C'est après avoir visionné la chronique Merci Dorian! - La durée de vie (des jeux vidéo) courant 2015 que j'ai eu envie de parler de ce sujet. J'étais au début assez surpris car on a longtemps reproché aux jeux vidéo d'être trop courts. De plus quand un jeu est bon, c'est toujours bien d'en avoir un peu plus non ? Pas toujours.
La durée de vie, un argument marketing
Tout d'abord il faut savoir que la durée de vie est devenue un argument marketing pour les éditeurs de jeux vidéo. Afin de pouvoir afficher fièrement sur la boite "plus de 200 heures de jeu dans un openworld !" beaucoup meublent au maximum leur contenu de manière artificielle. Dans sa vidéo, Dorian cite la collecte d'objets inutiles et c'est complètement vrai. Le premier exemple qui me vient en tête, c'est Dragon Age Inquisition. Il m'a fallu 100h pour finir le jeu, mais quel ennui... la quête principale est passionnante mais elle tient en une dizaine d'heures, et les 90 autres sont meublées par des quêtes non scénarisées qui consistent à se rendre à pied à l'autre bout de la carte (de la randonnée !) pour aller tuer des mob et ramasser un certain nombre d'objets, les bonnes vieilles quêtes fedex comme on dit.
Il y a heureusement de nombreux jeux dont la durée de vie n'est pas artificielle. Je suis par exemple un très grand fan de Kerbal Space Program, un bac à sable exigeant capable de nous tenir des centaines d'heures alors qu'il n'y a aucun scenario ni aucun objectif, juste une courbe de progression bien étudiée. Et je ne parlerai même pas du très célèbre Minecraft qui lui non plus n'a pas de scenario et aussi une durée de vie illimitée.
90% des joueurs ne voient pas la fin
Autre argument choc cité dans la vidéo, bien que pas officiellement sourcé : seul 10% des joueurs termineraient leurs jeux. On comprend alors le malaise qu'il peut y avoir chez les éditeurs, pourquoi investir dans des jeux longs alors qu'une très grande part des joueurs se contente d'un jeu court ? Je suis très surpris de ce chiffre. Un jeu vidéo c'est comme un film, s'il est bon, pourquoi ne pas le terminer ? D'autant que l'immense majorité ne nécessite qu'une dizaine d'heures ce qui ne représente qu'un ou deux week-end ou quelques soirées. En cherchant un peu, j'entrevois les explications suivantes :
- Le phénomène a toujours existé mais n'était pas mesurable avant qu'on invente Steam, uPlay et Origin. Nous sommes nombreux à avoir joué à Doom dans les années 90, et pourtant je suis persuadé que très peu d'entre nous l'ont fini. Et quid de tous ces jeux NES aujourd'hui célèbres dans les émissions de retrogaming, réputés pour leur difficulté les rendant impossibles à terminer ?
- Les joueurs vieillissent et ont beaucoup moins le temps de jouer. Ils sont remplacés par la nouvelle génération, mais peut-être que leurs attentes sont différentes ? Le multijoueur semble être très (trop) important.
- Les soldes Steam cassent les prix au point que beaucoup achètent des jeux en masse et n'y jouent que quelques heures avant de passer au suivant.
- Les jeux ne sont pas tous bons ? Par exemple j'ai acheté Tomb Raider (2013) et je n'ai jamais tenu plus d'une heure en raison de la médiocrité du gameplay.
En ce qui me concerne, j'achète peu de jeux, mais je choisis bien. Ainsi lorsque je vois un jeu soldé sur Steam, je ne saute pas dessus mais me pose les questions suivantes : Est-il bon ? Est-ce qu'il va me plaire ? Est-ce que je vais avoir le courage d'y jouer ? C'est ainsi que je me retrouve à n'acheter que 2-3 jeux par an, mais des bons, que je prends le temps de terminer (sauf Tomb Raider 2013, rien n'est parfait). En 2015 j'ai passé 150 heures sur Kerbal Space Program, 130 heures sur The Witcher 3 (deux jeux que je vous recommande fortement d'ailleurs) et 100 heures sur Fallout 4 (c'est un mauvais exemple car le contenu est plutôt meublé, en revanche il vaut le coup si vous avez aimé Skyrim).
