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Canonical abandonne Unity

Rédigé par uTux 1 commentaire

Mark Shuttleworth annonce l'abandon d'Unity (LinuxFR).

Mouarf. Il y a quelques temps je me plaignais de ne pas avoir assez d'inspiration pour écrire, alors que maintenant je dirai presque qu'il y a trop de sujet sur lesquels j'ai envie de troller réagir.

Je trouve cela dommage car même s'il y a à mon sens pas mal de bugs, Unity est un excellent environnement qui arrive à proposer des choses intéressantes sans pour autant casser les habitudes des gens. Je trouve d'autant plus dommage de choisir GNOME comme futur environnement et je ne comprends pas ce choix, car ce qui plaît aux débutants et à un large public en général, c'est Linux Mint et son bureau Cinamon. Peut-être était-ce un choix par défaut étant donné qu'il existe déjà des variantes officielles pour tous les bureaux alternatifs (kubuntu, xubuntu...).

Au final je ne sais pas trop quoi penser, j'y vois un choix pragmatique, Ubuntu sacrifie son identité au profil de l'efficacité et cela ne présage rien de bon. J'espère que la distribution saura rebondir et nous convaincre que Canonical est toujours en bonne santé.

EDIT : Mir abandonné aussi... bon ça je m'y attendais, ce projet avait de moins en moins de sens et de plus en plus de retard.

A quoi ressemble Ubuntu dans Windows 10 ?

Rédigé par uTux 2 commentaires

Depuis la mise à jour anniversary de Windows 10, il est possible d'installer un sous-système ubuntu 14.04 et de lancer bash (et d'autres logiciels), ça ressemble à ça :

Impressionné ? Non ? Moi non plus, on a déjà vu ça avec Cygwin (qui existe depuis 1995 d'après Wikipedia), la différence est que c'est supporté par Microsoft et que l'on a accès aux dépôts de ubuntu. Et comme il s'agit de la 14.04, pas de systemd, dommage cela aurait pu donner lieu de bons à trolls.

Tous ces efforts de Microsoft pour se rapprocher de Linux montrent à quel point ils sont largués. Bien que Windows soit solidement implanté dans le grand public (grâce à la vente liée) et le monde professionnel (A.D, Exchange qui sont plutôt de bons outils) c'est toujours Linux qui est en tête sur les serveurs présents sur internet (web et messagerie pour ne citer que deux domaines). En tant que sysadmin je ne peux pas faire mon métier depuis Windows, cet OS n'est pas conçu pour cela : où sont dig, tcpdump, ssh , grep ? Et pourquoi est-ce que je choisirais IIS qui nécessite d'acheter une licence Windows Server ainsi qu'une machine correctement dimensionnée (gros CPU, 4GB de RAM, 80GB de disque) tout ça pour avoir moins de souplesse et de performances que Debian + Nginx qui tiennent sur 256MB de RAM et 8GB de disque ?

Dans le monde du devops, là encore Microsoft est à la ramasse. Par exemple Ansible et Docker sont des outils libres, gratuits, communautaires, documentés et simples qui ont le vent en poupe et s'appuient sur des composants qui n'existent pas sur Windows : ssh pour le premier, les containers pour le second. Et c'est génial.

En conclusion ce sous-système ubuntu dans Windows ne révolutionne rien mais vient combler un manque de Windows et il en avait grandement besoin. Reste à voir comment il se comporte et s'administre, avec le temps.

Canonical, c'est comme Microsoft, mais en lowcost

Rédigé par uTux 17 commentaires

Voilà un slogan qui va bien à Canonical et qui décrit les problèmes de qualité sur Ubuntu desktop.

Ils ont en particulier des soucis avec nm-applet, vous savez le petit applet réseau dans le systray. Outre le fait qu'il plantait quasiment tous les jours les premiers mois après la sortie de la 16.04LTS (il a bien fallu 4 mois pour que ce soit corrigé), suite à une mise à jour ce dernier m'affiche aujourd'hui n'importe quoi.

