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DOOM : à chaud, encore, j'ai presque joui

Rédigé par uTux 2 commentaires

Bon bon, j'ai déjà écrit un article sur Doom, mais je n'avais joué que quelques heures et trouvais que même si le jeu était bon, on se lassait finalement assez vite.

Mais là, j'ai avancé, j'ai trouvé des armes cheatées, j'ai affronté des ennemis beaucoup plus gros, et j'ai pris mon pied. Ramasser en enfer un power-up de berserk pour aller à mains nues arracher le cœur d'un monstre, lui faire bouffer, le tout avec du métal a fond dans les oreilles m'a presque fait jouir, je ne m'étais pas autant amusé sur un jeu - surtout un FPS - depuis 10 ans au moins. Absurdité du gore ? Oui, complètement, c'est très kitsch mais c'est ça qui est bon.

orgasme

Les FPS modernes sont finalement tous les mêmes, l'histoire et les personnages changent mais le gameplay est le même, comme si on installait un pack de base comprenant les mécaniques classiques : on ne peut porter que deux armes, on avance lentement, on regarde des cinématiques, on appuie sur des touches comme un crétin pour les QTE, on suit des couloirs, blablabla. Ce nouveau Doom casse ces codes en reprenant tout d'abord l'aspect old school des FPS (rapide, pas de limite d'arme) mais en les caricaturant à fond pour rendre le jeu amusant. Porter à bout de bras un minigun de 100 kilos pour arroser un ennemi, puis faire un double saut pour aller l'achever en lui arrachant un membre pour le frapper avec ? Totalement irréaliste et débile, mais incroyablement fun, et c'est pour ça que c'est bien.

Doom c'est brutal, comme le 49-3, c'est complètement badass, c'est métal, c'est frais, c'est rapide, c'est défoulant.

systemd, c'est bien.

Rédigé par uTux 22 commentaires

Systemd est un système d'init "moderne" qui remplace le vieillissant sysvinit. L'init c'est le premier process qui démarre après le boot et qui va "orchestrer" le lancement des services : réseau, logs, ssh ... Mais wikipedia explique cela mieux que moi.

Dire que systemd a provoqué de nombreuses polémiques et levées de boucliers de la part des utilisateurs est un euphémisme, c'est un beau bazar dans lequel des troll s'affrontent au lance-flammes. On lui reproche de nombreuses choses : réinventer l'eau chaude alors que sysvinit marche bien, être monolithique et donc contraire à la philosophie UNIX, être le cheval de troie de Red Hat pour à terme remplacer de plus en plus de composants dans Linux, ne pas être portable sur les autres OS, etc. Je pense que la plupart des critiques sont vraies et que dans quelques années nos distributions ne seront plus GNU/Linux mais SystemD/Linux. Néanmoins il est intéressant d'observer qu'après 6 ans d'existence, systemd s'est imposé partout à l'exception de Gentoo (+et Slackware) et ce n'est pas par hasard.

Je ne vais pas énumérer point par point les fonctionnalités de systemd, je vais me contenter d'en présenter deux aspects que je trouve intéressants : création d'un service et d'un containers (nspawn).

Création d'un service

Avez-vous déjà écrit des scripts d'init pour un logiciel sur Linux ? Moi oui. Et entre sysvinit et systemd, c'est le jour et la nuit. Prenons pour exemple Nginx :

C'est quand même beaucoup plus simple avec systemd puisqu'une grosse partie du boulot est faite nativement, par exemple la gestion du pid et des logs. Pour sysvinit par contre c'est au développeur du script de prévoir tous les cas, de coder la vérification du pid, des logs, bref c'est long et pas forcément utile puisque même sur Windows on ne fait plus ça depuis 20 ans.

