 😣.

Corée sous la pluie
La Corée sous la pluie. Au moins la photo est belle !

Point surprenant : en CorĂ©e on trouve souvent des vĂ©hicules sur les voies dĂ©diĂ©es aux vĂ©los. J'en ai mĂȘme vu s'arrĂȘter pour retirer les poteaux censĂ©s leur bloquer le passage puis les remettre derriĂšre 😼. Ainsi il n'est pas rare de se faire doubler par par une dizaine de voitures au cours de la journĂ©e (heureusement la plupart roulent lentement).

Le trajet est également marqué par de nombreux barrages avec un certain nombre de ceritification centers à ne pas rater afin d'avoir vos petits coups de tampon. Le dénivelé commence à se faire sentir mais rien de bien méchant pour l'instant, les vraies montagnes arriveront plus tard !

Yeojubo"
Yeojubo ì—ŹìŁŒëłŽ

La pluie s'est calmĂ©e en fin d'Ă©tape mais j'ai affrontĂ© ma premiĂšre crevaison Ă  la roue arriĂšre 😱. Par chance, j'Ă©tais prĂšs d'une boutique de location de vĂ©los, j'ai donc pu emprunter une pompe Ă  pied pour regonfler ma roue plus facilement aprĂšs avoir remplacĂ© la chambre Ă  air. Ils m'ont aussi permis de re graisser ma chaĂźne car cette derniĂšre commençait Ă  grincer aprĂšs 2 journĂ©es passer Ă  rouler sous la pluie. Les CorĂ©ens sont des gens trĂšs sympathiques qui ont tout fait pour m'aider ou me soutenir moralement pendant que je changeais ma roue 😇 !

Direction Sangju ìƒìŁŒ, du Soleil et des montagnes.

Pour mon 4e jour de voyage la pluie s'est enfin calmĂ©e et a laissĂ© place au Soleil ! J'ai ainsi pu commencer Ă  profiter des paysages, surtout lorsque je suis passĂ© Ă  Sujupalbong ìˆ˜ìŁŒíŒ”ëŽ‰ avec un sublime point de vue, un pont suspendu et des chutes d'eau.

Sujupalbong
Sujupalbong ìˆ˜ìŁŒíŒ”ëŽ‰.

J'avais Ă©galement prĂ©vu un dĂ©tours pour voir Suok Falls (d'autres chutes d'eau) mais j'ai zappĂ© car j'affrontais une montagne avec une ascension de 600 mĂštres... et oui, ça commence Ă  grimper sĂ©rieusement ! D'aprĂšs mes cartes il s'agit de la montagne Jolyeongsan ìĄ°ë č산. L'ascension m'a pris une bonne heure en petite vitesse avec des pauses, mais une fois en haut j'ai pu admirer le point de vue avant d’entamer une interminable descente.

Jolyeongsan
Point de vue aprĂšs l'ascension de Jolyeongsan ìĄ°ë č산

Bien plus tard dans la journée j'ai à nouveau crevé mon pneu arriÚre, et n'ayant plus de chambre à air de remplacement j'ai du faire un détour par un magasin de réparation (pas loin heureusement). J'ai pu discuter avec un Coréen parlant trÚs bien l'anglais et ce dernier a demandé au propriétaire de la boutique de me faire une ristourne :) J'ai pu re faire mon stock de chambres à air de spare.

Mon Ă©tape du soir Ă©tait Ă  Sangju ìƒìŁŒ, dans une guest house Hanok 한옄 que j'avais repĂ©rĂ© sur Naver. Cette derniĂšre Ă©tait en fait une ferme tenue par 2 propriĂ©taires ĂągĂ©s ne parlant pas un mot d'anglais et proposant une "pension" (repas + nuitĂ©e + lessive) Ă  70 000 KRW. Le moins que je puisse dire est que ce fut une expĂ©rience atypique et enrichissante : l'hygiĂšne Ă  la CorĂ©enne (une paire de claquettes pour le salon, une autre pour la chambre), les douches dans un bĂątiment extĂ©rieur non chauffĂ© (mais l'eau si), le chien attachĂ© par une grosse chaĂźne, et la nuit sur un futon Ă  mĂȘme le sol. Je recommande 👌.

Hanok
L'expĂ©rience Hanok 한옄

Des crevaisons et des coups de Soleil

Au moment de partir, j'ai découvert que mon pneu arriÚre était dégonflé, arf. Il semble que l'air s'échappait à la base de la valve, j'ai donc du procéder au remplacement de la chambre à air. Point positif : la météo avec un temps trÚs ensoleillé, ce qui m'a d'ailleurs valu des coups de soleil au visage, car je ne m'attendais pas à cela en cette période !

Le chemin vers Daegu ëŒ€ê”Ź est plutĂŽt plat et j'ai pris beaucoup de plaisir Ă  pĂ©daler, cependant j'ai encore crevĂ©, dĂ©cidĂ©ment. A chaque changement de chambre Ă  air j'examinais mon pneu et j'y passais les doigts Ă  la recherche de dĂ©chirures ou d'objets pointus plantĂ©s dedans mais je ne trouvais rien de probant. Et alors que je galĂ©rais avec ma pompe minuscule pour regonfler mon pneu, un cycliste corĂ©en m'a prĂȘtĂ© un gonfleur Ă©lectrique portatif. Il m'a permis de gonfler sans effort mon pneu Ă  la bonne pression. Encore un exemple de la gentillesse des CorĂ©ens !

Daegu ëŒ€ê”Ź Ă©tait mon Ă©tape mais je n'ai pas vraiment eu l'occasion de visiter car la ville est vraiment immense et je ne voulais pas trop m'Ă©loigner de mon itinĂ©raire. C'est le grand paradoxe de la CorĂ©e : le pays est petit, mais les villes sont immenses.

Le sud, ça grimpe.

Au petit matin, j'ai encore trouvĂ© ma roue arriĂšre dĂ©gonflĂ©e 😓 Un peu agacĂ©, j'ai inversĂ© les pneus avant et arriĂšre, car je soupçonnais que ce dernier soit usĂ© mĂȘme si visuellement je ne trouvais rien. Et ce fut une bonne dĂ©cision car je n'ai plus eu aucune crevaison pour le reste du voyage.

De quoi faire un magnifique fond d'Ă©cran.

Cette Ă©tape fut marquĂ©e par des paysages sublimes mais aussi 2 montagnes Ă  passer, bien qu'il soit possible de "tricher" pour l'une d'elles en empruntant la route des voitures qui bĂ©nĂ©ficie d'un tunnel. J'ai choisi d'affronter les montagnes mais je les ai faites Ă  pied car elles Ă©taient trop agressive et je voulais Ă©conomiser mon Ă©nergie et mon eau. Petite surprise sur le chemin : un temple bouddhiste (Musimsa - ëŹŽì‹Źì‚Ź) au milieu de nulle part, avec un haut parleur qui diffuse des mantras.

Direction Busan 부산 !

AprĂšs une nuit dans un Motel Ă  Namji-Ri ë‚šì§€ëŠŹ j'ai entammĂ© ma 7e et derniĂšre Ă©tape vers Busan 부산.

Busan
Les cerisiers en fleurs Ă  Busan (couleurs naturelles).

L'arrivĂ©e Ă  Busan 부산 est spectaculaire car on roule sous des cerisiers en fleurs pendant une dizaine de kilomĂštres. Cela est aussi un inconvĂ©nient car il y a de trĂšs nombreux piĂ©tons Ă  esquiver, il faut parfois mĂȘme marcher, la progression est donc difficile, mais c'est magnifique !

A la fin du parcours, j'ai obtenu un sceau sur mon passeport ainsi qu'un certification pour avoir accompli le "Cross country road", j'en suis fier !

Préparation et organisation

Louer, ou emmener un vélo ?

Personnellement, j'ai choisi la premiÚre option, principalement pour m'éviter les galÚres du transport (avion, métro, train) et parce qu'il ne me serait utile que 1 semaine alors que le voyage devait durer 1 mois. J'ai loué un vélo chez Bike Rental Korea et j'en ai été satisfait :

  • Un interlocuteur anglophone trĂšs sympa (par mail et KakaoTalk) qui donne volontiers des conseils.
  • Le vĂ©lo de route AL3 est correct (freins Ă  disque + points d'accroche de bagages Ă  l'arriĂšre) et le casque, les phares et l'antivol sont fournis. De plus il y a un support Garmin (j'ai pu y mettre mon Edge 540 S). En option on peut aussi louer des sacoches et un kit technique.
  • La boutique propose un service (payant) de livraison et de collecte du vĂ©lo Ă  Incheon 읞ìȜ, SĂ©oul 서욞 et Busan 부산. Il faut juste trouver un hĂŽtel ou une guest house qui accepte de le stocker si vous ne pouvez pas ĂȘtre prĂ©sent.
  • Paiement Pro par Paypal avec facture.

Le coût de la location n'est pas négligeable (c'est plus cher qu'emmener son propre vélo en avion) mais cela m'a épargné toute la logistique de l'avant et l'aprÚs voyage. J'ai juste du emmener ma tenue de vélo et mon GPS Garmin, c'est tout.

Itinéraire et étapes

J'ai utilisĂ© comme d'habitude visugpx avec les fonds de carte Opencycle. Les itinĂ©raires cyclables de CorĂ©e y apparaissent en rouge, il est donc facile de crĂ©er son tracĂ©. Pour la recherche de points d'intĂ©rĂȘts et l'analyse de routes, il faut utiliser Naver car Google Maps n'est pas trĂšs Ă  jour. Cela demande de la patience car l'interface est en CorĂ©en et il n'y a pas de CDN en Europe donc c'est lent Ă  charger, mais en revanche les infos sont Ă  jour !