Les réseaux WiFi ont disparu... et pourtant je suis connecté quand même :

Plus aucun réseau WiFi listé, et pourtant je suis bien connecté.

Ce n'est pas la première fois que je tombe sur ce genre de coquille, c'est systématique, et c'est toujours chez Ubuntu. J'ai en parallèle une debian testing depuis 2 ans et je n'ai jamais rien vu de tel.

Ubuntu 16.04 est une LTS, vous pouvez me rétorquer que ça veut pas dire que c'est stable mais qu'il y a du support plus longtemps, mais si, désolé, ça devrait être stable. LTS c'est ce que Canonical recommande aux entreprises et aux utilisateurs exigeants. Il ne devrait pas y avoir ce genre de bug. Imaginez un peu si Microsoft pétait le réseau dans Windows 10 suite à une mise à jour, le tollé que ce la provoquerait.

D'après les chiffres Steam (que je trouve un peu plus représentatifs que distrowatch) ubuntu est la distribution la plus utilisée avec 30% des utilisateurs. Cela veut dire qu'on véhicule une image d'un Linux pas stable, avec des défauts de contrôle qualité, et une précipitation ridicule pour sortir dans les temps à tout prix.

N'installez pas Ubuntu à votre entourage, installez Debian, la seule, l'unique distribution qui devrait avoir le droit de représenter Linux et son écosystème. Les versions un peu datées des logiciels ne sont souvent pas un problème et peuvent au pire se contourner avec les backports. Tant que Canonical ne changera pas de politique concernant le rythme de sortie des version de Ubuntu, il restera beaucoup trop de bugs inacceptables pour les utilisateurs auxquels cette distribution s'adresse.

FreeNAS 9.10 : jouons avec bhyve et iohyve

Rédigé par uTux Aucun commentaire

J'adore FreeNAS parce que c'est du FreeBSD bien exploité (zfs + jails) et mis en forme proprement au travers d'un webui. J'en parle un peu plus dans cet article et vous encourage toujours à mettre votre NAS propriétaire synlogy et compagnie à la décharge pour vous acheter un vrai serveur digne de ce nom.

FreeNAS 9.10 est disponible depuis peu et se base sur FreeBSD 10.3 ce qui nous amène bhyve, l'hyperviseur concurrent à qemu-kvm très prometteur qui nous permet de faire tourner des VM Linux (entre autres) en plus des jails. Même si cette feature est encore considérée comme expérimentale par FreeNAS, elle est tout même documentée.

FreeNAS fournit l'outil iohyve qui s'inspire de iocage et s'appuie fortement sur zfs. iohyve est génial parce qu'il est non seulement simple à utiliser mais en plus très intuitif car on retient rapidement les commandes. Notez que dans FreeNAS 10 bhyve sera présent dans le webui, pour le moment il faut encore y aller à la main ;)

/!\ Avertissement /!\

Il ne faut pas modifier les fichiers système de FreeNAS, car non seulement ils seront écrasés lors de la prochaine mise à jour, mais en plus ils risquent d'interférer avec le webui. Par exemple au lieu de modifier le /etc/rc.conf on va plutôt aller dans la section tunables qui est prévue à cet effet. On installe pas non plus de paquets avec pkg. Toutes les manipulations du paragraphe suivant font appel à des outils déjà présents qui travaillent dans le zpool contenant les données.

Installation d'une VM ubuntu-server-16.04

La première chose à faire est de configurer iohyve, il va créer ses dataset ainsi que le bridge si celui-ci n'existe pas déjà. Notez que la manipulation n'écrase pas vos dataset ou votre zpool, ne vous embêtez pas à en faire un autre. Dans l'exemple suivant, mon zpool est data et mon interface réseau bge1 :

[root@freenas] ~# iohyve setup pool=data kmod=1 net=bge1
Setting up iohyve pool...
On FreeNAS installation.
Checking for symbolic link to /iohyve from /mnt/iohyve...
Symbolic link to /iohyve from /mnt/iohyve successfully created.
Loading kernel modules...
bridge0 is already enabled on this machine...
Setting up correct sysctl value...
net.link.tap.up_on_open: 0 -> 1

On peut alors voir les dataset créés :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware

Le dataset Firmware sert pour démarrer des guest en UEFI mais nous ne l'utiliserons pas. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter cette page de wiki détaillant l'installation de Windows avec iohyve.

