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Exercice de pensée: par quoi remplacer Debian ?

Rédigé par uTux 5 commentaires

Actuellement en panne d'inspiration, je me permets de voler à Frederic Bezies une idée d'article. Ce dernier, utilisateur d'Archlinux depuis 14 ans, se demande vers quelle distribution il se tournerait si le projet venait à fermer. Je vais donc refaire le même exercice de pensée en version Debian car c'est mon système d'exploitation fétiche.

Utilisateur sérieux de Linux depuis 2006, je suis passé à peu près par toutes les grosses distributions : Ubuntu, Debian, Gentoo, Fedora, openSUSE, Arch, Manjaro, et même Mandriva (du temps où elle existait). Et pour les serveurs je pourrais rajouter NixOS. La seule "grosse" distribution que je n'ai jamais testé est Slackware. Et après toutes ces années d'errance, je me suis enfin stabilisé sur Debian.

Je ne dirais pas que Debian est la meilleure distribution Linux du monde car cette notion est très subjective, mais elle est de loin ma préférée. Les raisons ? Elle est simple, versatile, bien documentée avec une grosse communauté derrière. Et surtout elle ne repose pas sur une entreprise, il n'y a aucun risque de la voir rachetée du jour au lendemain par une grosse corporation. Debian est également réputée comme extrêmement stable, ennuyeuse et prévisible, dans le bon sens du terme.

Je sais que de nombreux utilisateurs reprochent à Debian de fournir des versions anciennes voire obsolètes de certains paquets mais personnellement ce n'est pas un problème. Étant utilisateur de MATE, l'environnement évolue peu et se bonifie comme du bon vin au fil des années, il n'y a pas de nouveauté clinquante tous les 6 mois. Idem pour Firefox, la cuvée ESR me convient très bien. Et quant aux logiciels tiers comme GIMP, LibreOffice, VLC, Thunderbird... je n'ai pas besoin de la dernière version. Et dans les rares cas où j'ai besoin d'un truc neuf je peux utiliser les backports, un dépôt tier, appimage, flatpak... il existe de nombreuses solutions.

Tout ça c'est bien joli, mais ça ne répond pas à la question suivante: quelle distribution pour remplacer Debian, si cette dernière venait à s'arrêter ? Je précise que je parts du principe que toutes les dérivées telles que Ubuntu s'arrêteraient aussi, basiquement il n'y aurait plus rien basé sur les paquets .deb.

  • Vous l'aurez compris en lisant cet article, je ne cherche pas de distribution en rolling release, ce qui élimine donc la famille Archlinux.
  • La Red Hat family (Rocky, Alma) semble toute indiquée, malheureusement elle est aux mains d'IBM qui s'est montré hostile vis à vis de la gratuité des distributions. Donc non.
  • openSUSE Leap est un bon choix. Étant synchronisée sur la SLES (la version payante) elle est également stable et ennuyeuse. Les deux seuls problèmes que je vois sont la dépendance à une entreprise (bien que cette dernière ne soit pas hostile à sa communauté) et YaST dont je ne comprends pas l'utilité, à part rassurer les Windowsiens.
  • Alternativement... Mageia. Je dis habituellement beaucoup de mal de cette distribution car elle n'a pas évolué depuis Mandrake, et qu'elle souffre d'un manque flagrant de moyens humains et financiers.

En conclusion, si je devais remplacer Debian, je partirais vers openSUSE ou Mageia. Et vous, que choisiriez-vous ?

J'ai tout migré sous aarch64 (ou presque)

Rédigé par uTux Aucun commentaire

Le blog vient de passer sous un sku cax11 chez Hetzner:

  • 2 vCPU Arm64 Ampere® Altra®.
  • 4 GB RAM.
  • 40 GB SSD.
  • 20 TB trafic.
  • NixOS vanilla.

Soit à peu près le double de la version x86 pour le même prix.

Et oui, j'ai bien mentionné NixOS vanilla, ou upstream. Contrairement à l'immense majorité des "bidules" en ARM qui nécessitent un OS spécialement modifié pour pouvoir booter, on a affaire ici à une machine virtuelle QEMU avec un firmware UEFI Tiano Core, qui permet de faire tourner n'importe quelle distribution Linux compilée en aarch64 ! L'installation a été réalisée avec nixos-infect. Voici le résultat d'un uname -a:

Linux prd-web-1 6.1.57 #1-NixOS SMP Tue Oct 10 20:00:46 UTC 2023 aarch64 GNU/Linux

Si j'en ai le courage, je m'attaquerai à la migration de mon serveur Yunohost actuellement en x86. Cela promet d'être laborieux puisque cela nécessite de copier tous mes e-mail, mais cela en vaut la peine.