Habituellement, je rĂ©serve tous mes logements Ă  l'avance (hormis les camping) pour ĂȘtre sĂ»r d'avoir un endroit oĂč dormir, mais en CorĂ©e ce n'est pas aussi simple car beaucoup d'hĂŽtels / guest house n'ont pas de site web en anglais, voire mĂȘme aucun site du tout. Une premiĂšre solution est de passer par Booking.com mais lĂ  encore il n'y a pas toujours de rĂ©sultat dans la zone oĂč vous voulez dormir. Si c'est le cas, cherchez simplement un quartier dans lequel il y a de nombreux motels (ëȘší…”) car vous y trouverez toujours une chambre. Les tarifs sont raisonnables (50,000 KRW la nuitĂ©e soit €34) et on y dort trĂšs bien. Par contre n'oubliez pas vos bouchons d'oreille car ces Ă©tablissements sont trĂšs prisĂ©s des couples qui ne veulent pas seulement dormir.

La langue

En dehors des zones touristiques des principales "grosses" villes (Séoul, Incheon, Busan...) les gens ne parlent pas anglais, vous allez donc miser à fond sur les applications de traduction, avec des résultats aléatoires, mais ça fait partie de l'aventure.

Vous pouvez aussi essayer d'apprendre le Hangeul si vous en avez la motivation, cela vous permettra de lire les panneaux et les enseignes surtout qu'il y a beaucoup d'anglicismes tels que "ëȘší…”" (littĂ©ralement "Motel") ou "컀플" (KeoPi : Coffee).

Le Hangeul est plus accessible qu'il n'y paraĂźt car c'est un alphabet phonĂ©tique ne comprenant "que" 40 caractĂšres dont la moitiĂ© sont des combinaisons (consonnes doubles ou voyelles composĂ©es). Il a d'ailleurs Ă©tĂ© conçu pour ĂȘtre accessible au peuple par le roi Sejong que les CorĂ©ens apprĂ©cient beaucoup.

Avec quelques minutes de révision par jour, vous pouvez l'apprendre en quelques semaines, cela vous permettra de lire phonétiquement le Coréen.

Astuces et retours sur mes voyages en Corée

En vrac :

  • Monnaie : Elle est trĂšs utilisĂ©e en CorĂ©e, trouvez un ATM dĂšs votre arrivĂ©e Ă  l'aĂ©roport et n'hĂ©sitez pas Ă  retirer 500 000 KRW (~339 Euros) si votre sĂ©jour dure plus de 2 semaines. Attendez vous Ă  3000 - 6000 KRW de frais cependant.
  • Carte bancaire : Carton rouge pour Boursorama car ma carte n'a fonctionnĂ© que pour 50% des paiements. J'ai Ă©crit au support mais ai reçu une rĂ©ponse gĂ©nĂ©rique Ă  cĂŽtĂ© de la plaque. En solution de secours je payais en liquide ou alors avec une autre carte bancaire qui elle a parfaitement marchĂ© 100% du temps (mais avec une banque qui prend des frais).
  • Internet : Achetez une SIM prĂ©payĂ©e chez KT ou LG U+, ils ont des comptoirs Ă  l'aĂ©roport d'Incheon 읞ìȜ. Mieux : commandez une eSim en ligne si votre tĂ©lĂ©phone est compatible, c'est le plus simple. Il faut une connexion Ă  internet pour l'activer, mais il y a du free wifi Ă  l'aĂ©roport.
  • Transports : Achetez une Tmoney card, vous pourrez l'utiliser dans tous les transports en commun du pays, et vous pourrez la recharger dans les Ă©piceries, c'est vraiment cool.
  • Smartphone : Installez Kakao Map, il vous donnera les directions, temps d'arrivĂ©e des bus & trains, et mĂȘme une estimation du coĂ»t des voyages en taxi.
  • Culture : Les corĂ©ens prĂ©fĂšrent dire "mer de l'ouest" plutĂŽt que "mer de Chine". Idem pour la "mer de l'est" plutĂŽt que la "mer du Japon". Soyez attentif aux gestes des mains quand vous donnez ou recevez des choses.
  • Nourriture : TrĂšs difficile pour les vĂ©gĂ©tariens (mon cas) et quasi impossible pour les VĂ©gans. Heureusement je mange du poisson et des Ɠufs, ce qui m'a plusieurs fois dĂ©pannĂ©. J'ai aussi fait quelques petites entorses quand la situation l'exigeait car il faut savoir s'adapter aux autres cultures.
  • Pollution : La CorĂ©e est un pays trĂšs polluĂ©, il y a un smog prĂ©sent quasiment tous les jours et les habitants Ă©vitent de sortir quand il y a trop de micro particules.

La Corée sans filtre.

Beaucoup de français ont une vision idéalisée de la Corée principalement focalisée sur les traditions, la culture, l'hygiÚne, la politesse, et les productions musicales & audiovisuelles. En vrai tout n'est pas rose et on ne peut pas occulter certaines choses que l'on voit en sortant des circuits touristiques et des grosses villes.

Tout d'abord, il y a beaucoup de pauvres, principalement des personnes ĂągĂ©es qui continuent Ă  travailler et habitent dans des maisons en tĂŽle. Dans les grandes villes comme SĂ©oul on les voit ramasser les dĂ©tritus sur la route ou tenir des stands de street food Ă  longueur de journĂ©e. Dans la campagne, on les voit assis dans l'herbe (probablement) Ă  la recherche de racines servant Ă  la cuisine ou pouvant ĂȘtre revendues sur les marchĂ©s.

Ensuite il y a la pollution qui est trĂšs visible, dĂ©jĂ  avec le smog mais aussi avec les quantitĂ©s importantes de dĂ©chets qui longent les riviĂšres et les fleuves. Le premier point n'est pas prĂȘt de changer car les infrastructures routiĂšres ne prennent en compte que les voitures. Je pense que le dĂ©tail qui m'a le plus choquĂ© est qu'il n'existe pas de rues piĂ©tonnes, il y a tout le temps des voitures mĂȘme quand l'endroit ne s'y prĂȘte pas (quartier touristique, prĂ©sence d'un marchĂ©, etc). Entre ça et les Ă©clairages nocturnes excessifs, on peut dire que la CorĂ©e ne se prĂ©occupe absolument pas de l'Ă©cologie.

Et en dernier point, la prostitution. Ce mĂ©tier Ă©tant interdit en CorĂ©e, il est cachĂ© mais omniprĂ©sent. Ainsi le sol devant les hĂŽtels et motel est jonchĂ© de petits flyers avec des numĂ©ros Ă  appeler pour avoir un peu de compagnie, et il y a Ă©galement de trĂšs nombreux "Norebang" 녞래방 (Ă©quivalent CorĂ©en du KaraokĂ©) tout autour, ces derniers Ă©tant rĂ©putĂ©s pour les hĂŽtesses+++ qu'ils mettent Ă  disposition des clients. En soit je n'ai rien contre ce mĂ©tier mais il est contrĂŽlĂ© par les mafias et divers proxĂ©nĂštes.

Impressions et conclusion

Je fais du cyclotourisme depuis 8 ans et ce voyage en Corée fut le plus compliqué à préparer, le plus dépaysant à rouler, mais aussi le plus gratifiant à compléter. La météo humide et les routes montagneuses m'ont posé un sacré challenge mais heureusement la beauté des paysages et la gentillesse des gens font que le voyage en valait largement la peine !

Ce fut aussi un excellent moyen de voir autre chose que les grandes villes ou les lieux touristiques et sortir des sentiers battus. J'ai également pu apprendre quelques mots et phrases en Coréen et j'ai aujourd'hui trÚs envie de continuer à apprendre la langue car j'aurais aimé pouvoir discuter de maniÚre fluide avec les locaux.

Précédents voyages

De Lille à Stockholm en vélo (voyage 2023)

Rédigé par uTux 4 commentaires

Tous les ans j'ai pour tradition de partir en voyage Ă  vĂ©lo pour avaler des kilomĂštres et voir du pays. Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, je m'Ă©tais toujours contentĂ© de rester en France, car mĂȘme si j'avais envie d'aller Ă  l'Ă©tranger, je n'avais jamais osĂ© franchir le pas. Mais en 2022 j'ai eu l'occasion d'aller en CorĂ©e du Sud (en avion) et cette expĂ©rience m'a totalement libĂ©rĂ©. Si j'ai pu survivre Ă  l'autre bout de la planĂšte dans un pays oĂč tout est Ă©crit en Hangeul, alors les pays d'Europe ne me poseront aucun souci !

Cette annĂ©e 2023 je suis donc parti de Lille đŸ‡«đŸ‡· et j'ai roulĂ© jusqu'Ă  Stockholm 🇾đŸ‡Ș en transitant par 5 pays: Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, et enfin la SuĂšde. A savoir que mon projet initial Ă©tait beaucoup plus ambitieux car je voulais aller plus au nord, jusqu'au cercle Arctique, mais je me suis heurtĂ© Ă  plusieurs contraintes qui font que j'ai dĂ©cidĂ© que Stockholm Ă©tait un objectif tout Ă  fait honorable :)

Total: 2225 km en 24 jours

Pays traversĂ©s : Belgique 🇧đŸ‡Ș Pays-Bas đŸ‡łđŸ‡± Allemagne đŸ‡©đŸ‡Ș Danemark đŸ‡©đŸ‡° SuĂšde 🇾đŸ‡Ș.
Le trou entre les deux traces correspond Ă  une Ă©tape en bus.

Matériel

Je roule toujours avec mon fidÚle Triban 500 (cuvée 2016), un vélo de route qui a désormais 24 000 km et sur lequel j'ai ajouté :

  • Un porte bagages BTWIN 900.
  • Deux sacoches de 25L chacunes.
  • Une sacoche de cadre (2 trousses + emplacement Ă©tanche pour smartphone).
  • Une sacoche de selle.
  • ArriĂšre: pneu route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x25 (tringle souple).
  • Avant: pneu route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x28 (tringle souple).
  • Multitool, dĂ©monte-pneus, maillon de chaĂźne, dĂ©rive-chaĂźne, pompe.

Cette année je voulais essayer des pneus 700x28 censés offrir plus de confort et de robustesse, mais bien que le montage à l'avant soit OK, à l'arriÚre ça ne passe pas, ça frotte sur le cadre. Donc je suis parti avec un mix 700x28 et 700x25. Contrairement aux années précédentes, ces pneus ne m'ont pas donné satisfaction car j'ai eu de multiples crevaisons, mais j'y reviens plus tard.