Création d'un container

Systemd est très lié à Linux et aux cgroups, il est possible d'isoler des processus dans leur propre contexte, de là à créer des containers avec une application ou un système entier il n'y a donc qu'un pas qui a été franchit. Pour l'exemple on va créer un container ubuntu-server-16.04 à partir d'une image cloud (pour nous épargner les étapes debootstrap qui n'ont pas vraiment d'intérêt dans cet article) :

root@localhost:~# wget https://cloud-images.ubuntu.com/xenial/current/xenial-server-cloudimg-amd64-root.tar.gz
root@localhost:~# mkdir /srv/containers/xenial01
root@localhost:~# tar -xf xenial-server-cloudimg-amd64-root.tar.gz -C /srv/containers/xenial01

Note : sur les versions plus récentes de systemd (non disponible sur Debian Jessie), l'utilitaire machinectl permet de télécharger et déployer une image automatiquement. Voir la section Examples de la documentation machinectl.

Puis démarrer un shell dans le container afin de pouvoir créer un mot de passe root :

root@localhost:~# systemd-nspawn -D /srv/containers/xenial01/
Spawning container xenial01 on /srv/containers/xenial01.
Press ^] three times within 1s to kill container.
/etc/localtime is not a symlink, not updating container timezone.
root@xenial01:~# passwd
Enter new UNIX password: 
Retype new UNIX password: 
passwd: password updated successfully
root@xenial01:~# exit

Maintenant on peut - si on veut - démarrer complètement le container :

root@localhost:~# systemd-nspawn -bD /srv/containers/xenial01/
Spawning container xenial01 on /srv/containers/xenial01.
Press ^] three times within 1s to kill container.
/etc/localtime is not a symlink, not updating container timezone.
systemd 229 running in system mode. (+PAM +AUDIT +SELINUX +IMA +APPARMOR
+SMACK +SYSVINIT +UTMP +LIBCRYPTSETUP +GCRYPT +GNUTLS +ACL +XZ 
-LZ4 +SECCOMP +BLKID +ELFUTILS +KMOD -IDN)
Detected virtualization systemd-nspawn.
Detected architecture x86-64.

Welcome to Ubuntu 16.04 LTS!

Ensuite la séquence de démarrage s'affiche et il est possible de se loguer, puis d'arrêter le container avec la commande poweroff :

Ubuntu 16.04 LTS ubuntu console

ubuntu login: root
Password: 
Last login: Mon May 23 09:12:29 UTC 2016 on console
run-parts: /etc/update-motd.d/98-fsck-at-reboot exited with return code 1
root@ubuntu:~# poweroff

Si on ne spécifie aucune option au niveau du réseau, le container utilisera l'interface de l'hôte. Attention donc aux services qui écoutent sur les mêmes ports, typiquement SSH, le mieux est encore d'utiliser une interface réseau virtuelle. Je ne rentre volontairement pas dans les détails afin de ne pas faire un article indigeste, mais il est possible d'aller plus loin notamment au niveau des interfaces réseau (bridge, macvlan, veth), des limitations du système (mémoire, cpus...) ou encore de l'intégration avec SELinux. On peut aussi utiliser debootstrap, dnf ou pacstrap pour créer un container (pas besoin d'une image cloud). Pour cela voir la documentation systemd-nspawn et systemd.resource-control (elles ne sont pas si indigestes que ça).

Systemd-nspawn est une alternative intéressante à LXC permettant de gérer des containers thin (on lance uniquement une application) ou thick (on lance tous les services) sans avoir à installer quoi que ce soit.

BONUS : sous debian, ça ne change rien pour les utilisateurs

Si je peux comprendre que beaucoup de gens n'aiment pas systemd et ne souhaitent pas l'utiliser, en revanche je ne comprends pas pourquoi cette grogne est focalisée chez les utilisateurs de debian au point de créer le fork devuan. Parce que si vous êtes utilisateur de debian, systemd ne change rien pour vous. Tout d'abord le boulot est fait par les mainteneurs des paquets, vous n'avez jamais touché à un système d'init de votre vie, et avec systemd vous n'y toucherez pas non plus. Ensuite, si vous faites un peu de sysadmin, là encore rien ne change pour la majorité des opérations.