Red Hat rime avec cul de sac

Rédigé par uTux 10 commentaires

Il fut une époque où je ne comprenais vraiment pas l'intérêt de Red Hat car j'y voyais une distribution payante avec très peu de logiciels disponibles dans les dépôts (même pas nginx) et des composants encore plus obsolètes que Debian. Et puis à force de voir son clone gratuit - la distribution communautaire CentOS - utilisé partout en entreprise j'ai enfin compris ce qui plaît :

  • Le support de 10 ans (à une époque j'étais naïf, je pensais que les entreprises installaient rapidement les mises à jour et n'aimaient pas se traîner des vieux logiciels... en fait c'est tout l'inverse !)
  • Les correctifs de sécurité backportés, ce qui permet de mettre à jour sans vraiment mettre à jour.
  • L'écosystème logiciel et matériel, c'est rassurant d'avoir un contrôleur SCSI dont le driver est certifié Red Hat.
  • SELinux (rires dans la salle).

Red Hat a toujours eu un modèle économique surprenant car d'un côté ils vendaient leur distribution commerciale (Red Hat Enterprise Linux - ou RHEL) et de l'autre ils sponsorisaient un clone gratuit (CentOS) identique au bug près (1:1 bug). Et pendant très longtemps, cela a permis à beaucoup de gens - particuliers et entreprises - de profiter de l'écosystème Red Hat - sans devoir payer un centime.

Phase 1 : sabordage de CentOS

Suite au rachat surprise de Red Hat par IBM en 2019, cette politique est en train de changer, et le message est clair : ils en ont marre des gens qui ne paient pas, il va falloir passer à la caisse. Ainsi l'ouverture des hostilités a commencé avec un changement de politique de CentOS :

  • CentOS 8, qui devait suivre le cycle de RHEL 8, ne sera finalement pas supportée 10 ans mais à peine un an.
  • CentOS n'a plus vocation à être un clone gratuit de RHEL mais sera un équivalent à "Windows Insider". Vous ne l'utiliserez plus pour profiter de la stabilité de Red Hat, mais pour tester les nouveautés en amont.

Ces changements ont sabordé l'intérêt même de CentOS et il n'a pas fallu longtemps avant de voir fleurir de nouveaux projets alternatifs avec pour objectif de fournir à nouveau un clone de RHEL gratuit : AlmaLinux, Rocky Linux, ou encore Oracle Linux qui existait déjà depuis presque 10 ans, mais en vrai personne n'aime Oracle et personne ne leur fait confiance :)

Phase 2 : blocage de l'accès aux sources

Là encore Red Hat ne voyait pas d'un bon œil la prolifération de clones gratuits de RHEL, ils décidèrent donc de réserver l'accès aux sources à leurs clients. Désormais, les seules sources publiques seront celles de CentOS, qui rappelons-le n'est plus la même chose que Red Hat. Or, les clones ont besoin des sources de RHEL, ce qui pose évidemment un problème.

Ce qui selon moi enfonce le clou, c'est ce communiqué de Red Hat de la part Mike McGrath, "Vice President of Core Platforms Engineering at Red Hat" (pas de traduction pour ne pas dire de bêtise). Le passage croustillant est :

I feel that much of the anger from our recent decision around the downstream sources comes from either those who do not want to pay for the time, effort and resources going into RHEL or those who want to repackage it for their own profit. This demand for RHEL code is disingenuous.

Voilà, les termes sont lâchés, ceux qui se plaignent seraient les gens qui ne paient pas. On est donc pas très loin d'une rhétorique anti open source, un retour 20 ans en arrière quand Linux était vu comme un truc d'illuminés et que l'informatique des gens sérieux c'était vendre des logiciels propriétaires en boite.

Alors oui, c'est leur droit, d'autant que le débat sur la manière de gagner de l'argent avec du logiciel gratuit est sans fin. Mais à partir du moment où Red Hat prend en otage du code source pour obliger les utilisateurs à passer à la caisse, c'est une pratique du monde propriétaire.

Red Hat est dans la légalité, dans son bon droit, mais les utilisateurs doivent comprendre que les choses n'iront pas en s'arrangeant, bien au contraire.

Conclusion

Dans mon article Le drame CentOS 8 je disais qu'il était urgent d'attendre que la situation se clarifie et qu'il ne fallait plus installer de CentOS 8. Aujourd'hui, la situation me paraît suffisamment claire : payez vos licences Red Hat ou partez chez Debian.

Il est illusoire de penser qu'il suffit de passer sous Alma ou Rocky pour résoudre le problème car l'avenir de ces distributions communautaires parait aujourd'hui incertain, d'autant que nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle surprise de la part de Red Hat.

Faites des choix courageux, ne laissez pas pourrir vos infrastructures juste parce que vous n'avez pas le budget ou le temps pour vous en occuper. Ne prenez pas du CentOS juste pour avoir l'air d'un pro et affirmer fièrement à vos clients que vous travaillez avec du Red Hat. Ne croyez pas que faire les mises à jour dans 10 ans sera moins chiant que de les faire dans 5 ans, bien au contraire.

Si vous voulez rester dans la Red Hat family (CentOS, Rocky, Alma) faites-le pour de bonnes raisons. Ne restez pas volontairement prisonnier d'un écosystème qui ne veut plus de vous.