J'ai procĂ©dĂ© Ă  une intense phase de rĂ©vision de mon vĂ©lo afin d'ĂȘtre sĂ»r de partir avec un maximum de piĂšces neuves :

  • ChaĂźne + cassette de vitesses.
  • CĂąbles de frein et de dĂ©railleurs.
  • Pneus.
  • Roulement de pĂ©dalier car j'entendais un petit craquement (changement fait par un rĂ©parateur, car je n'avais pas le temps ni les outils).
  • Nettoyage + graissage complet.

Pour le camping, je prends du matériel de trekking ultra léger adapté pour l'été :

  • Tente Forclaz TREK900 (1,6 kg, 1 place, s'accroche sur le guidon).
  • Matelas gonflable Forclaz TREK700 L (510g).
  • Sac de couchage Forclaz TREK500 15° (~1kg).
  • Oreiller gonflable random (le Forclaz de l'annĂ©e derniĂšre a crevĂ©).
  • Une serviette micro fibres (c'est trĂšs compact et lĂ©ger).
  • Des bouchons d'oreilles (indispensables pour les campings notamment).

Gadgets et navigation :

  • 1 Powerbank 20 Ah.
  • GPS Garmin Edge 540 Solar.
  • Et enfin OsmAnd sur iPhone XR pour la cartographie, en secours.

Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes mon GPS Ă©tait Bryton Ryder 450, mais je l'ai perdu 😞 De toutes façons il ne semblait plus recevoir de mise Ă  jour des cartes depuis 2018, cela m'a donc donnĂ© un prĂ©texte pour passer sur un Garmin Edge 540 Solar. MĂȘme si son prix est trĂšs Ă©levĂ© (€500, plus cher que mon vĂ©lo neuf) il est excellent avec une autonomie imbattable (Ă  la louche, 50% de batterie aprĂšs 18h / 3 jours Ă  rouler au Soleil). Par contre il n'a pas les fonds de carte de SuĂšde, alors qu'il est censĂ© avoir toute l'Europe 😞

Je planifie mes itinéraires avec Visugpx qui me permet de créer des traces et les exporter en GPX pour ensuite les réinjecter sur OsmAnd et mon GPS Garmin. Pour voir les itinéraires cyclables, il faut utiliser le fond de carte "Opencycle" ou "WMT". Il y a également Eurovelo qui répertorie les itinéraires européens avec possibilité de les télécharger. La quasi intégralité de mon parcours suivait des itinéraires cyclables locaux et européens, cela garanti en théorie un minimum de sécurité.

Soucis techniques

J'ai eu beaucoup de crevaisons : quatre Ă  l'arriĂšre et une Ă  l'avant. Il m'est difficile de rejeter la faute sur la qualitĂ© des pneus - car j'ai utilisĂ© mon vĂ©lo dans des conditions extrĂȘmes (assez chargĂ© + chemins de qualitĂ© variable) - nĂ©anmoins je pense que la prochaine fois je mettrai des modĂšles renforcĂ©s de chez Continental (comme pour mon voyage en 2018) ou Michelin.

Ces multiples crevaisons m'ont obligĂ© Ă  racheter des chambres Ă  air car je n'en avais que 3 de spare. Heureusement une de mes hĂŽtes AirBNB en SuĂšde m'a conseillĂ© un magasin Biltema oĂč j'ai pu me rĂ©approvisionner.

Un autre problÚme rencontré est l'absence des fonds de carte de SuÚde sur le GPS Garmin, alors qu'il est censé avoir toute l'Europe. La trace que je devais suivre s'affichait donc sur du vide, ce qui la rendait un peu difficile à suivre en ville quand plusieurs routes sont proches. Heureusement la majorité de mon parcours était en campagne.

Santé

J'ai du mal Ă  y croire moi-mĂȘme, mais cette annĂ©e tout s'est bien passĂ© 😅 Pas de douleur dans le dos ni dans le genou comme les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes alors que j'ai 36 ans bien tassĂ©s et que je suis loin d'ĂȘtre mince. Quasiment pas de douleurs aux fesses ni Ă  la nuque non plus, ça tient du miracle ! En fait j'aurais pu continuer un mois de plus, si j'avais eu le temps et le budget.

Il faut dire que quelques mois avant le départ j'ai trouvé un peu par hasard une bonne selle sur laquelle je suis confortablement assis, et j'ai aussi passé pas mal de temps à tester des réglages en avance et en hauteur. Il est trÚs important de consacrer du temps à tweaker sa monture afin de trouver une bonne posture. Par exemple je pense que mes douleurs aux articulations des genoux étaient du à une selle trop haute tout simplement.

Allez, j'ai tout de mĂȘme eu des "bobos" durant le voyage mais ils sont entiĂšrement de ma faute :

  • Des coups de Soleil les premiers jours, car j'Ă©tais rĂ©fractaire Ă  utiliser de la crĂšme solaire (je dĂ©teste ça). J'avoue que je ne m'attendais pas Ă  "cuire" autant en allant vers le nord mais le Soleil est vraiment agressif. Par la suite, j'ai utilisĂ© de la crĂšme solaire, au moins le temps de finaliser mon bronzage et atteindre des contrĂ©es oĂč le Soleil cogne moins.
  • Un coup de pĂ©dale derriĂšre le tibia alors que je marchais Ă  cĂŽtĂ© de mon vĂ©lo. RĂ©sultat: de multiples plaies (comme une trace de morsure) et une zone de la chair exposĂ©e Ă  vif. Je me suis achetĂ© du spray dĂ©sinfectant en pharmacie et des pansements pour la nuit. Et rebelotte quelques jours aprĂšs, je me suis remis un coup de pĂ©dale au mĂȘme endroit 😣.

Sinon j'ai perdu 5 kg 😁

Météo

J'ai toujours Ă©tĂ© chanceux lors de mes voyages et lĂ  encore j'ai eu un temps estival trĂšs favorable. Il n'y a qu'une ou deux journĂ©es oĂč j'ai roulĂ© sous la grisaille avec quelques gouttes de pluie, mais je n'ai pas pris de trombes d'eau ni d'orage en pleine route. Les nuits au camping ont Ă©tĂ© plutĂŽt douces et malgrĂ© mon Ă©quipement lĂ©ger je n'ai absolument pas eu froid.

En fait la météo a été tellement clémente qu'à l'inverse j'ai souffert du Soleil et de la chaleur les premiers jours, au point qu'à Rotterdam j'ai du me cacher à l'ombre comme un vampire car la lumiÚre me chauffait les mollets. J'ai du aussi emporter beaucoup d'eau et je finissais malgré cela systématiquement déshydraté (pas de pause pipi la journée).

La chaleur et l'agressivitĂ© du Soleil se sont estompĂ©s au fur et Ă  mesure de mon voyage, car il fait quand mĂȘme beaucoup moins chaud quand on va vers le nord. Dans les journĂ©es les plus chaudes en SuĂšde, j'ai du culminer Ă  31°c grand maximum, alors que la France subissait des tempĂ©ratures caniculaires plus Ă©levĂ©es. Avec mon bronzage Ă  point je n'avais plus besoin de crĂšme solaire au Danemark et en SuĂšde.

Trajet et expérience

Mon premier jour a mis en valeur 3 points qui seront récurrents tout au long du voyage:

  • Les frontiĂšres n'existent pas physiquement, il n'y a pas de panneau, pas de drapeau, rien. C'est une dĂ©ception pour moi qui espĂ©rait prendre des photos Ă  l'entrĂ©e de chaque pays !
  • J'ai toujours le vent de face.
  • Les chemins cyclables sont rĂ©guliĂšrement fermĂ©s pour cause de travaux, et aucune dĂ©viation n'est proposĂ©e (grrrr), sauf aux Pays-Bas.

Belgique 🇧đŸ‡Ș

Villes / sites touristiques : Oudenaarde, Gand.

La Belgique m'a vraiment surpris de part la qualité de ses infrastructures cyclables ! Quel plaisir de rouler sur des itinéraires sécurisés et tranquiles, d'autant que les paysages sont trÚs plats. Je suis presque déçu de l'avoir traversé en 1 jour et demi et d'avoir seulement pu visiter Gand. Bien que proche de la France, j'ai rapidement du m'habituer à l'anglais et au néerlandais :)

Gand est une ville touristique sublime qui vaut le détours, pour ses canaux et son architecture historique. De plus elle dispose d'infrastructures cyclables dédiées qui offrent de sacrés raccourcis par rapport aux voitures, c'est qualitatif !

gand
Gand, ses canaux, ses bĂątiments historiques, et ses touristes.

La frontiÚre nord entre la Belgique et les Pays-Bas est assez floue puisqu'en plus de la langue néerlandaise on croise aussi beaucoup de cyclistes dans les petits villages de campagne.

Pays-Bas đŸ‡łđŸ‡±

Villes / sites touristiques : les barrages sur l'Escaut oriental, Middelburg, Rotterdam, Kinderdijk, Utrecht, Giethoorn.

Les Pays-Bas sont presque un lieu de pĂšlerinage pour les cyclistes, il fallait absolument que je m'y rende 😄 et je ne regrette pas. Outre les paysages magnifiques et les gens trĂšs sympa, la circulation Ă  vĂ©lo y est un vĂ©ritable plaisir. Dites vous par exemple que l'ensemble des barrages sur l'Escault oriental / Mer du Nord offrent autant d'espace physique aux vĂ©los qu'aux voitures pour la traversĂ©e, c'est quand mĂȘme royal !

traversée aux pays bas
Les voitures ont presque moins de place que les vélos !

Je pense aussi Ă  Rotterdam oĂč je n'ai quasiment jamais mis les roues sur la mĂȘme route que les voitures. Et bien sĂ»r, on ne roule jamais seul, toutes les voies cyclables sont trĂšs utilisĂ©es; difficile de trouver un coin tranquille pour un arrĂȘt pipi 😄 Par contre il faut savoir que les scooters ont le droit de rouler sur les pistes cyclables, c'est un peu dommage.

