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Touche pas à Telegram

Rédigé par uTux 1 commentaire

Je suis tombé sur ça :

D'une part je suis curieux de savoir d'où ils tiennent cette information, est-ce qu'ils ont fait un sondage ?
D'autre part, si je raisonne en bon spectateur lobotomisé par BFMTV, voici ce que je suis censé comprendre :

  1. Telegram n'est pas surveillé
  2. Les terroristes utilisent Telegram
  3. Donc il faut surveiller Telegram pour arrêter le terrorisme

Et, par extension :

  1. Les gens qui ont des choses à se reprocher ne veulent pas être surveillés
  2. Les gens qui n'ont rien à se reprocher acceptent d'être surveillés
  3. Donc, si je refuse la surveillance, c'est que j'ai des choses à me reprocher

Ce raisonnement s'appelle un syllogisme et ce n'est pas de la logique, c'est un paralogisme. Et ça mène à des choses absurdes, comme le dit Wikipédia :

Tous les humains sont mortels. (A ⇒ B)
Un âne est mortel. (C ⇒ B)
Donc un âne est un humain. (C ⇒ A)

Et voilà commenter démonter un faux raisonnement avec un peu d'intelligence.

Il se trouve que l'article a le bon goût de nous rappeler que Telegram a été créé par deux russes qui ne voulaient pas être surveillés par leur gouvernement et que leur logiciel est utilisé par des dissidents sous dictature mais aussi par des hommes politiques qui ont besoin de confidentialité, ou simplement par les journalistes qui veulent garantir l'anonymat de leurs sources, donc au final le chiffrement ne profite pas qu'aux criminels.

Faut-il donc y voir le travail d'un journaliste qui a essayé de faire correctement son boulot mais qui a du se résoudre à présenter un titre putaclick pour rester dans la ligne éditoriale du journal ? S'agit-il d'un exemple de manipulation de l'information ? Le prochain responsable de tous les maux de la planète sera-t-il... le chiffrement lui-même ?

Question ouverte : comment chiffrer simplement une clé USB ?

Rédigé par uTux 15 commentaires

Je regrette qu'en 2016 les principaux OS ne proposent pas de solution simple de chiffrement pour les clés et disques durs USB, des périphériques qui sont amenés à voyager régulièrement en dehors de la maison/bureau. Il est très facile voire courant de les perdre et celui qui va les trouver pourra récupérer vos documents. Vous me direz qu'il est rare de stocker les codes de la bombe atomique sur une clé USB ou même son code de carte bleue, en revanche il est courant d'y trouver des documents scannés (relevés d'impôts, de salaires, papiers d’identité....) ou même simplement du porno des photos de vacances.

Windows

Windows propose d'activer le chiffrement d'un volume en un simple clic droit, autant sur le C: que sur les périphériques USB, ce qui est louable. Malheureusement cette solution basée sur Bitlocker a trois gros défauts :

  • Elle n'existe que sur Windows, aucun portage Linux ou OS X.
  • Elle se limite aux éditions Pro ou supérieures pour Windows, ce qui exclue les versions Home que la majorité du grand public utilise.
  • Quelle confiance peut-on placer dans une solution propriétaire de chiffrement surtout quand on sait que Windows 10 se lie de plus en plus au cloud. De là à affirmer que Microsoft peut casser le chiffrement des ordinateurs de ses clients, il n'y a qu'un pas, que je ne franchis pas pour le moment, mais je préfère rester méfiant.

Linux

Du côté de Linux on a luks, ecrypfs ou encfs mais à ma connaissance il n'est pas possible de les activer avec un simple clic droit dans l'explorateur de fichiers, il faut passer par la ligne de commandes (et refaire toutes les partitions dans le cas de luks) ce qui freine fortement leur utilisation. De plus les périphériques ne seront pas déchiffrables sur Windows.

TrueCrypt / VeraCrypt ?

Une solution multi-plateforme et relativement simple à mettre en place est Truecrypt. Même si le projet a connu une fin tragique et ne doit plus être considéré comme sûr selon ses auteurs, il existe des forks tels que Veracrypt qui ont pris le relais.

Il est apparemment possible d'utiliser VeraCrypt sous forme portable, donc sans nécessiter d'installation sur l'ordinateur, ce qui est plutôt intéressant car on peut imaginer utiliser sa clé USB sur plusieurs ordinateurs sans devoir y installer de logiciel. Cette solution est également disponible sur Linux.

Question ouverte

Comment chiffrer une clé ou un disque dur USB tout en étant sûr de pouvoir l'ouvrir simplement sur Linux et sur Windows ?

Backuppc : attention aux exclusions

Rédigé par uTux 3 commentaires

J'utilise backuppc sur mon NAS à la maison pour sauvegarder mes VPS. J'aime cet outil car il est assez simple et s'appuie sur SSH + rsync des logiciels connus.