Liens

De Lille à Stockholm en vélo (voyage 2023)

Rédigé par uTux 4 commentaires

Tous les ans j'ai pour tradition de partir en voyage à vélo pour avaler des kilomètres et voir du pays. Les années précédentes, je m'étais toujours contenté de rester en France, car même si j'avais envie d'aller à l'étranger, je n'avais jamais osé franchir le pas. Mais en 2022 j'ai eu l'occasion d'aller en Corée du Sud (en avion) et cette expérience m'a totalement libéré. Si j'ai pu survivre à l'autre bout de la planète dans un pays où tout est écrit en Hangeul, alors les pays d'Europe ne me poseront aucun souci !

Cette année 2023 je suis donc parti de Lille 🇫🇷 et j'ai roulé jusqu'à Stockholm 🇸🇪 en transitant par 5 pays: Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, et enfin la Suède. A savoir que mon projet initial était beaucoup plus ambitieux car je voulais aller plus au nord, jusqu'au cercle Arctique, mais je me suis heurté à plusieurs contraintes qui font que j'ai décidé que Stockholm était un objectif tout à fait honorable :)

Total: 2225 km en 24 jours

Pays traversés : Belgique 🇧🇪 Pays-Bas 🇳🇱 Allemagne 🇩🇪 Danemark 🇩🇰 Suède 🇸🇪.
Le trou entre les deux traces correspond à une étape en bus.

Matériel

Je roule toujours avec mon fidèle Triban 500 (cuvée 2016), un vélo de route qui a désormais 24 000 km et sur lequel j'ai ajouté :

  • Un porte bagages BTWIN 900.
  • Deux sacoches de 25L chacunes.
  • Une sacoche de cadre (2 trousses + emplacement étanche pour smartphone).
  • Une sacoche de selle.
  • Arrière: pneu route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x25 (tringle souple).
  • Avant: pneu route TRIBAN PROTECT LIGHT 700x28 (tringle souple).
  • Multitool, démonte-pneus, maillon de chaîne, dérive-chaîne, pompe.

Cette année je voulais essayer des pneus 700x28 censés offrir plus de confort et de robustesse, mais bien que le montage à l'avant soit OK, à l'arrière ça ne passe pas, ça frotte sur le cadre. Donc je suis parti avec un mix 700x28 et 700x25. Contrairement aux années précédentes, ces pneus ne m'ont pas donné satisfaction car j'ai eu de multiples crevaisons, mais j'y reviens plus tard.

J'ai procédé à une intense phase de révision de mon vélo afin d'être sûr de partir avec un maximum de pièces neuves :

  • Chaîne + cassette de vitesses.
  • Câbles de frein et de dérailleurs.
  • Pneus.
  • Roulement de pédalier car j'entendais un petit craquement (changement fait par un réparateur, car je n'avais pas le temps ni les outils).
  • Nettoyage + graissage complet.

Pour le camping, je prends du matériel de trekking ultra léger adapté pour l'été :

  • Tente Forclaz TREK900 (1,6 kg, 1 place, s'accroche sur le guidon).
  • Matelas gonflable Forclaz TREK700 L (510g).
  • Sac de couchage Forclaz TREK500 15° (~1kg).
  • Oreiller gonflable random (le Forclaz de l'année dernière a crevé).
  • Une serviette micro fibres (c'est très compact et léger).
  • Des bouchons d'oreilles (indispensables pour les campings notamment).

Gadgets et navigation :

  • 1 Powerbank 20 Ah.
  • GPS Garmin Edge 540 Solar.
  • Et enfin OsmAnd sur iPhone XR pour la cartographie, en secours.

Les années précédentes mon GPS était Bryton Ryder 450, mais je l'ai perdu 😞 De toutes façons il ne semblait plus recevoir de mise à jour des cartes depuis 2018, cela m'a donc donné un prétexte pour passer sur un Garmin Edge 540 Solar. Même si son prix est très élevé (€500, plus cher que mon vélo neuf) il est excellent avec une autonomie imbattable (à la louche, 50% de batterie après 18h / 3 jours à rouler au Soleil). Par contre il n'a pas les fonds de carte de Suède, alors qu'il est censé avoir toute l'Europe 😞

Je planifie mes itinéraires avec Visugpx qui me permet de créer des traces et les exporter en GPX pour ensuite les réinjecter sur OsmAnd et mon GPS Garmin. Pour voir les itinéraires cyclables, il faut utiliser le fond de carte "Opencycle" ou "WMT". Il y a également Eurovelo qui répertorie les itinéraires européens avec possibilité de les télécharger. La quasi intégralité de mon parcours suivait des itinéraires cyclables locaux et européens, cela garanti en théorie un minimum de sécurité.

Soucis techniques

J'ai eu beaucoup de crevaisons : quatre à l'arrière et une à l'avant. Il m'est difficile de rejeter la faute sur la qualité des pneus - car j'ai utilisé mon vélo dans des conditions extrêmes (assez chargé + chemins de qualité variable) - néanmoins je pense que la prochaine fois je mettrai des modèles renforcés de chez Continental (comme pour mon voyage en 2018) ou Michelin.

Ces multiples crevaisons m'ont obligé à racheter des chambres à air car je n'en avais que 3 de spare. Heureusement une de mes hôtes AirBNB en Suède m'a conseillé un magasin Biltema où j'ai pu me réapprovisionner.