Les moulins de Kinderdijk étaient probablement l'attraction à ne pas manquer sur mon trajet, et ça valait vraiment le coup ! Surtout qu'au départ de Rotterdam il y a le waterbus qui permet de s'y rendre directement, c'est trÚs appréciable. Au dela de Kinderdjik, la région comporte de nombreuses petites routes pépÚres et patelins mignons, au milieu des marais et prairies, ce qui en fait là encore une région agréable pour rouler.

Kinderdijk
Un des moulins de Kinderdijk.

Giethoorn, parfois qualifiĂ© de "Venise des pays bas", est un autre site touristique immanquable car il s'agit d'un village traversĂ© par des canaux et ayant pour particularitĂ© d'ĂȘtre (presque totalement) sans voitures, on ne peut y circuler qu'Ă  pied ou Ă  vĂ©lo (pas facile avec la foule). Par contre il y a de trĂšs nombreux bateaux Ă  moteur qui font autant de bruit que des mobylettes, j'y ai eu droit jusqu'Ă  23h30 au camping au bord de l'eau 🙁 Sachez aussi que l'endroit est extrĂȘmement touristique au point d'avoir des bouchons sur les canaux, et les visiteurs viennent du monde entier (mĂȘme d'autres continents).

Giethoorn
Giethoorn au matin, sans les touristes.

Les Pays-Bas m'ont laissĂ© un trĂšs bon souvenir et j'Ă©tais presque triste de devoir continuer mon voyage et changer de pays đŸ„Č.

Allemagne đŸ‡©đŸ‡Ș

Villes / sites touristiques : BrĂȘme, Hambourg.

Si je devais résumer mon passage en Allemagne en un mot : speedrun. J'ai pris un itinéraire trÚs direct pour gagner du temps sur mon périple et j'ai enchaßné 3 journées à plus de 120 km chacune ! C'était intense mais je suis fier d'avoir vaincu ces étapes.

Un point qui m'a marquĂ© est que les Allemands ne parlent pas du tout anglais, ils y sont totalement impermĂ©ables. J'ai donc du faire usage d'applications de traduction et redoubler d'effort pour apprendre des mots simples (ne serait-ce que pour ĂȘtre poli au supermarchĂ©). Et d'ailleurs, si vous avez appris "Guten tag" pour dire "bonjour" en cours d'Allemand et bien sachez que je n'ai jamais entendu cette phrase 😄 j'ai majoritaire eu droit Ă  "Hallo" ou "Guten morgen" (le matin).

Breme
BrĂȘme.

Bien que mon trajet ne passe pas vraiment par des endroits touristiques, j'ai tout de mĂȘme pu visiter BrĂȘme (avec ses cathĂ©drales historiques mais aussi la statue des musiciens municipaux) ainsi que Hambourg qui pour le coup est vraiment immense ! Ce fut aussi mon point de dĂ©part pour un petit saut en bus (certains flixbus ont des racks pour transporter les vĂ©los) afin de monter au nord du pays jusqu'Ă  Flensburg et gagner quelques jours sur mon pĂ©riple. J'aurais pu prendre le train, mais je n'ai rien compris au systĂšme de rĂ©servation de la Deutsche Bahn.

Hambourg
Hambourg.

Danemark đŸ‡©đŸ‡°

Villes / sites touristiques : Ribe, Odense, Copenhague, HelsingĂžr.

J'ai un excellent souvenir du Danemark mĂȘme si dĂšs le premier jour j'ai subit ma premiĂšre crevaison et une mĂ©tĂ©o pluvieuse 😅. Sur la partie ouest en remontant vers Ribe j'ai eu l'occasion de tremper les pieds (et les roues) dans la mer du nord pour la premiĂšre fois de ma vie, ça parait idiot mais j'Ă©tais content ! Et j'ai aussi rapidement expĂ©rimentĂ© le changement de monnaie en passant de l'euro Ă  la couronne danoise (DKK).

Ribe (un petit village de charme) Ă©tant situĂ© Ă  l'ouest, et ma destination Ă©tant Ă  l'est, je me suis donc lancĂ© dans la traversĂ©e complĂšte du pays. Sachez d'ailleurs que les paysages sont assez vallonnĂ©s, ça peut grimper, mais rien de bien mĂ©chant. Je n'Ă©tais juste plus habituĂ© aprĂšs 10 jours Ă  rouler dans des pays plats 😁

Ribe
Les rues colorées de Ribe.

J'ai ainsi traversĂ© Middelfart (magnifique) puis Odense. J'avais prĂ©vu une demi journĂ©e pour visiter cette ville, et je n'ai pas regrettĂ© ! J'ai eu l'occasion de faire entre autres le Tidens Samling, sorte de musĂ©e/exposition qui recrĂ©Ă© des salons et chambres des annĂ©es 1900 jusqu'aux annĂ©es 2000. Il y avait bien sĂ»r des ordinosaures dans la collection 😁 J'aurais aimĂ© faire le musĂ©e des chemins de fer, mais il fermait trop tĂŽt 😕

Odense
Odense.

Depuis Odense j'ai du prendre le train (pas le choix) afin de rejoindre la partie est du Danemark en traversant le grand Belt (il se franchit en voiture, train ou bateau, les vĂ©los ne peuvent pas). J'ai ensuite roulĂ© jusqu'Ă  Copenhague oĂč j'ai pu prendre une photo de la cĂ©lĂšbre Petite SirĂšne, en me frayant un chemin parmi la foule de touristes.

La sirĂšne de Copenhague
Une photo pirate, car la statue est sous copyright jusqu'en 2029. De rien.

Copenhague est une grande ville avec beaucoup de charme et des quartiers au design trÚs variés. Il y a aussi de nombreux cyclistes mais malheureusement il est trÚs compliqué de se garer, car les racks de stationnement pour vélo sont tous pleins à craquer. Alors que j'y suis passé le Lundi midi, il y avait vraiment beaucoup de monde.

Par la suite je suis remonté jusqu'à HelsingÞr afin d'y prendre le ferry, direction la SuÚde !

Anecdote impromptue : sur la route de Ribe Ă  Middelfart, en sortant d'une Ă©picerie, j'ai vu un vĂ©lo Ă©quipĂ© d'un panneau solaire. Son propriĂ©taire Ă©tant assis juste Ă  cĂŽtĂ©, j'ai commencĂ© Ă  engager la conversation avec mon plus bel accent anglophone mais il m'a rapidement fait comprendre qu'il ne parlait pas anglais et qu'il Ă©tait français 😁 Nous avons donc pu discuter, ainsi qu'avec sa femme peu aprĂšs. Ce couple de retraitĂ©s visait le Cap Nord, j'espĂšre qu'ils y sont arrivĂ©s aujourd'hui !

SuĂšde 🇾đŸ‡Ș

Villes / sites touristiques : Helsingborg, Norje, Kalmar, VĂ€stervik, Stockholm.

J'ai rapidement compris que la SuĂšde n'est pas un pays plat, et les premiers jours ont Ă©tĂ© trĂšs intenses car ça grimpe ! Moi qui commençais Ă  me plaindre de l'absence de challenge (mĂȘme en roulant 120km par jour en Allemagne) j'ai Ă©tĂ© servi. Je me rappelle notamment de 3-4 jours plutĂŽt difficiles et qui m'ont bien Ă©puisĂ©. Mais j'ai fini par m'habituer, ça fait mĂȘme parfois du bien de vaincre une belle cĂŽte avec le vent de face ! Ah oui et encore un changement de monnaie avec la couronne suĂ©doise (SEK).

fresque
Une magnifique fresque Ă  Kristianstad.

J'ai passĂ© une nuit Ă  Norje, une petite ville qui accueille le Sweden Rock Festival, un cousin du Hell Fest đŸ€˜ (1 ou 2 jours aprĂšs la fin, donc tout Ă©tait dĂ©montĂ©). Ensuite j'ai continuĂ© ma traversĂ©e du pays jusqu'Ă  la cĂŽte sud-est, pour rejoindre la Mer Baltique, puis je suis remontĂ© en direction de Stockholm. Bien que l'itinĂ©raire permette parfois de voir la mer, une bonne partie est quand mĂȘme au loin en campagne.

Les amĂ©nagements dĂ©diĂ©s aux vĂ©los sont malheureusement trĂšs rares, on roule majoritairement sur la mĂȘme chaussĂ©e que les voitures, et ça c'est fort dommage 😕 Je me rappelle mĂȘme d'une section Ă©troite et sans bande d'arrĂȘt d'urgence qui Ă©tait autorisĂ©e Ă  100 km/h pour les voitures, du coup j'ai prĂ©fĂ©rĂ© marcher dans l'herbe derriĂšre la rambarde de sĂ©curitĂ© (Ă  peu prĂšs 2 x 400 m, ça va). Et enfin les automobilistes en SUV dans les villes sont particuliĂšrement agaçants et impolis, au mĂȘme niveau qu'en France, ça aussi c'est dommage. En dehors des villes, la SuĂšde n'est pas vraiment un pays amical pour les vĂ©los 😔.

Vers Karlshamn
La Baltique, vers Karlshamn.

L'Ă©tape qui m'emmenait Ă  Kalmar m'a mis un bon coup de stress car la route que je comptais prendre n'existait plus, elle Ă©tait en travaux, et mes cartes openstreetmap Ă©taient complĂštement Ă  la ramasse. Mais surtout il n'y avait plus de piste cyclable, je n'Ă©tais donc pas certain d'ĂȘtre autorisĂ© Ă  rouler en vĂ©lo (j'avais peur de me retrouver sur une autoroute ou similaire). Donc j'ai fait un gros dĂ©tours pour Ă©viter cette section, ce qui m'a fait perdre un peu de temps, mais c'est l'aventure. C'est juste dommage qu'encore une fois les travaux se foutent royalement des vĂ©los 😔.

Kalmar castle
ChĂąteau de Kalmar au coucher de Soleil.

