Le Blog Utux

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Ah oui, on peut refaire Unity facilement avec GNOME 3

Rédigé par uTux 4 commentaires

Lorsque que Canonical a annoncé l'abandon de Unity, j'ai dit que c'était dommage car cette interface était intéressante et proposait une alternative à ce qui existe à côté. Mais à côté de cela j'ai cru comprendre qu'il était facile de refaire la même chose avec GNOME 3 et quelques extensions. Et en effet, c'est possible:

Il s'agit d'une capture d'écran réalisée sur openSUSE Tumbleweed en version GNOME bien entendu, avec les modifications suivantes:

  • Extension Alternatetab (aperçu des fenêtres lors du ALT+TAB, de base on ne voit que l'icône).
  • Extension Dash to dock (le dock, personnalisable).
  • Extension Topicons Plus (systray).
  • Gnome tweak (inclus dans GNOME) pour remettre les boutons de miniaturisation et maximisation sur les bordures de fenêtres.
  • Nemo qui remplace Nautilus, un peu plus personalisable.
  • (et le wallpaper mais vous l'avez déjà remarqué).

Il manque encore certains éléments mais je pense qu'il est possible d'y remédier:

  • Un thème d'icônes et de fenêtres plus colorés.
  • Un gestionnaire de bureaux virtuels visible directement permettant de switcher rapidement sans devoir entrer dans le menu activités.
  • Des bordures de fenêtre moins épaisses.

L'orientation de Canonical vers GNOME permettra donc à Ubuntu de conserver son identité visuelle tout en s'épargnant énormément de développement redondant avec ce qui existe déjà (une habitude pour la firme). J'attends avec impatiente de voir ce que va donner Ubuntu 17.10.

Pour le lolz: KDE3 (Trinity desktop)

Rédigé par uTux 7 commentaires

Pour la rigolage, installons Trinity Desktop, continuation de KDE3, sur Debian :

TDE

Ça fonctionne plutôt bien, les paquets ont été correctement renommés pour ne pas entrer en conflit avec ceux de KDE5, par exemple konqueror-trinity donc la cohabitation se passe bien. Cette capture d'écran nous rappelle à quel point KDE3 était une usine à gaz et un foutoir, avec un sous-menu "Internet" déjà saturé lors de l'installation ou encore la présence d'éléments redondants: est-il nécessaire d'avoir des sous-menu Settings, System, Utilities, Trinity Control Center, System Menu ? Naviguer dans mes fichiers avec Konqueror, c'est pas la joie, Dolphin (arrivé avec KDE4) est bien meilleur.

Il est amusant de noter que MATE, continuation de GNOME2 est un projet vivant et fournit dans quasiment toutes les distributions alors que TDE est clairement mal aimé. Le projet n'est certes pas abandonné mais aucune distribution ne l'intègre, probablement parce que la transition de KDE3 à KDE4 fut assez logique et naturelle pour les utilisateurs, contrairement à GNOME3.

Passer de KDE3 à KDE4 c'est un peu comme échanger le bureau de Windows XP par celui de Windows 7, certes on peut râler parce que c'est un peu plus lourd, mais c'est aussi plus moderne et surtout on l'utilise quasiment de la même façon, nos habitudes ne sont pas brisées.

Je suis curieux de savoir s'il y a des utilisateurs de TDE... si c'est le cas manifestez-vous ;)

Un bureau distant sous Linux ?

Rédigé par uTux 8 commentaires

Quelle solution existe-t-il pour ouvrir une session à distance sur Linux ? Une sorte de RDP-like.

  • ssh -X est foireux, enfin non il fonctionne bien mais il charge le bureau distant dans mon bureau actuel et mélange tout (il écrase notamment le xfce panel).
  • Nomachine par le passé c'était bien, c'était facile, aujourd'hui c'est devenu l'usine à gaz et je n'arrive même pas à me connecter. En plus c'est propriétaire et pas upstream.
  • VNC c'est de la merde, c'est lent, c'est moche, ça passe mal les pare-feu, c'est pas chiffré, c'est sujet aux problèmes de keymap, c'est exclu d'office.

Reste-t-il une solution que je n'ai pas essayé ? A la limite ssh -X me parait le plus prometteur mais il faudrait pouvoir contenir le bureau distant dans une fenêtre pour éviter d'écraser l'environnement en cours.