Un autre problème rencontré est l'absence des fonds de carte de Suède sur le GPS Garmin, alors qu'il est censé avoir toute l'Europe. La trace que je devais suivre s'affichait donc sur du vide, ce qui la rendait un peu difficile à suivre en ville quand plusieurs routes sont proches. Heureusement la majorité de mon parcours était en campagne.

Santé

J'ai du mal à y croire moi-même, mais cette année tout s'est bien passé 😅 Pas de douleur dans le dos ni dans le genou comme les années précédentes alors que j'ai 36 ans bien tassés et que je suis loin d'être mince. Quasiment pas de douleurs aux fesses ni à la nuque non plus, ça tient du miracle ! En fait j'aurais pu continuer un mois de plus, si j'avais eu le temps et le budget.

Il faut dire que quelques mois avant le départ j'ai trouvé un peu par hasard une bonne selle sur laquelle je suis confortablement assis, et j'ai aussi passé pas mal de temps à tester des réglages en avance et en hauteur. Il est très important de consacrer du temps à tweaker sa monture afin de trouver une bonne posture. Par exemple je pense que mes douleurs aux articulations des genoux étaient du à une selle trop haute tout simplement.

Allez, j'ai tout de même eu des "bobos" durant le voyage mais ils sont entièrement de ma faute :

  • Des coups de Soleil les premiers jours, car j'étais réfractaire à utiliser de la crème solaire (je déteste ça). J'avoue que je ne m'attendais pas à "cuire" autant en allant vers le nord mais le Soleil est vraiment agressif. Par la suite, j'ai utilisé de la crème solaire, au moins le temps de finaliser mon bronzage et atteindre des contrées où le Soleil cogne moins.
  • Un coup de pédale derrière le tibia alors que je marchais à côté de mon vélo. Résultat: de multiples plaies (comme une trace de morsure) et une zone de la chair exposée à vif. Je me suis acheté du spray désinfectant en pharmacie et des pansements pour la nuit. Et rebelotte quelques jours après, je me suis remis un coup de pédale au même endroit 😣.

Sinon j'ai perdu 5 kg 😁

Météo

J'ai toujours été chanceux lors de mes voyages et là encore j'ai eu un temps estival très favorable. Il n'y a qu'une ou deux journées où j'ai roulé sous la grisaille avec quelques gouttes de pluie, mais je n'ai pas pris de trombes d'eau ni d'orage en pleine route. Les nuits au camping ont été plutôt douces et malgré mon équipement léger je n'ai absolument pas eu froid.

En fait la météo a été tellement clémente qu'à l'inverse j'ai souffert du Soleil et de la chaleur les premiers jours, au point qu'à Rotterdam j'ai du me cacher à l'ombre comme un vampire car la lumière me chauffait les mollets. J'ai du aussi emporter beaucoup d'eau et je finissais malgré cela systématiquement déshydraté (pas de pause pipi la journée).

La chaleur et l'agressivité du Soleil se sont estompés au fur et à mesure de mon voyage, car il fait quand même beaucoup moins chaud quand on va vers le nord. Dans les journées les plus chaudes en Suède, j'ai du culminer à 31°c grand maximum, alors que la France subissait des températures caniculaires plus élevées. Avec mon bronzage à point je n'avais plus besoin de crème solaire au Danemark et en Suède.

Trajet et expérience

Mon premier jour a mis en valeur 3 points qui seront récurrents tout au long du voyage:

  • Les frontières n'existent pas physiquement, il n'y a pas de panneau, pas de drapeau, rien. C'est une déception pour moi qui espérait prendre des photos à l'entrée de chaque pays !
  • J'ai toujours le vent de face.
  • Les chemins cyclables sont régulièrement fermés pour cause de travaux, et aucune déviation n'est proposée (grrrr), sauf aux Pays-Bas.

Belgique 🇧🇪

Villes / sites touristiques : Oudenaarde, Gand.

La Belgique m'a vraiment surpris de part la qualité de ses infrastructures cyclables ! Quel plaisir de rouler sur des itinéraires sécurisés et tranquiles, d'autant que les paysages sont très plats. Je suis presque déçu de l'avoir traversé en 1 jour et demi et d'avoir seulement pu visiter Gand. Bien que proche de la France, j'ai rapidement du m'habituer à l'anglais et au néerlandais :)

Gand est une ville touristique sublime qui vaut le détours, pour ses canaux et son architecture historique. De plus elle dispose d'infrastructures cyclables dédiées qui offrent de sacrés raccourcis par rapport aux voitures, c'est qualitatif !

gand
Gand, ses canaux, ses bâtiments historiques, et ses touristes.

La frontière nord entre la Belgique et les Pays-Bas est assez floue puisqu'en plus de la langue néerlandaise on croise aussi beaucoup de cyclistes dans les petits villages de campagne.

Pays-Bas 🇳🇱

Villes / sites touristiques : les barrages sur l'Escaut oriental, Middelburg, Rotterdam, Kinderdijk, Utrecht, Giethoorn.

