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NextINpact devient payant

Rédigé par uTux 16 commentaires

Next INpact devient accessible sur abonnement et repense son modèle économique

Avant d'aller plus loin, je tiens à préciser que :

  • Je suis déjà abonné à NextINpact, payant, parce que j'adore ce site et que j'ai réellement envie de les soutenir.
  • NextINpact est un très bon site d'actu informatique.
  • L'équipe de NextINpact a l'air assez au courant des enjeux de la publicité sur le web et de la difficulté à se financer, j'imagine que c'est une décision réfléchie.
  • Je comprends que sur le web ce n'est pas facile de se financer. J'en parlais dans mon article La gratuité du web .

Mais quand mon abonnement sera terminé, je ne pense pas le renouveler.

Je suis contre ce passage au modèle payant, même si j'ai conscience que ma réaction est égoïste puisque je suis un lecteur passif qui se contente de consommer les articles sans réellement réaliser le coût de l'information. Mais je suis aussi un geek qui a grandit avec un web gratuit, communautaire, partageur, sorte d'utopie dans laquelle il n'y a pas que de la haine comme beaucoup le disent et où l'information circule librement sans frontières. Le problème est que depuis 10 ans on a d'un côté les réseaux sociaux qui cloisonnent ce web en rendant l'information hermétique, obligeant les utilisateurs à s'inscrire pour consulter les contenus, et de l'autre des sites qui ferment leurs portes à ceux qui refusent de sortir leur carte bleue.

Et c'est merdique de se dire que le web aujourd'hui se résume aux immenses décharges que sont les réseaux sociaux, aux contenus gratuits publicitaires putaclick et à des sites qui se renferment sur eux-mêmes pour survivre. Plus on avance et moins il y a de quoi être optimiste.

On va tous mourir et c'était mieux avant.

Doit-on mettre wikipedia dans les listes d'adblocks ?

Rédigé par uTux 9 commentaires

Parce que là, faut pas déconner :

Plus des 3/4 de l'écran occupés par un message publicitaire ! Et l'année prochaine ce sera 100% ? Ou une vidéo avec du son très fort qui se charge en plein écran ?

Je sais que Wikipedia est plus important pour la culture que toutes les maisons de disques réunies (et toc!), certes ils sont gratuits et sans pub, mais c'est très agaçant, il s'agit des pratiques que tout le monde essaie de bannir depuis des années, à savoir bloquer la lecture du visiteur et le harceler pour lui faire cracher ses précieux deniers.

Et pourquoi pas autre chose que Youtube ?

Rédigé par uTux 4 commentaires

Article écrit comme suite à Youtube : publicité VS tipeee ? dans lequel je parle des (très) faibles reversements de l'argent des publicités aux créateurs de vidéos.

Youtube est incontestablement la première plate forme de diffusion en terme de visites mais n'est pas pour autant la meilleure. Ainsi il arrive régulièrement que les visiteurs ou les créateurs s'en plaignent, voici une compilation de critiques courantes :

  • Beaucoup de publicité pour un reversement très faible au créateur de la vidéo.
  • L'obligation de s'inscrire au réseau social g+ pour pouvoir commenter une vidéo.
  • Un trafic tellement important que les FAI ne veulent plus en assumer le coût seuls.
  • Un système de notifications incompréhensible, parfois un petit "1" s'affiche à côté d'une chaîne mais il n'y a rien de nouveau, parfois on est prévenu par e-mail parfois non, et bien sûr pas de flux RSS.
  • Youtube est le terrain de jeu des ayants droits qui n'hésitent pas à mitrailler les signalements d'atteinte au copyright de manière abusive. benzaie a par exemple été contraint de retirer une chrono-critique de X-Men (vidéo de 2min dans laquelle il donne son avis sur un film) parce qu'on y voyait une affiche du film. Quant à Mickael J il nous fait part de la position de faiblesse des créateurs vis à vis de l'arme nucléaire qu'est le signalement d'atteinte au copyright et nous présente au passage la vidéo humoristique que Youtube impose à ceux qui ont été signalés afin de pouvoir recommencer à publier.

La solution ne serait-elle pas de simplement aller voir ailleurs ? Je peux comprendre qu'un débutant préfère Youtube car il aura une meilleure visibilité ce qui l'aidera à se lancer, en revanche qu'est-ce qui retient les youtubeurs "poids lourd" ? Ceux qui ont plusieurs millions d'abonnés ont une certaine force de frappe, ils ont donc les moyens de faire pression sur Youtube.

Certains tentent l'expérience comme Karim Debbache qui diffuse Chroma (que je vous recommande fortement) exclusivement sur Dailymotion. D'autres se servent de cette plate forme comme secours au cas où Youtube supprimerait leurs vidéos : LeFossoyeurDeFilms et Durendal. Alors certes Dailymotion n'est pas extra ordinaire notamment parce qu'il y a des enjeux financiers derrière et que cette plate forme n'a pas su suivre l'évolution de Youtube, mais on a du HTML5 + 1080p et au final l'important c'est d'avoir de la concurrence.