Pour que iohyve et les modules kernel soient chargés au démarrage, on les ajoute dans la section General > Réglages dans le webui de FreeNAS :

FreeNAS tunables.

On demande à iohyve de télécharger pour nous l'ISO (il est possible de les renommer, ce que je ne fais pas dans l'exemple) :

[root@freenas] ~# iohyve fetch http://releases.ubuntu.com/16.04/ubuntu-16.04-server-amd64.iso
Fetching http://releases.ubuntu.com/16.04/ubuntu-16.04-server-amd64.iso...
/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso/ubun100% of  655 MB 1018 kBps 10m59s

Hop, deux nouveaux datasets :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware
data/iohyve/ISO                                              644M  1.08T    96K  /mnt/iohyve/ISO
data/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso                644M  1.08T   644M  /mnt/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso

Maintenant, on créé notre VM puis on lui donne ses paramètres :

[root@freenas] ~# iohyve create vm-ubuntu 10G
Creating vm-ubuntu...
[root@freenas] ~# iohyve set vm-ubuntu loader=grub-bhyve ram=1G cpu=1 os=d8lvm
Setting vm-ubuntu loader=grub-bhyve...
Setting vm-ubuntu ram=1G..
Setting vm-ubuntu cpu=1...
Setting vm-ubuntu os=debian...

Les paramètres ont l'air évidents, mais trois d'entre eux méritent un petit complément :

  • loader=grub-bhyve : Par défaut iohyve ne va pas charger de bios ou uefi dans bhyve donc il doit utiliser un bootloader externe, ici c'est grub2-bhyve.
  • ram=1G : pour ubuntu, ne pas mettre moins, j'ai essayé avec 256M et j'ai eu ce bug. Une fois l'installation terminée par contre, on peut baisser.
  • os=d8lvm : je n'ai pas trouvé beaucoup de détails mais cela indique à iohyve le type de système invité. d8lvm correspond à Debian 8 avec stockage lvm (ce que ubuntu propose par défaut). Sans lvm on peut utiliser os=debian.

On jette un coup d'oeil aux zfs datasets :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware
data/iohyve/ISO                                              644M  1.08T    96K  /mnt/iohyve/ISO
data/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso                644M  1.08T   644M  /mnt/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso
data/iohyve/vm-ubuntu                                      10.3G  1.08T    96K  /mnt/iohyve/vm-ubuntu
data/iohyve/vm-ubuntu/disk0                                10.3G  1.09T    64K  -

Maintenant, on ouvre une seconde console (CTRL+ALT+F2) ou une seconde connexion SSH, puis on se connecte à la console de la VM (il n'y a rien pour le moment, c'est normal, elle ne fonctionne pas) :

[root@freenas] ~# iohyve console vm-ubuntu

On revient sur le premier terminal / SSH, puis on lance l'installation de la VM :

[root@freenas] ~# iohyve install vm-ubuntu ubuntu-16.04-server-amd64.iso
Installing vm-ubuntu...

On retourne dans votre second terminal et là on voit enfin des choses apparaître :)

Cela rappelle beaucoup les installations de VM sur Xen.