Les Pays-Bas sont presque un lieu de pèlerinage pour les cyclistes, il fallait absolument que je m'y rende 😄 et je ne regrette pas. Outre les paysages magnifiques et les gens très sympa, la circulation à vélo y est un véritable plaisir. Dites vous par exemple que l'ensemble des barrages sur l'Escault oriental / Mer du Nord offrent autant d'espace physique aux vélos qu'aux voitures pour la traversée, c'est quand même royal !

traversée aux pays bas
Les voitures ont presque moins de place que les vélos !

Je pense aussi à Rotterdam où je n'ai quasiment jamais mis les roues sur la même route que les voitures. Et bien sûr, on ne roule jamais seul, toutes les voies cyclables sont très utilisées; difficile de trouver un coin tranquille pour un arrêt pipi 😄 Par contre il faut savoir que les scooters ont le droit de rouler sur les pistes cyclables, c'est un peu dommage.

Les moulins de Kinderdijk étaient probablement l'attraction à ne pas manquer sur mon trajet, et ça valait vraiment le coup ! Surtout qu'au départ de Rotterdam il y a le waterbus qui permet de s'y rendre directement, c'est très appréciable. Au dela de Kinderdjik, la région comporte de nombreuses petites routes pépères et patelins mignons, au milieu des marais et prairies, ce qui en fait là encore une région agréable pour rouler.

Kinderdijk
Un des moulins de Kinderdijk.

Giethoorn, parfois qualifié de "Venise des pays bas", est un autre site touristique immanquable car il s'agit d'un village traversé par des canaux et ayant pour particularité d'être (presque totalement) sans voitures, on ne peut y circuler qu'à pied ou à vélo (pas facile avec la foule). Par contre il y a de très nombreux bateaux à moteur qui font autant de bruit que des mobylettes, j'y ai eu droit jusqu'à 23h30 au camping au bord de l'eau 🙁 Sachez aussi que l'endroit est extrêmement touristique au point d'avoir des bouchons sur les canaux, et les visiteurs viennent du monde entier (même d'autres continents).

Giethoorn
Giethoorn au matin, sans les touristes.

Les Pays-Bas m'ont laissé un très bon souvenir et j'étais presque triste de devoir continuer mon voyage et changer de pays 🥲.

Allemagne 🇩🇪

Villes / sites touristiques : Brême, Hambourg.

Si je devais résumer mon passage en Allemagne en un mot : speedrun. J'ai pris un itinéraire très direct pour gagner du temps sur mon périple et j'ai enchaîné 3 journées à plus de 120 km chacune ! C'était intense mais je suis fier d'avoir vaincu ces étapes.

Un point qui m'a marqué est que les Allemands ne parlent pas du tout anglais, ils y sont totalement imperméables. J'ai donc du faire usage d'applications de traduction et redoubler d'effort pour apprendre des mots simples (ne serait-ce que pour être poli au supermarché). Et d'ailleurs, si vous avez appris "Guten tag" pour dire "bonjour" en cours d'Allemand et bien sachez que je n'ai jamais entendu cette phrase 😄 j'ai majoritaire eu droit à "Hallo" ou "Guten morgen" (le matin).

Breme
Brême.

Bien que mon trajet ne passe pas vraiment par des endroits touristiques, j'ai tout de même pu visiter Brême (avec ses cathédrales historiques mais aussi la statue des musiciens municipaux) ainsi que Hambourg qui pour le coup est vraiment immense ! Ce fut aussi mon point de départ pour un petit saut en bus (certains flixbus ont des racks pour transporter les vélos) afin de monter au nord du pays jusqu'à Flensburg et gagner quelques jours sur mon périple. J'aurais pu prendre le train, mais je n'ai rien compris au système de réservation de la Deutsche Bahn.

Hambourg
Hambourg.

Danemark 🇩🇰

Villes / sites touristiques : Ribe, Odense, Copenhague, Helsingør.

J'ai un excellent souvenir du Danemark même si dès le premier jour j'ai subit ma première crevaison et une météo pluvieuse 😅. Sur la partie ouest en remontant vers Ribe j'ai eu l'occasion de tremper les pieds (et les roues) dans la mer du nord pour la première fois de ma vie, ça parait idiot mais j'étais content ! Et j'ai aussi rapidement expérimenté le changement de monnaie en passant de l'euro à la couronne danoise (DKK).

Ribe (un petit village de charme) étant situé à l'ouest, et ma destination étant à l'est, je me suis donc lancé dans la traversée complète du pays. Sachez d'ailleurs que les paysages sont assez vallonnés, ça peut grimper, mais rien de bien méchant. Je n'étais juste plus habitué après 10 jours à rouler dans des pays plats 😁

Ribe
Les rues colorées de Ribe.

J'ai ainsi traversé Middelfart (magnifique) puis Odense. J'avais prévu une demi journée pour visiter cette ville, et je n'ai pas regretté ! J'ai eu l'occasion de faire entre autres le Tidens Samling, sorte de musée/exposition qui recréé des salons et chambres des années 1900 jusqu'aux années 2000. Il y avait bien sûr des ordinosaures dans la collection 😁 J'aurais aimé faire le musée des chemins de fer, mais il fermait trop tôt 😕

Odense
Odense.