Bien que j'ai pris beaucoup de plaisir Ă  rouler sur les routes sinueuses au cƓur des forĂȘts de pin, sur la cĂŽte j'ai Ă©tĂ© un peu déçu de mon passage Ă  Kalmar, probablement parce que j'y suis arrivĂ© durant le "midsummer day", un jour fĂ©riĂ©, un vrai, tout Ă©tait fermĂ©. En revanche, plus au nord, j'ai beaucoup aimĂ© VĂ€stervik, une ville trĂšs mignonne qui marque l'arrivĂ©e dans des paysages sublimes (les forĂȘts qui descendent dans l'eau).

VĂ€stervik
VĂ€stervik.

Je me suis retrouvĂ© Ă  plusieurs occasions Ă  rouler dans des chemins en plein milieu de la forĂȘt, et Ă  chaque fois j'Ă©tais surpris de voir des maisons habitĂ©es en plein milieu de nulle part, et d'y croiser des vĂ©hicules. Les chemins sont d'autant plus impressionnants que les vues satellites montrent bien qu'il n'y a que de la forĂȘt tout autour 😆 sur des dizaines voire centaines de kilomĂštres selon la direction. Mais du moment que le GPS fonctionne et qu'il me reste de l'eau et des chambres Ă  air, tout va bien !

Solvesborg
Une cabane au bord de l'eau.

Comme souvent quand je voyage Ă  vĂ©lo, le dernier jour fut marquĂ© par la pluie, mĂȘme si cette fois c'Ă©tait uniquement le matin ! Ainsi j'ai repliĂ© ma tente sous une grosse averse et j'ai embarquĂ© beaucoup d'Ă©pines de pins qui collaient Ă  la toile en raison de l'humiditĂ©.

Une fois arrivĂ© Ă  Stockholm, quel pied ! Un trajet de 24 jours, 2225 km, et l'aboutissement d'une grande aventure. HonnĂȘtement j'aurais adorĂ© continuer si j'avais eu un budget illimitĂ© et plus de vacances, car je me sentais encore en forme. Madame Utux m'a rejoint et nous avons pu faire un peu de tourisme. Bien que la SuĂšde fasse le minimum syndical pour les vĂ©los, son climat, ses habitants et ses paysages atypiques m'ont laissĂ© un excellent souvenir.

Stockholm
Stockholm

Stockholm une ville sublime qui mérite d'y consacrer plusieurs jours de visite. Gamla Stan est le centre historique incontournable pour les touristes, et il y a également de nombreux endroits à visiter comme le palais royal et le Musée Nobel.

Mais ce n'est pas tout, car dans la partie Est (accessible à pied, en tram ou en ferry) se situent le Musée ABBA (le groupe) et le Musée Vasa. Le premier étant trop cher à mon goût, j'ai choisi le second, et je ne regrette pas. Le Musée Vasa est un immense bùtiment qui expose l'épave renflouée du Vasa, un navire de guerre royal ayant coulé en 1628 peu aprÚs son inauguration. Il a été renfloué au milieu du XXe siÚcle dans un excellent état. Le musée expose aussi diverses piÚces et maquettes, c'est à voir !

Retour du vélo en France

J'ai commencé ce voyage sans savoir comment j'allais renvoyer mon vélo en France. En recherchant sur internet et sur reddit, la solution qui revenait souvent était d'empaqueter le vélo dans une boßte en carton (les boutiques de vélo en donnent) et de la mettre en soute dans l'avion. Sauf que moi je n'avais pas prévu de rentrer directement et je devais prendre le train et le bus, il fallait donc que je renvoie mon vélo par un autre moyen.

Sur place, la premiĂšre Ă©tape fut donc de trouver une boĂźte en carton, et ce fut plus compliquĂ© que prĂ©vu, j'ai littĂ©ralement visitĂ© une douzaine de boutiques dans Stockholm (heureusement c'est pas trĂšs grand) avant d'en trouver une, et elle Ă©tait immense ! Il y avait de quoi y mettre mon vĂ©lo en entier, sans dĂ©montage. Ensuite, j'ai du trouver un transporteur pour l'expĂ©dier. J'ai commencĂ© par solliciter PostNord (la compagnie des pays nordiques) mais ils ont refusĂ© mon colis car il mesurait 164 cm or ils acceptent 150 cm maximum 😒 Je me suis donc rabattu sur UPS, mais le problĂšme est qu'ils n'ont pas de centre logistique en ville (ou du moins j'ai pas trouvĂ©), seulement des points relais qui ne voudront sĂ»rement pas de mon colis Ă©norme.

Heureusement, l'hĂŽtel dans lequel nous logions m'a sauvĂ© la vie : ils m'ont proposĂ© gentillement de garder mon colis jusqu'Ă  ce qu'Ups vienne le rĂ©cupĂ©rer, ils m'ont mĂȘme imprimĂ© le bon d'envoi. Au final, j'ai rĂ©cupĂ©rĂ© mon vĂ©lo chez moi en France, en bon Ă©tat ! Le transport du vĂ©lo m'aura coĂ»tĂ© ~€150, c'est cher, la prochaine fois je passerai par des intermĂ©diaires comme Ship To Cycle qui semble nĂ©gocier de meilleurs tarifs (j'ai eu un devis, mais il a pris trop de temps Ă  arriver, il faut prĂ©voir plusieurs jours avant).

Astuces pour voyager

  • Pour payer dans d'autres devises que l'euro, si votre banque prend des frais, n'hĂ©sitez pas Ă  ouvrir un compte secondaire sur une banque en ligne. TransfĂ©rez un peu d'argent dessus, puis utilisez la nouvelle CB sans frais. Emmenez quand mĂȘme l'autre au cas oĂč.
  • VĂ©rifiez que le roaming est activĂ© sur votre tĂ©lĂ©phone et sur votre forfait, pour pouvoir utiliser la 4G Ă  l'Ă©tranger (assurez-vous que c'est compris dans votre forfait, mais c'est le cas pour Sosh pour exemple).
  • Si vous logez en pĂ©riphĂ©rie d'une ville, n'hĂ©sitez pas Ă  prendre le bus ou le tram pour vous dĂ©placer et visiter un peu le soir (sans le vĂ©lo bien sĂ»r). Il est mĂȘme parfois possible de payer en CB directement sur l'appareil de compostage Ă  l'intĂ©rieur (c'est le cas Ă  Gand et Ă  Rotterdam par exemple, mais pas Ă  Hambourg). Si ce n'est pas possible, tĂ©lĂ©chargez l'application qui va bien pour acheter un ticket.
  • Certains terminaux de paiement et distributeurs de billets vous proposent de payer en Euro ou dans la devise locale (DKK par exemple), choisisez toujours la devise locale !. En fait la finalitĂ© est la mĂȘme - vous payez le commerçant en DKK, mais en choisissant l'Euro vous ajoutez un prestataire dans la boucle qui va prendre sa commission pour faire la conversion. C'est absolument inutile et votre banque sait dĂ©jĂ  le faire ! Évitez aussi les bureaux de change qui prennent une commission indĂ©cente.
  • Dans le mĂȘme genre, si un distributeurs de billets vous propose un taux de change, il faut systĂ©matiquement refuser. Cela revient encore une fois Ă  mandater un prestataire pour la conversion, et les frais sont Ă©normes. En refusant ce taux, vous pouvez quand mĂȘme retirer de l'argent. Notez qu'il y a parfois des frais fixes inĂ©vitables (qu'on accepte la conversion ou non) mais cela dĂ©pend des distributeurs.
  • La monnaie est inutile dans les pays que j'ai visitĂ©, tous les paiements se font en CB. Ne retirez pas systĂ©matiquement de l'argent, d'autant que beaucoup de distributeurs prennent des frais.
  • L'eau n'est pas toujours gratuite dans les restaurants 😕, les toilettes ont un accĂšs par code, et si vous faites du camping sachez que l'eau chaude est rarement incluse, c'est en supplĂ©ment.

Pour cette histoire de taux de conversion sur les terminaux de paiement et distributeurs, voir cette vidéo: How ATM Can (AND WILL) Trick You When Traveling.

Impressions & Conclusion

Quelle aventure et quel dĂ©paysement ! J'ai fait 5 pays que je ne connaissais pas, appris des mots dans 4 langues diffĂ©rentes, payĂ© avec pas moins de 3 devises diffĂ©rentes... et plus je montais vers le nord, plus les nuits Ă©taient courtes. Ainsi, en SuĂšde le Soleil se levait Ă  4h00 🌞 donc autant dire qu'Ă  3h30 il faisait dĂ©jĂ  jour et c'Ă©tait vraiment perturbant (en plus les oiseaux se mettent Ă  chanter).

J'ai entendu des mots communs assez similaires dans toutes les langues, par exemple le "Hello" ou "Hi" qui s'Ă©crivent diffĂ©remment mais se prononcent de la mĂȘme maniĂšre, ou encore le "dank" (nĂ©erlandais) qui devient "tak" (danemark) puis "tack" en SuĂšde.

Sur un plan plus personnel, ce voyage m'a permis de grandir. Moi qui avais toujours eu peur de voyager à l'étranger, je n'ai eu aucun problÚme à m'adapter et j'ai pris beaucoup de plaisir à partir si loin. Je suis quasiment certain que mes prochains périples à vélo ne seront plus jamais en France car il y a énormément de choses à voir dans les autres pays. J'essaierai simplement de mieux m'y prendre pour le transport du vélo !

Précédents voyages

Circuit Normandie / Bretagne / Anjou à vélo (Juin 2021)

Rédigé par uTux 1 commentaire

Chaque année, j'ai pour tradition de faire un périple à vélo pour mes vacances. Voici des liens vers mes voyages précédents :

Je part habituellement en Septembre, mais cette annĂ©e j'ai dĂ©missionnĂ© de mon travail et ai pris le mois de Juin pour me reposer, j'ai donc avancĂ© mes vacances. Dans tous les cas je choisis des dates idĂ©ales pour profiter de l'Ă©tĂ© sans pour autant ĂȘtre en haute-saison touristique.