Conclusion
La qualité d'un jeu vidéo n'est pas liée à sa durée de vie, et les tentatives de meublage de contenu dans les grosses licences sont plus nuisibles que bénéfiques. Il faut trouver un équilibre entre la durée de vie et l'intensité et je pense que les 10 heures (le standard actuel) s'en approchent, surtout vis à vis des tarifs (50 à 70€).
Baisser la durée de vie au nom des statistiques marketing réduirait encore la qualité globale des jeux vidéos alors que nous sommes dans une situation où les joueurs n'ont déjà plus confiance dans les éditeurs ni les journalistes et déplorent la multiplication des moyens artificiels pour augmenter la rentabilité des jeux.
Vivaldi est un nouveau navigateur web fraîchement disponible dans sa première version stable. Le projet est mené par l'un des anciens fondateurs de Opera et ça tombe bien car leur objectif est justement de refaire plus ou moins Opera. Vivaldi ne vise pas seulement à être performant, mais proposera également a terme plusieurs fonctionnalités utiles pour les power users (par exemple un client mail).
Malheureusement les power users y voient un navigateur "webkit based" de plus, ce qui n'est pas très excitant, et qui en plus n'est pas libre. Les utilisateurs de Opera n'ont donc aucune raison de migrer vu que la différence entre les deux est minime. Pire, si on en croit cette interview du PDG de Vivaldi, le bouche à oreilles et l'aspect commentaire seront décisifs pour convaincre les gens de migrer. Mais pourquoi devrions-nous utiliser et recommander Vivaldi ? En quoi Vivaldi se démarque-t-il réellement ? En rien.
Opera, malgré ses qualités et sa force d'innovation par le passé, n'a jamais dépassé les 1% de parts de marché. Dès lors, si Vivaldi copie sa stratégie, il n'a aucune chance de faire mieux, surtout face à Chrome qui cannibalise tout avec ses installations parasitaires, et Firefox qui reste (malgré les bavures de la fondation Mozilla) la référence en terme de liberté et de défense des standards du web.
En conclusion, si Vivaldi veut se démarquer et avoir une bonne réputation - ce qui faciliterait le bouche à oreille - il doit devenir libre. Autrement il y a fort à parier que d'ici 2 ou 3 ans il disparaîtra.
Avec quelques jours de retard, je livre aussi mes réactions sur le déchiffrement de l'iPhone par le FBI. En résumé ils ont été contactés par une entreprise (dont le nom n'a pas été révélé) qui leur a "vendu" les détails d'une faille permettant de casser ou contourner la sécurité de l'appareil. Donc le FBI a accès aux données et n'a plus besoin de Apple. Beaucoup de gens y voient donc l'échec de la firme à la pomme car le système ne serait pas infaillible.
Et pourtant c'est faux, cela prouve encore une fois qu'on se focalise sur cette affaire bien précise alors que l'enjeu c'est le chiffrement. Apple n'a jamais voulu défendre un terroriste, ni même bloquer une enquête du FBI par plaisir. Non, leur but était de préserver leur système de chiffrement en refusant de l'affaiblir car cela aurait eu des conséquences néfastes pour tout le monde.
Le fait que le chiffrement ait été cassé/contourné n'est pas une première : les failles ça existe depuis toujours, sur tous les systèmes. Le fait que le FBI en ait acheté une prouve d'ailleurs que c'est un véritable business. Il est probable que le mystérieux interlocuteur connaissait cette faille depuis longtemps et attendait de la vendre au plus offrant.
La pression est donc retombée mais il est peu probable que cette affaire soit terminée pour autant. Attendons de voir la suite.
Je suis un vieux, je ne suis pas inscrit sur facebook et j'utilise encore les flux RSS pour suivre mes sites favoris. Un agrégateur de flux RSS permet, comme son nom l'indique, de vérifier l'existence de nouveaux éléments et les notifier a l'utilisateur. L'effet intéressant c'est que cela permet de mesurer la masse d'information que l'on reçoit. Par exemple certains utilisateurs ont tellement de flux qu'ils sont notifiés de plusieurs milliers d'éléments par semaine, ça fait beaucoup.
