MATE c'est bien - Episode 2

Rédigé par uTux - - 6 commentaires

Dans cet article j'expliquais avoir adopté MATE car il est toujours vivant et j'adore l'ergonomie façon GNOME 2. Je m'étais calé sur Ubuntu MATE mais j'ai changé, car Ubuntu reste Ubuntu, c'est à dire que même si on a affaire à une LTS, c'est à dire une version phare bénéficiant de plus d'attention, on trouve toujours de nombreux petits bugs et défauts qui se révèlent pénibles une fois accumulés. Ubuntu c'est bien sur les serveurs, en desktop beaucoup moins, l'obsession de Canonical à ne pas vouloir repousser les dates de sortie pour peaufiner leur produit y est sûrement pour quelque chose.

J'ai donc commencé par installer Debian Jessie, l'unique, la référence en terme de stabilité. Malheureusement j'ai rencontré quelques désagréments, pas vraiment dus à Debian, mais à l'environnement matériel et logiciel trop récents : pas de défilement à deux doigts sur le touchpad (résolu en installant le kernel des backports), version de qt5 trop vieille pour installer le client seafile (contourné en utilisant la version 5.1.0 de ce dernier), difficultés à faire fonctionner Virtualbox (apparemment du à l'usage des backports). J'ai fait un essai en Debian Testing, mais je n'avais plus de son, plus de Virtualbox du tout, bref pas de chance. J'aurais pu prendre le temps de résoudre ces problèmes mais à vrai dire je mange déjà du Debian desktop et serveur au boulot, j'ai donc préféré essayer une autre distribution.

J'ai installé Fedora 24 MATE et j'ai été agréablement surpris. Je suis familier avec Fedora pour l'avoir utilisé pas mal de temps et cette distribution combine à mon sens trois points forts : des logiciels à jour, stables, et vanilla. Ses deux seuls défaut sont peut-être d'une part de trop s'occuper de GNOME3 au détriment des autres bureaux (ce qui commençait à se ressentir sur le spin KDE lorsque j'ai changé de distribution) et d'autre part le faible nombre de logiciels packagés ce qui oblige à utiliser les dépôts additionnels rpmfusion. Ces dépôts sont plutôt stables, mais il faut s'attendre à des surprises lors des mises à jour de kernel (par exemple avec les modules Virtualbox). Cependant Fedora a l'excuse de ne pas s'adresser aux débutants, ces petits défauts dus à l’aspect semi-rolling release sont donc peu gênants au final.

Capture d'écran tirée du LiveDVD.

Côté desktop MATE on a droit à la version 1.14.1, la dernière à l'heure où j'écris ce billet, très épurée, bien implémentée et dépourvue de bugs pour le moment. Fedora a remplacé yum par dnf, que je n'aimais pas beaucoup lors de mes tests en machine virtuelle (lent) mais qui se révèle fonctionnel.

Fedora 24 MATE était une curiosité, j'en ai finalement fait ma distribution du moment. Et bien sûr, MATE c'est toujours bien, mangez-en.

De Thunar vers Nemo

Rédigé par uTux - - 11 commentaires

Sur une de mes machines j'utilise Debian testing en version Xfce et je rencontre un bug ennuyeux avec Thunar qui dure depuis des mois : si je fais un glisser-déposer d'un fichier zip entre deux fenêtres, il y a 50% de chances pour qu'il crashe.

Xfce fut un temps le cousin de GNOME, donc j'ai essayé de passer sur Nautilus. Mais GNOME3 et son écosystème logiciel vit selon ses propres règles, ainsi l'intégration dans Xfce est plutôt sale allant même jusqu'aux glitchs graphiques. On m'a conseillé de tester Nemo, le gestionnaire de fichiers de Cinamon né d'un fork de Nautilus. Et c'est plutôt bon.

Nemo (en haut) VS Nautilus (en bas). La bordure noire est un glitch visuel.

Nemo a un look & feel plutôt naturel avec Xfce tout en étant très stable et rapide à charger. Je l'utilise donc en remplacement de Thunar et je le vis plutôt bien pour le moment.

Pour l'installer sur Debian :

$ sudo apt-get install nemo

Puis, pour le passer en gestionnaire de fichiers par défaut dans Xfce : Paramètres > Applications Favorites > Utilitaires > Gestionnaire de Fichiers.

YunoHost pour mon cloud perso

Rédigé par uTux - - 5 commentaires

Qu'est-ce que le cloud ? C'est d'abord un terme commercial qui veut dire "je veux tes données, tes logiciels, tes bottes et ta moto je m'en occupe pour toi". Mais pas toujours heureusement car on peut avoir du cloud géré par soi même et c'est même une solution avantageuse. Le cloud c'est un ensemble de services synchronisé ou au moins accessibles depuis plusieurs endroits. Par exemple si j'ajoute un élément dans mon calendrier sur Thunderbird je veux qu'il apparaisse sur mon téléphone automatiquement et ça c'est possible avec le cloud. Il existe de nombreuses solutions propriétaires mais aussi des libres. Avant d'aller plus loin voici mes besoins :

  • E-mail
  • Agenda
  • Contacts
  • Fichiers (dropbox-like)

J'utilise depuis 2 ans YunoHost qui est une solution libre prête à l'emploi pour installer son propre serveur de "cloud". Techniquement c'est Debian + un ensemble de services de base (LDAP, MySQL, XMPP, SMTP, IMAP) auxquels des "applications" viennent se greffer. Le tout est géré par une interface Web et un portail SSO (authentification 1 fois puis accès à toutes les applications).

L'installation se fait soit avec une ISO soit un script à exécuter sur Debian 7 ou 8. Ensuite on se connecte à l'interface d'administration web puis on créé ses domaines, ses utilisateurs, et on installe ses applications comme par exemple Roundcube pour les e-mail. L'application sera automatiquement configurée pour se connecter au serveur mail et au LDAP afin d'authentifier les utilisateurs, c'est aussi simple que ça.

Le portail YunoHost.

Voici quelques applications que j'utilise :

  • Baikal : serveur caldav/carddav pour agenda/contacts.
  • Z-Push : connecteur ActiveSync pour mon Windows Phone.
  • Seafile : Dropbox-like avec interface web et client lourd.
  • TinyTinyRSS : lecteur de flux RSS.
  • DokuWiki : wiki perso.
  • Zerobin : pour copier-coller du texte et le partager en 1 lien.
  • Jirafeau : partage rapide de fichiers.
  • Movim : que j'utilise comme client XMPP web.

YunoHost a une belle interface, c'est coloré, c'est sexy, c'est moderne. L'équipe est sympathique et souvent disponible sur leur salon XMPP (support@conference.yunohost.org). Et si vous voulez packager vos propres applications, le système est assez simple. Il faut faire des scripts bash faisant appel à des fonctions de l'api yunohost (exemple : création d'une database et d'un utilisateur) puis stocker le tout sur github. L'URL du dépôt sera ensuite utilisée pour installer l'application.

Utilisateur de Yunohost depuis deux ans je suis plus que satisfait, c'est une excellente solution pour celui qui veut avoir son propre serveur sur Linux mais n'a pas le temps ou les compétences pour tout configurer soit-même. Je recommande.

Fil RSS des articles de ce mot clé