Je suis ouvert aux suggestions.

Vivre avec MATE

Rédigé par uTux 4 commentaires

Je lis parfois que l'environnement de bureau MATE va mourir parce qu'on ne peut pas faire vivre indéfiniment une vieille techno et parce qu'en face il y a KDE, GNOME et Cinamon qui sont beaucoup plus modernes, etc etc. Mais d'où vient cette idée ? Le projet est toujours vivant et si on en croit les notes de version de la 1.18, le portage vers GTK3 a même été terminé. Et puis qu'y a-t-il besoin de moderniser ? MATE est un fork de GNOME2 donc 15 ans d'expérience et de peaufinage, ça tourne au poil et il ne manque vraiment pas grand chose. Allez en cherchant on va dire que MATE supporte mal le hidpi mais je n'en ai pas besoin.

Après 11 ans d'utilisation de Linux les bureaux qui réinventent la roue sans arrêt me laissent de marbre. Regardons ce qu'on a en face de MATE :

  • GNOME3 et ses utilisateurs qui se masturbent sur les nouvelles fonctionnalités à chaque version même s'il ne s'agit que de réimplémentation de choses qui ont été supprimées avant parce que les développeurs ont décidé que c'était mieux pour vous.
  • KDE qui repart de zéro presque tous les ans mais subit les mêmes tares, qui considère que LTS = 1 an et qui s'en-tête à coder des milliers de logiciels que personne n'utilise : KMail, KOffice, Konqueror et la liste pourrait s'allonger.
  • LXDE déclaré mort au profil de LXQT. Sauf que LXQT c'est vraiment pas stable ni même proposé sur toutes les distributions contrairement à LXDE. C'est un environnement moins austère qu'il n'y parait et il constitue une bonne solution de secours quand même Xfce se révèle trop lourd pour votre machine.
  • Xfce dont on annonce la mort chaque année mais qui vit toujours. Il constitue une excellente alternative à MATE même si je regrette un peu le manque d'homogénéité des logiciels. Xubuntu est l'une des meilleures distributions desktop, à mon sens.

Ayant fait le tour des environnements j'en reviens toujours à MATE, Xfce et LXDE que je trouve stables, efficaces et léger. Leur ancienneté ne constitue pas une dette technique, un poids dont on essaie de se débarrasser, ils sont au contraire une solide base pour tous les vieux cons comme moi.

NixOS : la distribution déclarative

Rédigé par uTux Aucun commentaire

Si vous êtes familier avec l'écosystème des distributions Linux, vous avez probablement levé un sourcil (comme Teal'c) en lisant ce titre car vous les connaissez toutes, vous avez touché à tous les gestionnaires de paquet, vous avez utilisé debian et gentoo, en bref vous avez fait le tour et plus rien ne nous surprend.

Et pourtant, bien que NixOS soit une distribution assez ancienne (2003) elle dispose de nombreux atouts inédits passés plutôt inaperçus jusqu'à présent.

NixOS logo

La configuration déclarative centralisée

Ce que je trouve le plus intéressant dans NixOS, c'est la configuration centralisée dans un unique fichier. En effet si vous avez déjà travaillé sur des routeurs ou diverses appliances, vous avez remarqué que l'on peut souvent importer et exporter la configuration sous forme de texte assez facilement, cela rend la maintenance très facile. Sous NixOS c'est le même principe, mais en plus puissant puisqu'on peut rollback voire booter sur une ancienne configuration depuis grub. Exemple de configuration d'un serveur MariaDB :

/etc/nixos/configuration.nix

{ config, pkgs, ... }:

{
  imports =
    [ # Include the results of the hardware scan.
      ./hardware-configuration.nix
    ];

  # Use the systemd-boot EFI boot loader.
  boot.loader.systemd-boot.enable = true;
  boot.loader.efi.canTouchEfiVariables = true;

  networking = {
    hostName = "mariadb";
    nameservers = [ "192.168.0.31" ];
    defaultGateway = "192.168.0.254";
    interfaces.enp0s3.ip4 = [
      {
        address = "192.168.0.41";
        prefixLength = 24;
      }
    ];
  };

  # Select internationalisation properties.
  i18n = {
    consoleFont = "Lat2-Terminus16";
    consoleKeyMap = "fr";
    defaultLocale = "fr_FR.UTF-8";
  };