Pour un serveur Linux avec rsync, backuppc va tout sauvegarder à partir de /, ce qui est bien mais il y a des répertoires qu'on a pas forcément envie d'inclure, par exemple /tmp et /run qui sont volatiles ou /mnt qui est utilisé comme point de montage.

Avant je faisais comme ça :

Sauf qu'il s'avère que cette exclusion est un peu violente puisqu'elle ne va pas s'appliquer qu'aux répertoires situés à la racine, mais à tous. Et donc j'ai eu des surprises en constatant que dans ma sauvegarde, /var/www/dokuwiki/data/media était lui aussi exclu, ainsi que /var/www/dokuwiki/data/tmp.

Bon cette fois ce n'était pas méchant, mais voici la bonne pratique pour les exclusions, utiliser des chemins absolus :

Et voilà.

FreeNAS 9.10 : jouons avec bhyve et iohyve

Rédigé par uTux Aucun commentaire

J'adore FreeNAS parce que c'est du FreeBSD bien exploité (zfs + jails) et mis en forme proprement au travers d'un webui. J'en parle un peu plus dans cet article et vous encourage toujours à mettre votre NAS propriétaire synlogy et compagnie à la décharge pour vous acheter un vrai serveur digne de ce nom.

FreeNAS 9.10 est disponible depuis peu et se base sur FreeBSD 10.3 ce qui nous amène bhyve, l'hyperviseur concurrent à qemu-kvm très prometteur qui nous permet de faire tourner des VM Linux (entre autres) en plus des jails. Même si cette feature est encore considérée comme expérimentale par FreeNAS, elle est tout même documentée.

FreeNAS fournit l'outil iohyve qui s'inspire de iocage et s'appuie fortement sur zfs. iohyve est génial parce qu'il est non seulement simple à utiliser mais en plus très intuitif car on retient rapidement les commandes. Notez que dans FreeNAS 10 bhyve sera présent dans le webui, pour le moment il faut encore y aller à la main ;)

/!\ Avertissement /!\

Il ne faut pas modifier les fichiers système de FreeNAS, car non seulement ils seront écrasés lors de la prochaine mise à jour, mais en plus ils risquent d'interférer avec le webui. Par exemple au lieu de modifier le /etc/rc.conf on va plutôt aller dans la section tunables qui est prévue à cet effet. On installe pas non plus de paquets avec pkg. Toutes les manipulations du paragraphe suivant font appel à des outils déjà présents qui travaillent dans le zpool contenant les données.

Installation d'une VM ubuntu-server-16.04

La première chose à faire est de configurer iohyve, il va créer ses dataset ainsi que le bridge si celui-ci n'existe pas déjà. Notez que la manipulation n'écrase pas vos dataset ou votre zpool, ne vous embêtez pas à en faire un autre. Dans l'exemple suivant, mon zpool est data et mon interface réseau bge1 :

[root@freenas] ~# iohyve setup pool=data kmod=1 net=bge1
Setting up iohyve pool...
On FreeNAS installation.
Checking for symbolic link to /iohyve from /mnt/iohyve...
Symbolic link to /iohyve from /mnt/iohyve successfully created.
Loading kernel modules...
bridge0 is already enabled on this machine...
Setting up correct sysctl value...
net.link.tap.up_on_open: 0 -> 1

On peut alors voir les dataset créés :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware

Le dataset Firmware sert pour démarrer des guest en UEFI mais nous ne l'utiliserons pas. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter cette page de wiki détaillant l'installation de Windows avec iohyve.

Pour que iohyve et les modules kernel soient chargés au démarrage, on les ajoute dans la section General > Réglages dans le webui de FreeNAS :

FreeNAS tunables.

On demande à iohyve de télécharger pour nous l'ISO (il est possible de les renommer, ce que je ne fais pas dans l'exemple) :

[root@freenas] ~# iohyve fetch http://releases.ubuntu.com/16.04/ubuntu-16.04-server-amd64.iso
Fetching http://releases.ubuntu.com/16.04/ubuntu-16.04-server-amd64.iso...
/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso/ubun100% of  655 MB 1018 kBps 10m59s

Hop, deux nouveaux datasets :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware
data/iohyve/ISO                                              644M  1.08T    96K  /mnt/iohyve/ISO
data/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso                644M  1.08T   644M  /mnt/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso

Maintenant, on créé notre VM puis on lui donne ses paramètres :

[root@freenas] ~# iohyve create vm-ubuntu 10G
Creating vm-ubuntu...
[root@freenas] ~# iohyve set vm-ubuntu loader=grub-bhyve ram=1G cpu=1 os=d8lvm
Setting vm-ubuntu loader=grub-bhyve...
Setting vm-ubuntu ram=1G..
Setting vm-ubuntu cpu=1...
Setting vm-ubuntu os=debian...