Depuis Odense j'ai du prendre le train (pas le choix) afin de rejoindre la partie est du Danemark en traversant le grand Belt (il se franchit en voiture, train ou bateau, les vélos ne peuvent pas). J'ai ensuite roulé jusqu'à Copenhague où j'ai pu prendre une photo de la célèbre Petite Sirène, en me frayant un chemin parmi la foule de touristes.

La sirène de Copenhague
Une photo pirate, car la statue est sous copyright jusqu'en 2029. De rien.

Copenhague est une grande ville avec beaucoup de charme et des quartiers au design très variés. Il y a aussi de nombreux cyclistes mais malheureusement il est très compliqué de se garer, car les racks de stationnement pour vélo sont tous pleins à craquer. Alors que j'y suis passé le Lundi midi, il y avait vraiment beaucoup de monde.

Par la suite je suis remonté jusqu'à Helsingør afin d'y prendre le ferry, direction la Suède !

Anecdote impromptue : sur la route de Ribe à Middelfart, en sortant d'une épicerie, j'ai vu un vélo équipé d'un panneau solaire. Son propriétaire étant assis juste à côté, j'ai commencé à engager la conversation avec mon plus bel accent anglophone mais il m'a rapidement fait comprendre qu'il ne parlait pas anglais et qu'il était français 😁 Nous avons donc pu discuter, ainsi qu'avec sa femme peu après. Ce couple de retraités visait le Cap Nord, j'espère qu'ils y sont arrivés aujourd'hui !

Suède 🇸🇪

Villes / sites touristiques : Helsingborg, Norje, Kalmar, Västervik, Stockholm.

J'ai rapidement compris que la Suède n'est pas un pays plat, et les premiers jours ont été très intenses car ça grimpe ! Moi qui commençais à me plaindre de l'absence de challenge (même en roulant 120km par jour en Allemagne) j'ai été servi. Je me rappelle notamment de 3-4 jours plutôt difficiles et qui m'ont bien épuisé. Mais j'ai fini par m'habituer, ça fait même parfois du bien de vaincre une belle côte avec le vent de face ! Ah oui et encore un changement de monnaie avec la couronne suédoise (SEK).

fresque
Une magnifique fresque à Kristianstad.

J'ai passé une nuit à Norje, une petite ville qui accueille le Sweden Rock Festival, un cousin du Hell Fest 🤘 (1 ou 2 jours après la fin, donc tout était démonté). Ensuite j'ai continué ma traversée du pays jusqu'à la côte sud-est, pour rejoindre la Mer Baltique, puis je suis remonté en direction de Stockholm. Bien que l'itinéraire permette parfois de voir la mer, une bonne partie est quand même au loin en campagne.

Les aménagements dédiés aux vélos sont malheureusement très rares, on roule majoritairement sur la même chaussée que les voitures, et ça c'est fort dommage 😕 Je me rappelle même d'une section étroite et sans bande d'arrêt d'urgence qui était autorisée à 100 km/h pour les voitures, du coup j'ai préféré marcher dans l'herbe derrière la rambarde de sécurité (à peu près 2 x 400 m, ça va). Et enfin les automobilistes en SUV dans les villes sont particulièrement agaçants et impolis, au même niveau qu'en France, ça aussi c'est dommage. En dehors des villes, la Suède n'est pas vraiment un pays amical pour les vélos 😔.

Vers Karlshamn
La Baltique, vers Karlshamn.

L'étape qui m'emmenait à Kalmar m'a mis un bon coup de stress car la route que je comptais prendre n'existait plus, elle était en travaux, et mes cartes openstreetmap étaient complètement à la ramasse. Mais surtout il n'y avait plus de piste cyclable, je n'étais donc pas certain d'être autorisé à rouler en vélo (j'avais peur de me retrouver sur une autoroute ou similaire). Donc j'ai fait un gros détours pour éviter cette section, ce qui m'a fait perdre un peu de temps, mais c'est l'aventure. C'est juste dommage qu'encore une fois les travaux se foutent royalement des vélos 😔.

Kalmar castle
Château de Kalmar au coucher de Soleil.

Bien que j'ai pris beaucoup de plaisir à rouler sur les routes sinueuses au cœur des forêts de pin, sur la côte j'ai été un peu déçu de mon passage à Kalmar, probablement parce que j'y suis arrivé durant le "midsummer day", un jour férié, un vrai, tout était fermé. En revanche, plus au nord, j'ai beaucoup aimé Västervik, une ville très mignonne qui marque l'arrivée dans des paysages sublimes (les forêts qui descendent dans l'eau).

Västervik
Västervik.

Je me suis retrouvé à plusieurs occasions à rouler dans des chemins en plein milieu de la forêt, et à chaque fois j'étais surpris de voir des maisons habitées en plein milieu de nulle part, et d'y croiser des véhicules. Les chemins sont d'autant plus impressionnants que les vues satellites montrent bien qu'il n'y a que de la forêt tout autour 😆 sur des dizaines voire centaines de kilomètres selon la direction. Mais du moment que le GPS fonctionne et qu'il me reste de l'eau et des chambres à air, tout va bien !