Voici pour comparer la manière dont on démarre apache :

root@localhost:~# service apache2 start # avec sysvinit
root@localhost:~# service apache2 start # avec systemd

C'est pareil, parce que debian est une distribution pour fainéants (comme moi) très bien foutue. Même chose pour le réseau, ça se gère toujours dans /etc/network/interfaces rien ne change.

Sous Archlinux par contre tout change par exemple le fichier /etc/rc.conf a disparu au profil de fichiers éclatés pris en charge par systemd. Ce n'est pas méchant mais il a fallu réapprendre certaines choses. Malgré une grogne passagère la chose semble avoir bien été acceptée par les utilisateurs, en tous cas ils ne sont pas partis forker leur distribution.

Conclusion

Au final, après avoir lu tant de troll, tant de FUD sur systemd, je trouve que c'est plutôt bien. C'est simple à utiliser et c'est puissant puisqu'on peut imaginer un jour remplacer LXC et cela ouvre plein de possibilités au niveau des serveurs, par exemple avoir des instances apache et nginx isolées dans les containers thin, ou encore des applications portables à la manière de Snap ou xdg-app. Pour 99% des utilisateurs de Linux la transition est transparente puisque prise en charge en amont par les mainteneurs.

Je prends donc le risque d'invoquer une armée de troll dans les commentaires mais moi j'approuve systemd.

DOOM : à chaud

Rédigé par uTux 3 commentaires

Bon voilà je n'ai pas pu résister, tellement de hype autour de ce jeu que je l'ai acheté. Après 49Go de téléchargement (~30min parce que Free et Steam le voulaient bien) j'ai pu m'y frotter.

Dès le début du jeu on nous plonge directement dans le bain : nous ne sommes pas la proie (comme dans Doom 3) mais une machine à distribuer des patates dans la bouche des aliens et zombies qui se mettent sur notre chemin. Le jeu va vite, très vite et la meilleure tactique est de strafer, tirer, patater. Et c'est très gore. La première comparaison qui me vient à l'esprit est Serious Sam ou Painkiller + Brutal Doom. Le système de Glory Kill (exécutions spectaculaires au corps à corps) permet de récupérer de la vie et des munitions, c'est donc un ajout intéressant et pas un simple gadget, idem pour l'emblématique tronçonneuse.

C'est super joli et pas si gourmand au niveau des graphismes, par contre je n'apprécie que moyennement la musique, on nous avait dit que ce serait du métal, or cela ressemble à un mélange de métal et de dubstep, c'est un peu surprenant mais ça colle assez à l'aspect bourrin du jeu. C'est visuellement gore, mais du gore à l'ancienne avec les missiles qui font exploser les ennemis en petit morceaux, néanmoins le jeu n'est donc pas à mettre entre toutes les mains.

Alors DOOM est-il bon ? Oui si vous aimez les FPS old school avec des item vert brillant qui flottent, les portes qui se ferment tant que vous n'avez pas tué tout le monde, et les minutes passées à chercher la carte jaune pour pouvoir avancer. En fait quand je regarde DOOM je me dis que c'est exactement ce que Duke Nukem Forever aurait du être. Par contre si vous aimez les jeux qui vous racontent une histoire, passez votre chemin.

Youtube : publicité VS tipeee ?

Rédigé par uTux 5 commentaires

Il existe beaucoup de fantasmes sur les revenus des créateurs de vidéos sur Youtube alimentés par exemple par ce type de news : Cyprien, Norman, Squeezie : millionnaires grâce au rachat de Mixicom par Webedia. Et en effet quand on regarde certaines chaînes comme Le Joueur du Grenier qui a actuellement 2 635 000 abonnés, 92 vidéos dont la plupart ont été visionnées plus de 5 million de fois, on voit que le succès est important et que les revenus doivent être confortables. Car oui nous avons grandit dans un monde formaté par la télévision et le cinéma où "le succès" rapporte gros.