Il est regrettable que tout le monde ne jure que par Youtube au point d'en faire un medium centralisé, une sorte de télévision 2.0 dont nous sommes incapables de nous passer. Internet offre beaucoup de solutions non seulement pour la diffusion mais aussi pour la monétisation, il suffit de les expérimenter.

Youtube : publicité VS tipeee ?

Rédigé par uTux 5 commentaires

Il existe beaucoup de fantasmes sur les revenus des créateurs de vidéos sur Youtube alimentés par exemple par ce type de news : Cyprien, Norman, Squeezie : millionnaires grâce au rachat de Mixicom par Webedia. Et en effet quand on regarde certaines chaînes comme Le Joueur du Grenier qui a actuellement 2 635 000 abonnés, 92 vidéos dont la plupart ont été visionnées plus de 5 million de fois, on voit que le succès est important et que les revenus doivent être confortables. Car oui nous avons grandit dans un monde formaté par la télévision et le cinéma où "le succès" rapporte gros.

Avant d'aller plus loin je précise deux points :

  • Faire des vidéos sur Youtube est parfois un passe-temps mais c'est aussi un métier. Beaucoup essaient d'en vivre. Faire une vidéo de 30 minutes peut nécessiter 1 mois de travail. Donc l'argent gagné n'est pas de l'argent de poche, c'est un revenu.
  • Les Youtubeurs ont une activité légale et se déclarent comme auto-entrepreneur ou entreprise. L'argent ne va pas directement dans leur poche mais passe par les charges et impôts. Il faut donc relativiser les sommes.

Le modèle publicitaire

De plus en plus de Youtubeurs jouent la transparence et expliquent que certes ils arrivent à vivre de leur métier mais qu'il est rare d'atteindre le niveau du smic. Poisson Fécond par exemple dit que pour gagner cette somme (1150€ net) ses vidéos doivent cumuler 3 million de vues par mois. Donc chaque vue rapporte seulement 0,00038 € a son créateur malgré les 30 secondes de pub au début. Et même si vous êtes très fan et que vous regardez 300 vidéos par an, ce qui correspond à 2h30 de publicité, la part du créateur sera de 0,116 € net.

A partir de là, si je regarde les 300 vidéos en utilisant AdBlock Plus ou uBlock Origin, est-ce que je pénalise le créateur ou la régie publicitaire ? De plus 3 million de vues c'est très difficile et même uniquement accessible aux plus populaires. Par contre 1150 € c'est très peu pour vivre surtout quand on sait qu'un auto-entrepreneur ne peut pas prétendre à certaines aides.

Le tip

Un autre option pour aider nos créateurs de contenus à vivre est de leur faire des dons. Il existe pour cela plusieurs plate-formes, la plus populaire en France étant probablement Tipeee. Et l'idée est intéressante puisqu'on y trouve beaucoup de monde : e-penser, Benzaie, Durendal, Usul et bien d'autres.

Si je fais un don de 1 € via Tipeee, le créateur gagnera 1 € brut donc ~0,77 € net (hypothèse d'un auto-entrepreneur à 22,90%), donc presque 7x plus que 300 publicités sur Youtube !

Si vous vous demandez quel est le modèle économique de Tipeee, c'est assez simple ils prélèvent une commission sur chaque don, Paypal étant plus lourdement chargé : détail disponible ici. La différence avec les plate-formes de financement participatif telles que Patreon ou Ulule est que l'on paie pour soutenir quelque chose qui existe déjà, pas pour financer un projet.

Conclusion

Mince ! La publicité n'est donc pas l'unique modèle économique sur internet, est-ce qu'on nous aurait menti (clin d’œil très appuyé) ? On se rend compte que le reversement aux créateurs est insignifiant alors que la durée des clips promotionnels qui usent notre cerveau est très conséquente ! J'y vois là une raison de plus d'utiliser des bloqueurs de publicité car ils gênent les parasites intermédiaires régies publicitaires et pas vraiment les créateurs de contenus, les vrais, ceux qui nous intéressent et que nous voulons faire vivre.

Le don direct est bien plus efficace et comme nous l'avons vu il n'est pas nécessaire de mettre en jeu de grosses sommes, quelques euros par-ci par-là écrasent déjà le modèle publicitaire, et de loin !

La gratuité du web

Rédigé par uTux 7 commentaires

Je suis un vieux, je ne suis pas inscrit sur facebook et j'utilise encore les flux RSS pour suivre mes sites favoris. Un agrégateur de flux RSS permet, comme son nom l'indique, de vérifier l'existence de nouveaux éléments et les notifier a l'utilisateur. L'effet intéressant c'est que cela permet de mesurer la masse d'information que l'on reçoit. Par exemple certains utilisateurs ont tellement de flux qu'ils sont notifiés de plusieurs milliers d'éléments par semaine, ça fait beaucoup.