En ce qui me concerne je suis abonné à plusieurs sources. Longtemps "suiveur" de Phoronix j'ai fini par laisser tomber pour deux raisons :
- Ce site inonde mon agrégateur de flux RSS, parfois plusieurs dizaines d'articles par jour.
- Le manque de pertinence de l'information proposée. Pour illustrer mon propos voici un article exemple : Sarah Sharp Steps Down As Linux Kernel Developer. Reprise d'une mailing list, aucune analyse, aucune critique, juste les polémiques inutiles en commentaires.
Pourquoi une telle dégradation de la qualité de l'information ? Selon moi c'est simplement pour survivre.
L'économie gratuite du web est en crise car le modèle de financement par la publicité est à bout. A la télévision ou à la radio on peut zapper mais ce n'est pas mesurable, entendez par là que les annonceurs ne savent pas combien de personnes ont effectivement écouté la publicité. Par contre sur le web, avec les bloqueurs de publicité c'est possible, les annonceurs savent combien de fois la publicité a été vue. Cela leur permet de rémunérer plus ou moins le site qui les affiche, et c'est ça le problème car plus il y a d'utilisateurs d'AdBlock/uBlock, moins il y a d'argent. C'est donc le prétexte rêvé pour accuser les internautes de tuer les sites qu'ils visitent en bloquant la publicité.
La culture du financement par la pub, fléau du XXIe siècle et solution par défaut à tous les problèmes me tape sur le système. Un web sans bloqueur de publicités est simplement inenvisageable pour moi. Tuxicoman a mesuré le nombre de requêtes HTTP, le volume et le temps de chargement des pages sur des sites connus avec et sans bloqueur de publicité, son constat est le suivant : ~90% du temps d’affichage des articles de ces sites est dépensé par l’utilisateur pour quelque chose dont il se fout : la publicité et l’espionnage de son comportement.
La solution ne passe donc pas par la culpabilisation ou le rejet des utilisateurs d'AdBlock/uBlock mais par un changement sérieux de politique de la part des annonceurs, ou de modèle économique pour les acteurs du web.
Beaucoup de sites d'information proposent déjà des abonnements payants aux visiteurs, leur permettant ainsi de ne pas avoir de publicité. Phoronix en fait partie et pour convaincre les visiteurs de débourser de l'argent, il faut se démarquer. Pour cela soit il faut faire de l'information de qualité, soit mitrailler à longueur de journée des contenus courts. C'est visiblement la seconde option qui a été choisie et c'est regrettable. A l'inverse, Nextinpact mise sur l'information de qualité. En effet les articles sont plus long et surtout l'information est analysée et critiquée. Le journaliste Marc Rees par exemple lit les textes de loi pour nous en expliquer le principe et grâce à lui nous avons suivi l'arrivée de la Loi sur le renseignement, avec une analyse plus pertinente que beaucoup de media qui se contentaient de dire "cette loi va régulariser ce qui se faisait avant, c'est pour votre sécurité, faites pas chier, vous n'allez pas en mourir, lol". Coluche disait : Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent, c'est pire !. NextInpact fait exception et c'est pourquoi je me suis abonné (payant).
D'autres sites suivent la voie du rachat et de la centralisation. Jeuxvideo.com par exemple s'est fait racheter par Webedia, grand annonceur de contenus publicitaires. Cette dépendance est risquée car quid de la liberté de publication des journalistes quand celui qui donne le chèque a tout intérêt à placer un maximum de publicité et de contenus sponsorisés. Le journaliste est-il libre de dire que le gros jeu du moment est une bouse sachant que le site sur lequel il publie diffuse de la publicité pour ce même jeu ? Non. Real Myop, co-auteur d'une émission vidéo à succès (Speed Game) diffusée sur jeuxvideo.com, dénonce la dégradation de l'ambiance et des conditions de travail depuis leur rachat par Webedia ayant même poussé plusieurs chroniqueurs à la démission : article à lire ici. De plus, que se passera-t-il si la majorité des sites d'information finissent dans les mains d'un seul groupe et que ce dernier décide d'imposer un abonnement payant aux visiteurs ?