Avant d'aller plus loin je précise deux points :

  • Faire des vidéos sur Youtube est parfois un passe-temps mais c'est aussi un métier. Beaucoup essaient d'en vivre. Faire une vidéo de 30 minutes peut nécessiter 1 mois de travail. Donc l'argent gagné n'est pas de l'argent de poche, c'est un revenu.
  • Les Youtubeurs ont une activité légale et se déclarent comme auto-entrepreneur ou entreprise. L'argent ne va pas directement dans leur poche mais passe par les charges et impôts. Il faut donc relativiser les sommes.

Le modèle publicitaire

De plus en plus de Youtubeurs jouent la transparence et expliquent que certes ils arrivent à vivre de leur métier mais qu'il est rare d'atteindre le niveau du smic. Poisson Fécond par exemple dit que pour gagner cette somme (1150€ net) ses vidéos doivent cumuler 3 million de vues par mois. Donc chaque vue rapporte seulement 0,00038 € a son créateur malgré les 30 secondes de pub au début. Et même si vous êtes très fan et que vous regardez 300 vidéos par an, ce qui correspond à 2h30 de publicité, la part du créateur sera de 0,116 € net.

A partir de là, si je regarde les 300 vidéos en utilisant AdBlock Plus ou uBlock Origin, est-ce que je pénalise le créateur ou la régie publicitaire ? De plus 3 million de vues c'est très difficile et même uniquement accessible aux plus populaires. Par contre 1150 € c'est très peu pour vivre surtout quand on sait qu'un auto-entrepreneur ne peut pas prétendre à certaines aides.

Le tip

Un autre option pour aider nos créateurs de contenus à vivre est de leur faire des dons. Il existe pour cela plusieurs plate-formes, la plus populaire en France étant probablement Tipeee. Et l'idée est intéressante puisqu'on y trouve beaucoup de monde : e-penser, Benzaie, Durendal, Usul et bien d'autres.

Si je fais un don de 1 € via Tipeee, le créateur gagnera 1 € brut donc ~0,77 € net (hypothèse d'un auto-entrepreneur à 22,90%), donc presque 7x plus que 300 publicités sur Youtube !

Si vous vous demandez quel est le modèle économique de Tipeee, c'est assez simple ils prélèvent une commission sur chaque don, Paypal étant plus lourdement chargé : détail disponible ici. La différence avec les plate-formes de financement participatif telles que Patreon ou Ulule est que l'on paie pour soutenir quelque chose qui existe déjà, pas pour financer un projet.

Conclusion

Mince ! La publicité n'est donc pas l'unique modèle économique sur internet, est-ce qu'on nous aurait menti (clin d’œil très appuyé) ? On se rend compte que le reversement aux créateurs est insignifiant alors que la durée des clips promotionnels qui usent notre cerveau est très conséquente ! J'y vois là une raison de plus d'utiliser des bloqueurs de publicité car ils gênent les parasites intermédiaires régies publicitaires et pas vraiment les créateurs de contenus, les vrais, ceux qui nous intéressent et que nous voulons faire vivre.

Le don direct est bien plus efficace et comme nous l'avons vu il n'est pas nécessaire de mettre en jeu de grosses sommes, quelques euros par-ci par-là écrasent déjà le modèle publicitaire, et de loin !

ESET Nod32 usurpe mes certificats SSL ?

Rédigé par uTux 5 commentaires

J'ai un ordinateur de gaming sous Windows avec l'antivirus ESET Nod32 (il me restait une licence dans un coin). Et ce matin j'ai remarqué un truc intéressant : ce bougre usurpe l'identité de mes certificats SSL. En effet mon blog, utux.fr, est signé par Let's Encrypt. Or, sur ma machine avec ESET Nod32 installé, voici ce que Firefox affiche :

ESET

ESET installe sa propre autorité de certification dans Windows (ce qui rend l'usurpation possible) et re signe les certificats que vous utilisez. Pourquoi ? Le but des certificats signés c'est pas justement de valider la chaîne de confiance jusqu'au serveur ? D'empêcher des interceptions ? Ce que fait ESET Nod32 est justement ce que l'on cherche à éviter non ? Que se passe-t-il si une porte dérobée est découverte dans Nod32 et permet à des personnes mal intentionnées de signer tout et n'importe quoi sur ma machine ?

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