En ce qui me concerne je suis abonné à plusieurs sources. Longtemps "suiveur" de Phoronix j'ai fini par laisser tomber pour deux raisons :

  1. Ce site inonde mon agrégateur de flux RSS, parfois plusieurs dizaines d'articles par jour.
  2. Le manque de pertinence de l'information proposée. Pour illustrer mon propos voici un article exemple : Sarah Sharp Steps Down As Linux Kernel Developer. Reprise d'une mailing list, aucune analyse, aucune critique, juste les polémiques inutiles en commentaires.

Pourquoi une telle dégradation de la qualité de l'information ? Selon moi c'est simplement pour survivre.

L'économie gratuite du web est en crise car le modèle de financement par la publicité est à bout. A la télévision ou à la radio on peut zapper mais ce n'est pas mesurable, entendez par là que les annonceurs ne savent pas combien de personnes ont effectivement écouté la publicité. Par contre sur le web, avec les bloqueurs de publicité c'est possible, les annonceurs savent combien de fois la publicité a été vue. Cela leur permet de rémunérer plus ou moins le site qui les affiche, et c'est ça le problème car plus il y a d'utilisateurs d'AdBlock/uBlock, moins il y a d'argent. C'est donc le prétexte rêvé pour accuser les internautes de tuer les sites qu'ils visitent en bloquant la publicité.

La culture du financement par la pub, fléau du XXIe siècle et solution par défaut à tous les problèmes me tape sur le système. Un web sans bloqueur de publicités est simplement inenvisageable pour moi. Tuxicoman a mesuré le nombre de requêtes HTTP, le volume et le temps de chargement des pages sur des sites connus avec et sans bloqueur de publicité, son constat est le suivant : ~90% du temps d’affichage des articles de ces sites est dépensé par l’utilisateur pour quelque chose dont il se fout : la publicité et l’espionnage de son comportement.
La solution ne passe donc pas par la culpabilisation ou le rejet des utilisateurs d'AdBlock/uBlock mais par un changement sérieux de politique de la part des annonceurs, ou de modèle économique pour les acteurs du web.

Beaucoup de sites d'information proposent déjà des abonnements payants aux visiteurs, leur permettant ainsi de ne pas avoir de publicité. Phoronix en fait partie et pour convaincre les visiteurs de débourser de l'argent, il faut se démarquer. Pour cela soit il faut faire de l'information de qualité, soit mitrailler à longueur de journée des contenus courts. C'est visiblement la seconde option qui a été choisie et c'est regrettable. A l'inverse, Nextinpact mise sur l'information de qualité. En effet les articles sont plus long et surtout l'information est analysée et critiquée. Le journaliste Marc Rees par exemple lit les textes de loi pour nous en expliquer le principe et grâce à lui nous avons suivi l'arrivée de la Loi sur le renseignement, avec une analyse plus pertinente que beaucoup de media qui se contentaient de dire "cette loi va régulariser ce qui se faisait avant, c'est pour votre sécurité, faites pas chier, vous n'allez pas en mourir, lol". Coluche disait : Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent, c'est pire !. NextInpact fait exception et c'est pourquoi je me suis abonné (payant).

D'autres sites suivent la voie du rachat et de la centralisation. Jeuxvideo.com par exemple s'est fait racheter par Webedia, grand annonceur de contenus publicitaires. Cette dépendance est risquée car quid de la liberté de publication des journalistes quand celui qui donne le chèque a tout intérêt à placer un maximum de publicité et de contenus sponsorisés. Le journaliste est-il libre de dire que le gros jeu du moment est une bouse sachant que le site sur lequel il publie diffuse de la publicité pour ce même jeu ? Non. Real Myop, co-auteur d'une émission vidéo à succès (Speed Game) diffusée sur jeuxvideo.com, dénonce la dégradation de l'ambiance et des conditions de travail depuis leur rachat par Webedia ayant même poussé plusieurs chroniqueurs à la démission : article à lire ici. De plus, que se passera-t-il si la majorité des sites d'information finissent dans les mains d'un seul groupe et que ce dernier décide d'imposer un abonnement payant aux visiteurs ?

En conclusion, on constate que la roue tourne. En effet les sites gratuits d'information qui ont tué les journaux papier sont à leur tour en train de mourir et cherchent comment être rentables ou simplement comment survivre. La croissance explosive du web a atteint son maximum, et tout comme la crise des jeux vidéo de 1983, beaucoup d'éditeurs disparaîtront, ceux qui survivront changeront de modèle économique ou le conserveront et auront le monopole.

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