En conclusion, on constate que la roue tourne. En effet les sites gratuits d'information qui ont tué les journaux papier sont à leur tour en train de mourir et cherchent comment être rentables ou simplement comment survivre. La croissance explosive du web a atteint son maximum, et tout comme la crise des jeux vidéo de 1983, beaucoup d'éditeurs disparaîtront, ceux qui survivront changeront de modèle économique ou le conserveront et auront le monopole.
L'histoire
On m'a confié un PC portable qui est lent et qui "affiche des publicités partout sur le web". Rien d'anormal jusque là vu que le web est pourri par la publicité, sauf qu'il y en a même sur Linuxfr et pour le coup c'est plutôt inquiétant. Des bannières, des onglets qui s'ouvrent, des pages qui me proposent de "nettoyer le registre pour accélérer mon PC", bref de la mauvaise herbe. Le PC est un SONY VAIO et est rempli de crapware/bloatwares préinstallés par le constructeur. Des logiciels bidons, des surcouches à l'interface graphique, des bidules de cloud etc etc. La machine rame et ventile alors qu'elle ne fait rien, le démarrage est long alors qu'en mode sans échec tout va vite.
Je commence par vérifier les extensions Firefox/Chrome/IE, mais rien d'anormal. Je supprime le profil Firefox et le recréé, mais le problème persiste, des pubs s'ouvrent toujours. Je passe un coup de malwarebytes, fait du tri dans le planificateur de tâches et le msconfig, vérifie le fichier hosts, les DNS, mais le problème persiste. Reboot en mode sans échec, scan malwarebytes / eset nod32 online scanner / Spybot. Entre 500-700 menaces détectées à chaque fois et supprimées mais les publicités reviennent quand même.
Je créé un nouveau compte utilisateur pour tester et reboote en mode normal. Pendant quelques minutes tout fonctionne bien mais les pub apparaissent à nouveau. Ces adware sont coriaces, j'ai épuisé tous mes recours et la prochaine étape est le formatage. Je démarre sur un LiveUSB de Fedora et copie les données sur un disque dur USB (je ne voulais pas le faire depuis Windows pour ne pas copier les adware/virus dessus).
Après avoir réinstallé Windows puis les pilotes essentiels ça va tout de suite beaucoup mieux car l'OS peut enfin s’atteler à d'autres tâches que faire tourner les crapwares de SONY VAIO. Les publicités qui altèrent les pages web ont enfin été éradiquées.
L'analyse
Ces crapwares / adwares sont coriaces. On ne peut pas toujours les désinstaller proprement, et ils s'enracinent de plus en plus profondément (par exemple avec les tâches planifiées). Les sociétés crapuleuses qui les développent surfent entre la légalité et l'illégalité. En effet contrairement aux virus qui s'installent discrètement sans consentement de l'utilisateur, un adware obtient toujours l'accord de ce dernier. Il est fourni comme "sponsor" pré coché lors de l'installation d'un autre logiciel, et en laissant la case cochée l'utilisateur accepte les conditions d'utilisation et installe le nuisible. Comme les gens ne lisent pas ou ne savent pas, ils valident.
Par conséquent l'ordinateur est inutilisable alors que matériellement il est excellent. On comprend le malaise qui existe dans l'informatique grand public car ce nettoyage m'a pris du temps : environ 8h réparties sur plusieurs soirées, qu'un réparateur professionnel aurait facturé au prix fort (à juste titre, c'est son métier). La plupart des gens vont alors supporter la lenteur, les publicités, alimentant par ailleurs le cliché "ordinateur = de la merde lente" et finiront par en acheter un nouveau qui aura exactement les mêmes tares.
A quand des antivirus qui bloquent les adwares ? Par exemple la barre Ask.com => poubelle. En 2016 j'affirme que les adwares sont devenus plus problématiques que les virus, et qu'à part le bon sens et l'expérience il n'y a pas vraiment de moyens pour s'en protéger.
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