  # Set your time zone.
  time.timeZone = "Europe/Paris";

  # List packages installed in system profile. To search by name, run:
  # $ nix-env -qaP | grep wget
  environment.systemPackages = with pkgs; [
    git
    htop
    sudo
    tree
    vim
  ];

  # Services
  services = {
    openssh = {
      enable = true;
      permitRootLogin = "yes";
    };
    mysql = {
      enable = true;
      package = pkgs.mysql;
      extraOptions = ''bind-address=0.0.0.0'';
    };
  };

  # Open ports in the firewall.
  networking.firewall.allowedTCPPorts = [ 22 3306 ];
  # networking.firewall.allowedUDPPorts = [ ... ];

  # Define a user account. Don't forget to set a password with ‘passwd’.
  users.extraUsers = {
    utux = {
      isNormalUser = true;
      extraGroups = [ "wheel" ];
    };
  };

  # The NixOS release to be compatible with for stateful data such as databases.
  system.stateVersion = "17.03";

}

/etc/nixos/hardware-configuration.nix

# Do not modify this file!  It was generated by ‘nixos-generate-config’
# and may be overwritten by future invocations.  Please make changes
# to /etc/nixos/configuration.nix instead.
{ config, lib, pkgs, ... }:

{
  imports = [ ];

  boot.initrd.availableKernelModules = [ "virtio_pci" "ahci" "xhci_pci" "sr_mod" "virtio_blk" ];
  boot.kernelModules = [ ];
  boot.extraModulePackages = [ ];

  fileSystems."/" =
    { device = "/dev/disk/by-uuid/78634ba0-11d1-4f91-85ae-ac2ee247c387";
      fsType = "xfs";
    };

  fileSystems."/boot" =
    { device = "/dev/disk/by-uuid/019A-1A05";
      fsType = "vfat";
    };

  swapDevices =
    [ { device = "/dev/disk/by-uuid/075a27eb-5656-4b57-b186-73a6d86e5e5c"; }
    ];

  nix.maxJobs = lib.mkDefault 1;
}

Comme vous le voyez, le fichier configuration.nix contient toute la configuration, incluant les services tiers tels que mariadb dans notre cas. Cela va donc encore plus loin que le /etc/rc.conf sur FreeBSD/NetBSD/OpenBSD qui centralise déjà pas mal de choses. Le fichier hardware-configuration.nix lui est généré automatiquement il n'y a pas besoin d'y toucher et il est plus ou moins unique par serveur.

Pour générer et appliquer la configuration :

nixos-rebuild switch

Pour mettre à jour le système :

nixos-rebuild switch --upgrade

Puis un petit mysql_secure_installation la première fois pour préparer notre SGBD.

Ce qu'il reste à faire en dehors du configuration.nix, c'est la définition des mots de passe, avec passwd et bien sûr la gestion des données persistantes (les bases de données pour mariadb par exemple).

Nix, gestionnaire de paquets fonctionnel

Je vais être un peu plus prudent sur ce point, car étant encore en phase de découverte de NixOS, je ne connais pas encore très bien le gestionnaire de paquets Nix. Cependant, à la différence des gestionnaires classiques tels que apt, yum ou pacman, il ne se contente pas d'aller chercher des paquets pour les décompresser. Chaque version de chaque paquet est installé dans une arborescence /nix/store/{identifiant unique}, du coup plusieurs versions peuvent cohabiter ensemble et les mises à jour n'écrasent rien. Il est possible également pour les utilisateurs d'installer des paquets pour leur environnement (non-root) uniquement.

Mon avis

J'ai mis un serveur NixOS en test et il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Mais j'aime l'idée de configuration centralisée déclarative, car la configuration classique des systèmes Linux n'est pas toujours simple à maintenir : Docker, Ansible, NixOS : le savoir (re)faire.

Si je dois citer deux inconvénients à NixOS : elle prend de la place (1,6GB à l'installation avec MariaDB) et elle nécessite au moins 1GB de RAM pour s'installer sous peine de voir oomkiller tuer nixos-install... elle peut cependant tourner avec 256MB par la suite.

NixOS nous montre qu'une distribution Linux ce n'est pas seulement un éinième fork de Ubuntu avec un wallpaper personalisé, ou encore une guerre de gestionnaire de paquets (dnf/apt), il existe encore de l'innovation et rien que pour cela elle mérite le coup d’œil.

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