On fait une installation normale de Ubuntu avec le réseau qui s'auto configure via DHCP. Lorsque c'est terminé, le reboot risque de ne pas fonctionner, il faut donc le faire à la main :

[root@freenas] ~# iohyve stop vm-ubuntu
Stopping vm-ubuntu...
[root@freenas] ~# iohyve list
Guest       VMM?  Running  rcboot?  Description
vm-ubuntu  YES   NO       NO       Tue Jul 12 22:38:55 CEST 2016
[root@freenas] ~# iohyve start vm-ubuntu
Starting vm-ubuntu... (Takes 15 seconds for FreeBSD guests)

Et la console confirme que ça fonctionne :)

Et voilà, ça fonctionne :)

La VM a même accès au réseau, on peut donc se logguer en SSH !

Conclusion

Encore une fois FreeNAS envoie du lourd et exploite les capacités de FreeBSD. iohyve permet d'utiliser bhyve + zfs tout en étant bien pensé et intuitif, et c'est une qualité rare (regard inquisiteur pointé vers lxd chez Canonical). Il est désormais possible d'avoir des VMs Linux sous FreeNAS ce qui conforte une fois de plus le fait que vous devriez jeter votre NAS propriétaire pour acheter un vrai serveur x86.

MATE c'est bien - Episode 2

Rédigé par uTux 6 commentaires

Dans cet article j'expliquais avoir adopté MATE car il est toujours vivant et j'adore l'ergonomie façon GNOME 2. Je m'étais calé sur Ubuntu MATE mais j'ai changé, car Ubuntu reste Ubuntu, c'est à dire que même si on a affaire à une LTS, c'est à dire une version phare bénéficiant de plus d'attention, on trouve toujours de nombreux petits bugs et défauts qui se révèlent pénibles une fois accumulés. Ubuntu c'est bien sur les serveurs, en desktop beaucoup moins, l'obsession de Canonical à ne pas vouloir repousser les dates de sortie pour peaufiner leur produit y est sûrement pour quelque chose.

J'ai donc commencé par installer Debian Jessie, l'unique, la référence en terme de stabilité. Malheureusement j'ai rencontré quelques désagréments, pas vraiment dus à Debian, mais à l'environnement matériel et logiciel trop récents : pas de défilement à deux doigts sur le touchpad (résolu en installant le kernel des backports), version de qt5 trop vieille pour installer le client seafile (contourné en utilisant la version 5.1.0 de ce dernier), difficultés à faire fonctionner Virtualbox (apparemment du à l'usage des backports). J'ai fait un essai en Debian Testing, mais je n'avais plus de son, plus de Virtualbox du tout, bref pas de chance. J'aurais pu prendre le temps de résoudre ces problèmes mais à vrai dire je mange déjà du Debian desktop et serveur au boulot, j'ai donc préféré essayer une autre distribution.

J'ai installé Fedora 24 MATE et j'ai été agréablement surpris. Je suis familier avec Fedora pour l'avoir utilisé pas mal de temps et cette distribution combine à mon sens trois points forts : des logiciels à jour, stables, et vanilla. Ses deux seuls défaut sont peut-être d'une part de trop s'occuper de GNOME3 au détriment des autres bureaux (ce qui commençait à se ressentir sur le spin KDE lorsque j'ai changé de distribution) et d'autre part le faible nombre de logiciels packagés ce qui oblige à utiliser les dépôts additionnels rpmfusion. Ces dépôts sont plutôt stables, mais il faut s'attendre à des surprises lors des mises à jour de kernel (par exemple avec les modules Virtualbox). Cependant Fedora a l'excuse de ne pas s'adresser aux débutants, ces petits défauts dus à l’aspect semi-rolling release sont donc peu gênants au final.

Capture d'écran tirée du LiveDVD.

Côté desktop MATE on a droit à la version 1.14.1, la dernière à l'heure où j'écris ce billet, très épurée, bien implémentée et dépourvue de bugs pour le moment. Fedora a remplacé yum par dnf, que je n'aimais pas beaucoup lors de mes tests en machine virtuelle (lent) mais qui se révèle fonctionnel.

Fedora 24 MATE était une curiosité, j'en ai finalement fait ma distribution du moment. Et bien sûr, MATE c'est toujours bien, mangez-en.

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