J'ai eu beaucoup de mal à trouver un parcours, non seulement à cause d'un manque d'inspiration, mais aussi parce que je m'y suis pris un peu tard. J'avais envie de repartir dans le Sud, mais le problÚme est qu'il me fallait sacrifier 2 jours de trajet en train ou en voiture pour y aller, j'ai donc préféré un circuit qui part de chez moi et y revient directement. J'ai fini par élaborer un circuit qui monte jusqu'à Saint-Malo, et redescend à Nantes en faisant un tour en Normandie et en Anjou.

Voici le parcours réalisé :

Parcours

  • J1: Nantes - Redon (108 km)
  • J2: Redon - Rennes (101 km)
  • J3: Rennes - Saint-Malo (112 km)
  • J4: Saint-Malo - Saint-Hilaire-du-HarcoĂŒet (102 km)
  • J5: Saint-Hilaire-du-HarcoĂŒet - Mayenne (92 km)
  • J6: Mayenne - PruillĂ© (111 km)
  • J7: PruillĂ© - Nantes (113 km)

Total : 739 km (7 jours)

Matériel

Note : cet article n'est pas sponsorisé. J'ai choisi et payé de ma poche chaque élément et je tiens simplement à apporter un retour d'expérience à ceux qui s'équipent pour un périple similaire.

Je roule toujours avec mon fidÚle Triban 500, un vélo de route sur lequel j'ai ajouté :

  • Un porte bagages BTWIN 900.
  • Une sacoche 20L.
  • Une sacoche 25L.
  • Une sacoche de cadre (2 trousses + emplacement Ă©tanche pour smartphone).
  • Une sacoche de selle.
  • 2x Pneus route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x25 (tringles souples).
  • Des chambres Ă  air BTWIN 700x23-32.
  • Multitool, dĂ©monte-pneus, maillon de chaĂźne, dĂ©rive-chaĂźne, pompe.

J'ai rencontré pas mal de soucis techniques, que je détaille dans une section dédiée plus bas.

Pour le matériel de camping :

  • Tente Forclaz TREK900 (1,6 kg, 1 place, s'accroche sur le guidon).
  • Matelas gonflable Forclaz TREK700 L (510g).
  • Sac de couchage Forclaz TREK500 15° (~1kg).
  • Oreiller gonflable Forclaz de Trekking

Gadgets et navigation :

  • 1 Powerbank 20 Ah (Boulanger).
  • Ma tablette Fire HD 8 de 2017.
  • Un Bryton Rider 450 pour la cartographie (cartes prĂ©parĂ©es grĂące Ă  VisuGPX).
  • Et enfin OsmAnd sur iPhone XR pour la cartographie, en secours.

Soucis techniques

Voici la liste :

  • Jour 2 : Mon dĂ©railleur a explosĂ© peu aprĂšs Rennes. Heureusement j'ai trouvĂ© un rĂ©parateur qui avait les piĂšces et m'a rĂ©glĂ© ça rapidement. Je n'avais pas fini mon Ă©tape, mais avec tout le temps perdu j'ai dĂ©cidĂ© qu'il Ă©tait plus sage d'improviser une nuit Ă  l'hĂŽtel sur Rennes, quitte Ă  rattraper les kilomĂštres le lendemain.
  • Jour 3 : Mon Antivol s'est grippĂ© et ne s'ouvre plus (mĂȘme avec un coup de WD-40 il n'y a rien Ă  faire). Heureusement le vĂ©lo n'Ă©tait pas attachĂ© quand cela s'est produit, sinon il aurait Ă©tĂ© immobilisĂ©. Il faudra tout de mĂȘme que je trouve un moyen de le couper, car il est coincĂ© sur le cadre. J'ai donc du en acheter un autre pour pouvoir continuer mon voyage.

Santé

Outre les habituelles douleurs aux fesses et Ă  la nuque, j'ai deux choses Ă  noter :

  • Une douleur dans l'articulation de genou droit, mais pas tous les jours. En relisant mes articles prĂ©cĂ©dents, je me rends compte que c'est arrivĂ© l'annĂ©e derniĂšre. Heureusement cela a disparu durant les derniers jours.
  • J'ai attrapĂ© une tique sur le mollet le 6e jour, en marchant dans des hautes herbes autour du camping pour aller aux poubelles. J'Ă©tais en plein milieu de la campagne, Ă  20h30, donc impossible de trouver une pince Ă  tiques. Par chance elle n'avait pas eu le temps de s'ancrer complĂštement et j'ai pu la retirer en la pinçant avec 2 bouts de sparadrap. Je ne garde aucune trace de piqĂ»re.

Météo

La météo m'a bien trollé. Pour les gens qui liront cet article dans le futur, sachez que le début Juin 2021 a été caractérisé par une vague de chaleur de deux bonnes semaines, il a vraiment fait trÚs chaud. Le problÚme est que je ne suis pas parti au début du mois de Juin, mais le 21, en plein dans les périodes de fortes pluies et d'orages qui ont suivi cette chaude période.

J'ai donc eu une météo plutÎt mauvaise car sur 7 jours de voyage je n'ai cumulé que 2 jours de soleil grand maximum, répartis sur 4 jours. Pour le reste j'ai alterné entre un temps gris et froid ou un temps gris et pluvieux. Inutile de dire que la crÚme solaire n'a pas servi cette année.

Rouler sous la pluie n'est dĂ©jĂ  pas agrĂ©able, mais c'est Ă  mon sens encore pire dans les campings (gadoue dans les sanitaires, difficultĂ©s Ă  faire sĂ©cher son linge, herbe humide, froid...). Mais je m'estime tout de mĂȘme chanceux car je n'ai pas non plus eu d'orage ni de grĂȘle ou de pluie torrentielle. J'ai Ă©galement toujours trouvĂ© un endroit oĂč attacher mon vĂ©lo Ă  l'abri pour la nuit.

Trajet

Jour 1 : Nantes - Redon (108 km)

C'est la 4e fois que je fais cet itinéraire, donc je commence à le connaßtre. Pour économiser quelques kilomÚtres, je suggÚre de ne pas complÚtement suivre la Vélodyssée entre Nantes et Nort-sur-Erdre car elle fait beaucoup de détours inutiles alors que la route est plus directe. Une fois arrivé au Canal de Nantes à Brest, il suffit de le suivre jusqu'à Redon. La section prÚs de Nort-sur-Erdre était en travaux, l'eau était donc marron.

J1
Le canal de Nantes Ă  Brest, par temps gris.

Étant donnĂ© que c'Ă©tait le premier jour et que la route est totalement plate, j'ai roulĂ© trĂšs vite et suis arrivĂ© Ă  15h30 au camping, ce qui est trĂšs tĂŽt, j'ai donc pu prendre mon temps pour laver mes affaires, faire des courses, prendre une biĂšre et visiter un peu. La soirĂ©e fut marquĂ©e par les grondements du tonnerre et des nuages menaçants, mais nous avons finalement Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©s.

Jour 2 : Redon - Rennes (101 km)

Ce fut une étape trÚs difficile car au 2e jour le corps n'a pas récupéré de la veille et n'est pas encore habitué à ce rythme. J'ai aussi subit un vent de face pendant la quasi totalité du parcours, ce qui fait que je me suis senti épuisé à la moitié et que j'ai continué dans la souffrance. La quasi totalité du parcours consiste à suivre la Vilaine sous un temps gris et froid, donc plutÎt triste.

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La Vilaine en arriÚre plan, au niveau de Beslé

A la base je devais rejoindre le camping de Saint-MĂ©dard-sur-ille qui est aprĂšs Rennes, mais j'ai cassĂ© mon dĂ©railleur. Au final cela m'a permis de me reposer et je me dis que si ce n'Ă©tait pas le vĂ©lo qui avait lĂąchĂ©, ça aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© moi.

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Vue sur le dérailleur cassé

Jour 3 : Rennes - Saint-Malo (112 km)

Cette étape s'est beaucoup mieux déroulée car j'ai récupéré toutes mes forces, et la météo fut clémente ce qui m'a permis de rouler dans de meilleures conditions. La Rance et ses paysages sont magnifiques surtout au pied de Dinan (le port), par contre cela marque le début de sacrés cÎtes à gravir.

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La Rance, au nord est de Dinan, quand on s'approche de l'estuaire

Fait amusant: en 2017 je me plaignais que la traversée du barrage de la Rance, entre Dinan et Saint-Malo était dangereuse. Il s'avÚre qu'aujourd'hui l'itinéraire "officiel" (La Vélomaritime / EuroVelo 4) passe par le Pont Saint-Hubert, beaucoup plus sûr pour les vélo.

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Arrivée à Saint-Malo

Je suis arrivé à Saint-Malo en bon état, avec le Soleil, et j'ai pu profiter de cette ville trÚs sympathique trÚs touristique.

Jour 4 : Saint-Malo - Saint-Hilaire-du-HarcoĂŒet (102 km)

Cette étape m'a permis de passer par le Mont Saint-Michel mais également d'entrer en Normandie. J'ai eu le vent dans le dos pendant 75% du trajet ainsi que du Soleil, ce qui fait que j'ai avancé trÚs rapidement et dans de bonnes conditions.

Je n'aime pas le Mont Saint-Michel. C'est trĂšs joli de l'extĂ©rieur, mais c'est un gros piĂšge Ă  touristes et surtout l'endroit est totalement privatisĂ© par l'entreprise Vinci (la mĂȘme qui gĂšre les autoroutes et pas mal de parkings payants en France). Au moins en vĂ©lo je n'ai pas besoin de payer les tarifs scandaleux du parking (forfait Ă  14,90 en haute saison !!!). J'y suis allĂ© le Jeudi 24 Juin - donc en semaine en dehors des vacances - et malgrĂ© cela l'endroit Ă©tait noir de monde, impossible d'envisager d'y entrer Ă  vĂ©lo mĂȘme pied Ă  terre. J'ai juste fait des photos de l'extĂ©rieur.