Solvesborg
Une cabane au bord de l'eau.

Comme souvent quand je voyage à vélo, le dernier jour fut marqué par la pluie, même si cette fois c'était uniquement le matin ! Ainsi j'ai replié ma tente sous une grosse averse et j'ai embarqué beaucoup d'épines de pins qui collaient à la toile en raison de l'humidité.

Une fois arrivé à Stockholm, quel pied ! Un trajet de 24 jours, 2225 km, et l'aboutissement d'une grande aventure. Honnêtement j'aurais adoré continuer si j'avais eu un budget illimité et plus de vacances, car je me sentais encore en forme. Madame Utux m'a rejoint et nous avons pu faire un peu de tourisme. Bien que la Suède fasse le minimum syndical pour les vélos, son climat, ses habitants et ses paysages atypiques m'ont laissé un excellent souvenir.

Stockholm
Stockholm

Stockholm une ville sublime qui mérite d'y consacrer plusieurs jours de visite. Gamla Stan est le centre historique incontournable pour les touristes, et il y a également de nombreux endroits à visiter comme le palais royal et le Musée Nobel.

Mais ce n'est pas tout, car dans la partie Est (accessible à pied, en tram ou en ferry) se situent le Musée ABBA (le groupe) et le Musée Vasa. Le premier étant trop cher à mon goût, j'ai choisi le second, et je ne regrette pas. Le Musée Vasa est un immense bâtiment qui expose l'épave renflouée du Vasa, un navire de guerre royal ayant coulé en 1628 peu après son inauguration. Il a été renfloué au milieu du XXe siècle dans un excellent état. Le musée expose aussi diverses pièces et maquettes, c'est à voir !

Retour du vélo en France

J'ai commencé ce voyage sans savoir comment j'allais renvoyer mon vélo en France. En recherchant sur internet et sur reddit, la solution qui revenait souvent était d'empaqueter le vélo dans une boîte en carton (les boutiques de vélo en donnent) et de la mettre en soute dans l'avion. Sauf que moi je n'avais pas prévu de rentrer directement et je devais prendre le train et le bus, il fallait donc que je renvoie mon vélo par un autre moyen.

Sur place, la première étape fut donc de trouver une boîte en carton, et ce fut plus compliqué que prévu, j'ai littéralement visité une douzaine de boutiques dans Stockholm (heureusement c'est pas très grand) avant d'en trouver une, et elle était immense ! Il y avait de quoi y mettre mon vélo en entier, sans démontage. Ensuite, j'ai du trouver un transporteur pour l'expédier. J'ai commencé par solliciter PostNord (la compagnie des pays nordiques) mais ils ont refusé mon colis car il mesurait 164 cm or ils acceptent 150 cm maximum 😒 Je me suis donc rabattu sur UPS, mais le problème est qu'ils n'ont pas de centre logistique en ville (ou du moins j'ai pas trouvé), seulement des points relais qui ne voudront sûrement pas de mon colis énorme.

Heureusement, l'hôtel dans lequel nous logions m'a sauvé la vie : ils m'ont proposé gentillement de garder mon colis jusqu'à ce qu'Ups vienne le récupérer, ils m'ont même imprimé le bon d'envoi. Au final, j'ai récupéré mon vélo chez moi en France, en bon état ! Le transport du vélo m'aura coûté ~€150, c'est cher, la prochaine fois je passerai par des intermédiaires comme Ship To Cycle qui semble négocier de meilleurs tarifs (j'ai eu un devis, mais il a pris trop de temps à arriver, il faut prévoir plusieurs jours avant).

Astuces pour voyager

  • Pour payer dans d'autres devises que l'euro, si votre banque prend des frais, n'hésitez pas à ouvrir un compte secondaire sur une banque en ligne. Transférez un peu d'argent dessus, puis utilisez la nouvelle CB sans frais. Emmenez quand même l'autre au cas où.
  • Vérifiez que le roaming est activé sur votre téléphone et sur votre forfait, pour pouvoir utiliser la 4G à l'étranger (assurez-vous que c'est compris dans votre forfait, mais c'est le cas pour Sosh pour exemple).
  • Si vous logez en périphérie d'une ville, n'hésitez pas à prendre le bus ou le tram pour vous déplacer et visiter un peu le soir (sans le vélo bien sûr). Il est même parfois possible de payer en CB directement sur l'appareil de compostage à l'intérieur (c'est le cas à Gand et à Rotterdam par exemple, mais pas à Hambourg). Si ce n'est pas possible, téléchargez l'application qui va bien pour acheter un ticket.
  • Certains terminaux de paiement et distributeurs de billets vous proposent de payer en Euro ou dans la devise locale (DKK par exemple), choisisez toujours la devise locale !. En fait la finalité est la même - vous payez le commerçant en DKK, mais en choisissant l'Euro vous ajoutez un prestataire dans la boucle qui va prendre sa commission pour faire la conversion. C'est absolument inutile et votre banque sait déjà le faire ! Évitez aussi les bureaux de change qui prennent une commission indécente.
  • Dans le même genre, si un distributeurs de billets vous propose un taux de change, il faut systématiquement refuser. Cela revient encore une fois à mandater un prestataire pour la conversion, et les frais sont énormes. En refusant ce taux, vous pouvez quand même retirer de l'argent. Notez qu'il y a parfois des frais fixes inévitables (qu'on accepte la conversion ou non) mais cela dépend des distributeurs.
  • La monnaie est inutile dans les pays que j'ai visité, tous les paiements se font en CB. Ne retirez pas systématiquement de l'argent, d'autant que beaucoup de distributeurs prennent des frais.
  • L'eau n'est pas toujours gratuite dans les restaurants 😕, les toilettes ont un accès par code, et si vous faites du camping sachez que l'eau chaude est rarement incluse, c'est en supplément.