Les paramètres ont l'air évidents, mais trois d'entre eux méritent un petit complément :

  • loader=grub-bhyve : Par défaut iohyve ne va pas charger de bios ou uefi dans bhyve donc il doit utiliser un bootloader externe, ici c'est grub2-bhyve.
  • ram=1G : pour ubuntu, ne pas mettre moins, j'ai essayé avec 256M et j'ai eu ce bug. Une fois l'installation terminée par contre, on peut baisser.
  • os=d8lvm : je n'ai pas trouvé beaucoup de détails mais cela indique à iohyve le type de système invité. d8lvm correspond à Debian 8 avec stockage lvm (ce que ubuntu propose par défaut). Sans lvm on peut utiliser os=debian.

On jette un coup d'oeil aux zfs datasets :

[root@freenas] ~# zfs list | grep iohyve
data/iohyve                                                 10.9G  1.08T    96K  /mnt/iohyve
data/iohyve/Firmware                                          96K  1.08T    96K  /mnt/iohyve/Firmware
data/iohyve/ISO                                              644M  1.08T    96K  /mnt/iohyve/ISO
data/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso                644M  1.08T   644M  /mnt/iohyve/ISO/ubuntu-16.04-server-amd64.iso
data/iohyve/vm-ubuntu                                      10.3G  1.08T    96K  /mnt/iohyve/vm-ubuntu
data/iohyve/vm-ubuntu/disk0                                10.3G  1.09T    64K  -

Maintenant, on ouvre une seconde console (CTRL+ALT+F2) ou une seconde connexion SSH, puis on se connecte à la console de la VM (il n'y a rien pour le moment, c'est normal, elle ne fonctionne pas) :

[root@freenas] ~# iohyve console vm-ubuntu

On revient sur le premier terminal / SSH, puis on lance l'installation de la VM :

[root@freenas] ~# iohyve install vm-ubuntu ubuntu-16.04-server-amd64.iso
Installing vm-ubuntu...

On retourne dans votre second terminal et là on voit enfin des choses apparaître :)

Cela rappelle beaucoup les installations de VM sur Xen.

On fait une installation normale de Ubuntu avec le réseau qui s'auto configure via DHCP. Lorsque c'est terminé, le reboot risque de ne pas fonctionner, il faut donc le faire à la main :

[root@freenas] ~# iohyve stop vm-ubuntu
Stopping vm-ubuntu...
[root@freenas] ~# iohyve list
Guest       VMM?  Running  rcboot?  Description
vm-ubuntu  YES   NO       NO       Tue Jul 12 22:38:55 CEST 2016
[root@freenas] ~# iohyve start vm-ubuntu
Starting vm-ubuntu... (Takes 15 seconds for FreeBSD guests)

Et la console confirme que ça fonctionne :)

Et voilà, ça fonctionne :)

La VM a même accès au réseau, on peut donc se logguer en SSH !

Conclusion

Encore une fois FreeNAS envoie du lourd et exploite les capacités de FreeBSD. iohyve permet d'utiliser bhyve + zfs tout en étant bien pensé et intuitif, et c'est une qualité rare (regard inquisiteur pointé vers lxd chez Canonical). Il est désormais possible d'avoir des VMs Linux sous FreeNAS ce qui conforte une fois de plus le fait que vous devriez jeter votre NAS propriétaire pour acheter un vrai serveur x86.

Complot : Microsoft a-t-il saboté Windows Update sur Windows 7 ?

Rédigé par uTux 19 commentaires

C'est pas possible. Je tombe sur ce problème tellement souvent que je me pose des questions. Le symptôme : vous lancez une recherche de mises à jour sur Windows 7, ça dure une éternité, ça n'aboutit jamais :

Vous pouvez toujours attendre...

J'ai souvent dépanné des Windows 7 et je n'ai jamais rencontré ce problème, sauf depuis 2016 qui est justement l'année où Microsoft use de son monopole pour vous forcer à passer sur Windows 10, faut-il y voir un lien ?

Bon courage pour pour dépanner, vous allez écumer les forum Microsoft, changer des clés de registre, purger des dossiers dans system32, et surtout prier parce que c'est complètement foireux. Windows Update est vraiment le système de mises à jour le plus nul de l'univers.

EDIT : Bon en fait après ~2 heures de recherche, ça a aboutit, donc cette fois j'ai eu de la chance. Mais j'ai eu de nombreuses fois le cas où ça n'aboutit jamais (sur d'autres machines) et je suis loin d'être le seul à me plaindre de ce problème.

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