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Le Mont-Saint-Michel, c'est mieux de loin

ArrivĂ© au camping Ă  Saint-Hilaire-du-HarcoĂŒet, je me suis aperçu qu'une banane avait pourri dans mon sac et coulĂ© sur mes affaires de rechange ! Heureusement il faisait grand Soleil, j'ai donc pu les laver et les faire sĂ©cher assez vite, mĂȘme si j'ai du me promener en caleçon dans le camping.

Jour 5 : Saint-Hilaire-du-HarcoĂŒet - Mayenne (92 km)

Dans cette étape j'ai continué sur la Véloscénie jusqu'à Domfront pour ensuite passer sur la Vélofrancette et commencer mon chemin de retour.

La ville de Mayenne ne m'a pas laissĂ© un trĂšs bon souvenir, tout d'abord en raison du trafic routier trĂšs important qui la traverse, mais aussi et surtout parce qu'il a plu toute la soirĂ©e et toute la nuit. Heureusement le camping est trĂšs excentrĂ© ce qui permet d'avoir pas mal de calme. J'ai aussi pu utiliser la machine Ă  laver et le sĂšche-linge car ce n'Ă©tait "que" 3€ (mais ça me fait gagner pas mal de temps).

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Le camping au bord de l'eau, Ă  Mayenne

Jour 6: Mayenne - Pruillé (111 km)

Ce trajet m'a fait traverser la ville de Laval que j'ai trouvĂ© trĂšs jolie, mais aussi ChĂąteau-Gontier oĂč j'ai fait une pause cafĂ©. Le reste du voyage a Ă©tĂ© marquĂ© par la pluie mais je suis finalement arrivĂ© en Anjou, Ă  PruillĂ©, qui se situe au Sud du Lion d'Angers. C'est Ă  ce camping que j'ai attrapĂ© une tique, parce que les poubelles sont loin et qu'il faut traverser une grande Ă©tendue de pelouse pour y parvenir.

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Traversée de Laval

Jour 7: Pruillé - Nantes (113 km)

Il a plu toute la journĂ©e avec un pic assez intense l'aprĂšs midi, je suis arrivĂ© chez moi trempĂ© de la tĂȘte aux pieds, les chaussures qui font floc floc. Ce trajet suit la Loire Ă  VĂ©lo, et lĂ  encore je vous conseille de prendre des raccourcis pour Ă©viter des dĂ©tours inutiles. C'est une route que j'ai fait Ă  plusieurs reprises et que je commence Ă  connaĂźtre.

J7
Le chateau d'Angers... sous la pluie
J7
Pause déjeuner au bord de la Loire, toujours sous la pluie

Impressions & Conclusion

J'ai l'impression de me rĂ©pĂ©ter, mais voyager en Bretagne ou en Normandie est certes beaucoup moins cher que dans le sud, mais on s'expose inĂ©vitablement Ă  des problĂšmes de mĂ©tĂ©o. La casse du dĂ©railleur fut un bon coup de stress, j'ai cru que mon voyage allait s'arrĂȘter lĂ , mais heureusement j'ai pu trouver un dĂ©panneur. C'est la premiĂšre annĂ©e que je rencontre un problĂšme de ce genre.

Ce qui m'aura marquĂ© ce voyage, outre la mĂ©tĂ©o, ce sont les chemins de hallage. Rouler au bord d'un canal ou d'une riviĂšre est sympathique, d'autant que c'est plutĂŽt plat, mais c'est un peu monotone aprĂšs plusieurs jours. Je pense que l'annĂ©e prochaine je chercherai un dĂ©paysement plus important. Il faudra que je m'y prenne trĂšs tĂŽt cette fois, mĂȘme si avec la COVID on peut difficilement planifier ses vacances Ă  l'avance.

Retour sur le Bryton Rider 450

Rédigé par uTux 3 commentaires

EDIT 2024: A ce jour, les cartes datent toujours de 2018 et aucune mise Ă  jour n'est disponible. Je ne recommande donc pas d'acheter cet appareil ou tout autre modĂšle de la marque.

Avant de commencer, deux points importants :

  1. Comme d'habitude, ce n'est pas un article sponsorisĂ©. J'ai payĂ© de ma poche ce petit gadget (€154,99) et je serais le plus honnĂȘte possible.
  2. J'ai utilisé cet appareil uniquement pour l'aspect cartographie donc je n'aborderais pas les fonctionnalités de statistiques ou le couplage avec des capteurs.
  3. Quand je parle de "cartographie", il s'agit de la capacitĂ© Ă  charger des itinĂ©raires au format GPX pour que l'appareil puisse les afficher sur la carte et me guider, il ne calcule pas lui-mĂȘme les trajets.

J'ai pu tester cet appareil lors d'un voyage de 4 jours à vélo en 2020 et comme je le disais précédement je prépare mes itinéraires en amont pour ensuite les charger en GPX dans l'appareil.

Bryton Rider 450

Fixations

L'appareil est livré avec un socle à fixer sur le guidon à l'aide d'élastiques, adaptable à l'aide de 2 garnitures. Le Bryton Rider 450 vient ensuite se clipser dessus via 1/4 de tour. Non seulement il est solidement fixé mais en plus il se retire facilement, donc un trÚs bon point.

Bryton fixé au guidon

Cartes, firmware, stockage

La mise Ă  jour du firmware s'effectue avec un petit utilitaire Ă  lancer depuis Windows ou Mac. Si vous ĂȘtes sous Linux, vous pouvez utiliser une machine virtuelle Windows avec l'USB en passthrough, c'est ce que j'ai fait et cela fonctionne plutĂŽt bien.

La mise à jour des cartes s'effectue sans utilitaire, il faut les télécharger chez Bryton puis les copier en USB car l'appareil est reconnu comme une clé. De base il n'y a que ~700 MB de disponibles, heureusement il est possible de faire de la place en supprimant les cartes préchargées inutiles (par exemple les autres continents).

Le téléchargement des tracés GPX s'effectue lui aussi en USB.

Si on excepte la mise à jour du firmware, le Bryton Rider 450 est plutÎt ami avec Linux et ne tente pas de nous casser les pieds avec une application ou un logiciel propriétaire, tout se fait en USB. Là aussi c'est un bon point.

Navigation, visibilité, Ergonomie

J'avais peur que l'Ă©cran soit trop petit (2,3 pouces) et que le fond de carte en noir et blanc soit illisible. Finalement ce combo fonctionne plutĂŽt bien. S'il est certain qu'on a pas le confort de lisibilitĂ© d'un smartphone ou encore moins d'un PC, l'ensemble est correct pour le guidage et on distingue clairement le tracĂ© Ă  suivre et les diffĂ©rentes rues. Il arrive quand mĂȘme que les cartes OSM ne soient pas tout Ă  fait Ă  jour, pour cela je recommande d'avoir un smartphone en secours (avec par exemple OSMandMaps et vos GPX).

S'il est possible de Zoomer sur la carte, en pratique on le fera rarement car cette opĂ©ration est vraiment longue. On sent que l'appareil n'est pas une bĂȘte de compĂ©tition et il faut parfois attendre 20-30 secondes pour la mise Ă  l'Ă©chelle. De la mĂȘme maniĂšre il arrive que l'itinĂ©raire disparaisse et revienne au bout de quelques secondes.

J'Ă©tais Ă©galement inquiet du fait que l'Ă©cran ne soit pas tactile, mais cela se rĂ©vĂšle finalement ĂȘtre un avantage. En effet l'utilisation de boutons en plastique ne pose pas de problĂšmes quand on a les doigts plein de sueur (en Ă©tĂ©), ou recouverts de gants (en hiver). Encore un aspect bien pensĂ©.

Enfin je reprécise que le but de l'appareil n'est pas de calculer des itinéraires GPS.

Autonomie

C'est le point qui m'a fait choisir le Bryton Rider 450. En effet l'autonomie promise par le constructeur est de 32 heures, trop beau pour ĂȘtre vrai ? Verdict: ~13 heures (2 Ă©tapes et demi dans mon cas), sans Bluetooth, sans WiFi, sans capteur, sans rĂ©tro Ă©clairage. On est trĂšs loin des 32 heures thĂ©oriques mais il faut tout de mĂȘme signaler que l'appareil se recharge trĂšs vite, une petite demi-heure branchĂ© sur un powerbank est suffisante, cela compense un peu.

Conclusion

Dans l'ensemble je suis plutĂŽt content du Bryton Rider 450, il fait bien le boulot que je lui demande (la navigation), il est plutĂŽt ergonomique, il est linux friendly, et il est un fidĂšle compagnon quand je parts en voyage dans des endroits que je ne connais pas. Malheureusement il faut reconnaĂźtre que le constructeur est un peu trop optimiste sur l'autonomie batterie, voire malhonnĂȘte, c'est un point Ă  prendre en compte si la batterie est votre critĂšre dĂ©terminant.

Liens

Aquitaine / Pays Basque à vélo

Rédigé par uTux 2 commentaires

Note: Ce voyage a eu lieu au début Septembre 2020, l'article est juste trÚs en retard.

En 2019, j'ai fait Nantes - Roscoff à vélo, un périple de 4 jours dont 3 sous la pluie qui m'a laissé un souvenir assez mitigé. Pour des questions d'ordre climatique je voulais donc partir dans le sud cette année, ce que j'ai fait en explorant une portion de la Vélodyssée qui m'était encore inconnue, celle de l'Aquitaine et du Pays Basque. Je suis donc parti à vélo de Royan pour aller jusqu'à Hendaye, et mon planning prévoyait ensuite ensuite une petite boucle en Espagne, ce que je n'ai finalement pas fait.

Voici le parcours réalisé :

Trajet 2020

Départ de Royan. La traversée de l'estuaire de la Gironde (Royan - Verdon) et du bassin d'Arcachon (Cap Ferret - Arcachon) se sont fait en ferry. Chaque couleur représente 1 étape donc 1 jour.

Total : 411 km

Matériel

Note : cet article n'est pas sponsorisé. J'ai choisi et payé de ma poche chaque élément et je tiens simplement à apporter un retour d'expérience à ceux qui s'équipent pour un périple similaire.