Pour cette histoire de taux de conversion sur les terminaux de paiement et distributeurs, voir cette vidéo: How ATM Can (AND WILL) Trick You When Traveling.

Impressions & Conclusion

Quelle aventure et quel dépaysement ! J'ai fait 5 pays que je ne connaissais pas, appris des mots dans 4 langues différentes, payé avec pas moins de 3 devises différentes... et plus je montais vers le nord, plus les nuits étaient courtes. Ainsi, en Suède le Soleil se levait à 4h00 🌞 donc autant dire qu'à 3h30 il faisait déjà jour et c'était vraiment perturbant (en plus les oiseaux se mettent à chanter).

J'ai entendu des mots communs assez similaires dans toutes les langues, par exemple le "Hello" ou "Hi" qui s'écrivent différemment mais se prononcent de la même manière, ou encore le "dank" (néerlandais) qui devient "tak" (danemark) puis "tack" en Suède.

Sur un plan plus personnel, ce voyage m'a permis de grandir. Moi qui avais toujours eu peur de voyager à l'étranger, je n'ai eu aucun problème à m'adapter et j'ai pris beaucoup de plaisir à partir si loin. Je suis quasiment certain que mes prochains périples à vélo ne seront plus jamais en France car il y a énormément de choses à voir dans les autres pays. J'essaierai simplement de mieux m'y prendre pour le transport du vélo !

Précédents voyages

OpenBSD + httpd: marrant, mais trop limité

Rédigé par uTux 2 commentaires

J'aime bien OpenBSD. Malgré sa réputation de vieux système Unix implacable sur la sécurité, il est d'une simplicité déconcertante, cohérent, et bien documenté. Un inconvénient tout de même était la difficulté d'installer les mises à jour (il fallait télécharger et décompresser soi-même les sets, ou booter sur un CDROM) mais ce point a enfin été résolu avec syspatch et sysupgrade. Mettre à jour OpenBSD est désormais aussi simple que n'importe quelle distribution Linux !

Sachez qu'il est possible d'installer OpenBSD chez hetzner, car l'hébergeur fournit un accès kvm (même sur les serveurs virtuels à bas prix) et permet de piocher dans une bibliothèque d'ISOs bootables. NixOS, Arch, FreeBSD, ... et OpenBSD. Un gros +1 pour Hetzner qui laisse cette liberté aux utilisateurs (et en plus ils ont un provider Terraform, si ça c'est pas qualitatif...).

J'ai donc installé un petit serveur OpenBSD afin d'héberger 1 ou 2 sites statiques pour un side project. Le but était surtout de m'amuser et utiliser httpd, le serveur web builtin de ce système d'exploitation.

Commençons par parler des points positifs. OpenBSD et httpd sont très simples à configurer, la lecture des manpage est presque suffisante en soit, alors que pour Linux je commence toujours par regarder des exemples, avant d'attaquer la documentation. Un client acme est également intégré dans le système, il n'y a rien besoin d'installer pour se générer des certificats Let's Encrypt. Et... c'est à peu près tout. Je pourrais dire que httpd est léger et sécurisé, mais quand il s'agit de servir des contenus statiques, c'est à peu près toujours le cas.

Passons maintenant aux points négatifs. Tout d'abord, il y a cette blague (pas drôle) des messages d'erreur en Comic Sans MS (et oui) dont on peut heureusement se débarrasser, au prix d'une petite bidouille. Mais ça ce n'est pas grand chose, car le plus gros problème avec httpd selon moi, c'est qu'il ne fait vraiment pas grand chose, à part servir des pages web. Par exemple il n'est pas possible de spécifier de Header set Cache-Control "max-age=604800, public", qui permet d'indiquer aux navigateurs qu'ils doivent mettre en cache les ressources statiques. Et ça se ressent fortement sur le temps de chargement de vos pages.

En fait, httpd a besoin d'être complété par relayd, un reverse-proxy beaucoup plus complet. Le problème est que sa configuration est un poil plus complexe, et que ça m'ennuie un peu d'avoir un reverse-proxy sur la même machine tout ça pour ajouter un simple header dans les réponses. Au final, je suis resté sur du 100% httpd, sans le cache, et mes sites ont du se contenter de performances honorables mais pas optimales.

Aujourd'hui l'expérience est terminée, et j'ai re migré mes sites statiques vers NixOS + Apache.

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