Je roule toujours avec mon fidÚle Triban 500, un vélo de route sur lequel j'ai ajouté :

  • Un porte bagages BTWIN 900.
  • Une sacoche 20L.
  • Une sacoche 25L.
  • Une sacoche de cadre (2 trousses + emplacement Ă©tanche pour smartphone).
  • Une sacoche de selle.
  • 2x Pneus route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x25 (tringles souples).
  • Des chambres Ă  air BTWIN 700x23-32.
  • Multitool, dĂ©monte-pneus, maillon de chaĂźne, dĂ©rive-chaĂźne, pompe.

Je rĂȘve de passer au bikepacking mais les prix sont dissuasifs. J'attends avec impatience que ça arrive chez Decathlon pour que ce soit enfin abordable :/

Je n'ai eu aucun problÚme technique et aucune crevaison. Je ne regrette pas ce "setup" 100% Decathlon et son rapport qualité/prix imbattable.

Pour le matériel de camping :

  • Tente Forclaz TREK900 (1,6 kg, 1 place, s'accroche sur le guidon).
  • Matelas gonflable Forclaz TREK700 L (510g).
  • Sac de couchage Forclaz TREK500 15° (~1kg).

Les nuits dans le Sud ont été plus froides que prévues. De maniÚre paradoxale il peut faire plus de 30°c la journée et moins de 15°c la nuit et j'ai eu froid aux doigts de pied. J'ai fait 4 nuits de suite en camping ce qui est un record.

Gadgets et navigation :

  • 1 Powerbank 20 Ah (Boulanger).
  • Ma tablette Fire HD 8 de 2017.
  • Un Bryton Rider 450 pour la cartographie.
  • Et enfin OsmAnd sur iPhone XR pour la cartographie, en secours.

Le Powerbank 20 Ah est assez lourd mais une fois mis dans la sacoche de cadre ça va. Il m'a permis de tenir 4 nuits d'autant plus qu'avec le Bryton Rider 450 j'ai beaucoup moins tiré sur la batterie de mon smartphone que les années précédentes. Concernant ce GPS, je dois dire que malgré le petit écran 2,3" monochrome, la navigation a été plutÎt aisée et j'ai gagné beaucoup de temps. Je prévois toujours de faire un retour détaillé de ce petit gadget mais je peux déjà glisser un mot sur l'autonomie : 13h, à peu prÚs 2,5 étapes dans mon cas. On est donc loin des 32h que le constructeur annonce, mais en contrepartie sa batterie se recharge trÚs vite.

Trajet

Jour 1: Royan - LĂšge-Cap-Ferret

Je suis allĂ© Ă  Royan en voiture car j'avais dĂ©jĂ  fait le trajet Ă  vĂ©lo depuis Nantes en 2018 et cela me permettait d'Ă©conomiser 4 jours. Mon point de dĂ©part fut donc le ferry pour traverser l'estuaire de la Gironde et arriver Ă  Verdon. La navigation fut plutĂŽt longue et ennuyeuse, surtout qu'il faut embarquer en avance. De l'autre cĂŽtĂ© de la Gironde, j'ai rapidement constatĂ© Ă  quel point l'itinĂ©raire cyclable de la VĂ©lodyssĂ©e est bien amĂ©nagĂ©. Ce sont des routes goudronnĂ©es qui traversent les forĂȘts de pins et qui sont plutĂŽt directes et plates, ce qui contraste beaucoup avec les portion Loire-Atlantique et VendĂ©e qui sont trĂšs alĂ©atoires et font faire beaucoup de dĂ©tours. En contrepartie, on ne voit quasiment pas l'ocĂ©an, il ne faut donc pas s'attendre Ă  un itinĂ©raire bleutĂ© le long de la cĂŽte.

J'avais prévu 65 km pour cette étape car avec mon départ en fin de matinée et la traversée en ferry je pensais perdre beaucoup de temps. Mais avec l'excellent état des routes j'ai vraiment tracé et je suis arrivé au camping super tÎt (15h30) donc j'ai décidé de continuer et commencer l'étape que j'avais prévu le lendemain. Au final j'ai fait 114km.

Jour 2: LĂšge-Cap-Ferret - Gastes

Cette Ă©tape a Ă©tĂ© beaucoup moins facile car dĂšs le dĂ©but le terrain Ă©tait trĂšs vallonnĂ©, autrement dit ça grimpe. De plus je ressentais une douleur dans la jambe donc les premiers kilomĂštres ont Ă©tĂ© faits dans la souffrance. J'ai traversĂ© le bassin d'Arcachon en ferry, passage assez ennuyeux une fois de plus qui m'a presque fait regretter de ne pas avoir suivi l’itinĂ©raire officiel qui lui le contourne. La ville d'Arcachon est assez vallonnĂ©e mais ce n'Ă©tait rien en comparaison de l'arrivĂ©e Ă  Biscarosse (Lac) car on traverse une zone forestiĂšre qui est tout sauf plate, avec des cĂŽtes qui approchent les 10% (donc il faut marcher).

Là encore c'était une étape théorique d'environ 65 km, sauf que je l'avais bien entamée la veille donc j'ai décidé de continuer pour au final faire 89 km, et arriver à un camping au bord de l'Etang de Biscarosse - Parentis (trÚs joli et avec beaucoup de vent).

Jour 3: Gastes - Labenne

J'ai commencĂ© cette Ă©tape en douceur et vu qu'elle Ă©tait plate, cela m'a permis de rĂ©cupĂ©rer. Je n'ai pas mangĂ© Ă  midi car je n'ai trouvĂ© aucun commerce intĂ©ressant sur la route (je suis vĂ©gĂ©tarien ET difficile) cela ne m'a pas empĂȘchĂ© de faire 113 km pour arriver Ă  Labenne, au sud de Capbreton. J'avais officiellement 1 jour d'avance sur mon planning. Pour une fois la nuit n'a pas Ă©tĂ© fraĂźche et c'Ă©tait annonciateur de la tempĂ©rature Ă©levĂ©e qu'il allait faire le lendemain.

Jour 4: Labenne - Hendaye (+Espagne)

La premiĂšre Ă©tape marquante fut Bayonne, une ville trĂšs jolie et qui marque la sortie des forĂȘts de pins et l'arrivĂ©e dans le Pays Basque. Saint-Jean-de-Luz et Biarritz sont extrĂȘmement vallonnĂ©es, c'est vraiment pas facile, au point que Strava m'indique que j'ai grimpĂ© l'Ă©quivalent de 1000 mĂštres dans la journĂ©e, pfiou, le tout sous 35°C et un Soleil de plomb. Biarritz est trĂšs (trop) touristique en revanche je dois reconnaĂźtre que la cĂŽte est magnifique et surprenante d'un point de vue gĂ©ologique avec ses roches colorĂ©es et striĂ©es !

Malgré les cÎtes et le Soleil je suis arrivé en avance à Hendaye, mon étape, ce qui m'a incité à faire un tour en Espagne. J'ai traversé la frontiÚre pour arriver à Irun, ville plutÎt jolie tant qu'on reste au bord de l'eau, et plutÎt bien aménagée dans sa partie urbaine, mais avec beaucoup de cÎtes une fois de plus. Par contre en dehors de la ville il n'y a aucun aménagement pour les vélos, les routes sont trÚs étroites avec peu de visibilité.

Nuit au camping en France, puis à Nantes en train le lendemain. Le trajet se fait sur 2 jours car il n'est pas évident de trouver des trains qui prennent les vélo.

Santé

J'ai eu un bon rythme de pédalage, pas de coups de Soleil, pas trop de fatigue dans les cuisses mis à part le dernier jour. Par contre je me suis traßné une douleur à la jambe au niveau de l'articulation, par en dessous, d'intensité variable. A cela s'est ajouté un mal de dos qui me causait parfois des difficultés pour sortir de la tente. Soit je me suis surmené, soit je vieillis.

Météo

La météo fut clémente avec des températures de plus en plus élevées. Le point culminant fut au 4e jour avec 35°C ce qui n'aide pas à gravir les cÎtes infernales du Pays Basque. Cette année j'ai évité les coups de soleil en mettant de la crÚme dÚs le second jour, sur les bras, le nez, et les pommettes.

Impressions

Il y a du monde, beaucoup de monde. À la base si je prends mes vacances en Septembre, c'est pour Ă©viter la foule, mais dans l'extrĂȘme Sud c'est peine perdue. C'est Ă©galement trĂšs cher, prĂ©voir un budget moyen d'une quinzaine d'euros par nuit de camping - voire le double, en dehors des grandes villes.

J'aime les trajets dans les forĂȘts de pins, mais au bout de 3 jours c'est un peu lassant. Ne faites pas ce trajet pour voir l'ocĂ©an, ou alors prĂ©voyez des mĂ©ga pauses (ce qui n'est pas mon fort) dans les quelques villes traversĂ©es. En terme de paysages c'est surtout le Pays Basque qui vaut le coup, c'est vraiment beau, mĂȘme si ça grimpe beaucoup.

Dans un autre registre, je trouve qu'il y a beaucoup beaucoup de voitures. Le Sud c'est le pays de la bagnole et vu comment c'est vallonné on comprend pourquoi. Je pense surtout à Biarritz et Hendaye.

Conclusion

Parmi les points positifs de ce voyage, je citerai: le climat, les amĂ©nagements des itinĂ©raires de la VĂ©lodyssĂ©e, et le double dĂ©paysement avec les Landes puis le Pays Basque. Parmi les points nĂ©gatifs, les tarifs, la monotonie des forĂȘts de pins, et le fait que le Pays Basque ça grimpe sĂ©vĂšrement.

Quelques photos

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Itinéraire trÚs bien aménagé dans les Landes.

Avant de traverser le bassin d'Arcachon, depuis Cap Ferret. Dune du Pilat / Pyla en arriĂšre-plan.

Arrivée à Bayonne.

Arrivée à Saint-Jean-de-Luz.

Curiosité géologique: le plancher strié.

Photo Ă  Irun (Espagne).

Bonus: Arcachon, Bayonne, Bayonne (encore).

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