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Et pourquoi pas autre chose que Youtube ?

Rédigé par uTux 4 commentaires

Article écrit comme suite à Youtube : publicité VS tipeee ? dans lequel je parle des (très) faibles reversements de l'argent des publicités aux créateurs de vidéos.

Youtube est incontestablement la première plate forme de diffusion en terme de visites mais n'est pas pour autant la meilleure. Ainsi il arrive régulièrement que les visiteurs ou les créateurs s'en plaignent, voici une compilation de critiques courantes :

  • Beaucoup de publicité pour un reversement très faible au créateur de la vidéo.
  • L'obligation de s'inscrire au réseau social g+ pour pouvoir commenter une vidéo.
  • Un trafic tellement important que les FAI ne veulent plus en assumer le coût seuls.
  • Un système de notifications incompréhensible, parfois un petit "1" s'affiche à côté d'une chaîne mais il n'y a rien de nouveau, parfois on est prévenu par e-mail parfois non, et bien sûr pas de flux RSS.
  • Youtube est le terrain de jeu des ayants droits qui n'hésitent pas à mitrailler les signalements d'atteinte au copyright de manière abusive. benzaie a par exemple été contraint de retirer une chrono-critique de X-Men (vidéo de 2min dans laquelle il donne son avis sur un film) parce qu'on y voyait une affiche du film. Quant à Mickael J il nous fait part de la position de faiblesse des créateurs vis à vis de l'arme nucléaire qu'est le signalement d'atteinte au copyright et nous présente au passage la vidéo humoristique que Youtube impose à ceux qui ont été signalés afin de pouvoir recommencer à publier.

La solution ne serait-elle pas de simplement aller voir ailleurs ? Je peux comprendre qu'un débutant préfère Youtube car il aura une meilleure visibilité ce qui l'aidera à se lancer, en revanche qu'est-ce qui retient les youtubeurs "poids lourd" ? Ceux qui ont plusieurs millions d'abonnés ont une certaine force de frappe, ils ont donc les moyens de faire pression sur Youtube.

Certains tentent l'expérience comme Karim Debbache qui diffuse Chroma (que je vous recommande fortement) exclusivement sur Dailymotion. D'autres se servent de cette plate forme comme secours au cas où Youtube supprimerait leurs vidéos : LeFossoyeurDeFilms et Durendal. Alors certes Dailymotion n'est pas extra ordinaire notamment parce qu'il y a des enjeux financiers derrière et que cette plate forme n'a pas su suivre l'évolution de Youtube, mais on a du HTML5 + 1080p et au final l'important c'est d'avoir de la concurrence.

Il est regrettable que tout le monde ne jure que par Youtube au point d'en faire un medium centralisé, une sorte de télévision 2.0 dont nous sommes incapables de nous passer. Internet offre beaucoup de solutions non seulement pour la diffusion mais aussi pour la monétisation, il suffit de les expérimenter.

Youtube : publicité VS tipeee ?

Rédigé par uTux 5 commentaires

Il existe beaucoup de fantasmes sur les revenus des créateurs de vidéos sur Youtube alimentés par exemple par ce type de news : Cyprien, Norman, Squeezie : millionnaires grâce au rachat de Mixicom par Webedia. Et en effet quand on regarde certaines chaînes comme Le Joueur du Grenier qui a actuellement 2 635 000 abonnés, 92 vidéos dont la plupart ont été visionnées plus de 5 million de fois, on voit que le succès est important et que les revenus doivent être confortables. Car oui nous avons grandit dans un monde formaté par la télévision et le cinéma où "le succès" rapporte gros.

Avant d'aller plus loin je précise deux points :

  • Faire des vidéos sur Youtube est parfois un passe-temps mais c'est aussi un métier. Beaucoup essaient d'en vivre. Faire une vidéo de 30 minutes peut nécessiter 1 mois de travail. Donc l'argent gagné n'est pas de l'argent de poche, c'est un revenu.
  • Les Youtubeurs ont une activité légale et se déclarent comme auto-entrepreneur ou entreprise. L'argent ne va pas directement dans leur poche mais passe par les charges et impôts. Il faut donc relativiser les sommes.

Le modèle publicitaire

De plus en plus de Youtubeurs jouent la transparence et expliquent que certes ils arrivent à vivre de leur métier mais qu'il est rare d'atteindre le niveau du smic. Poisson Fécond par exemple dit que pour gagner cette somme (1150€ net) ses vidéos doivent cumuler 3 million de vues par mois. Donc chaque vue rapporte seulement 0,00038 € a son créateur malgré les 30 secondes de pub au début. Et même si vous êtes très fan et que vous regardez 300 vidéos par an, ce qui correspond à 2h30 de publicité, la part du créateur sera de 0,116 € net.

A partir de là, si je regarde les 300 vidéos en utilisant AdBlock Plus ou uBlock Origin, est-ce que je pénalise le créateur ou la régie publicitaire ? De plus 3 million de vues c'est très difficile et même uniquement accessible aux plus populaires. Par contre 1150 € c'est très peu pour vivre surtout quand on sait qu'un auto-entrepreneur ne peut pas prétendre à certaines aides.

Le tip

Un autre option pour aider nos créateurs de contenus à vivre est de leur faire des dons. Il existe pour cela plusieurs plate-formes, la plus populaire en France étant probablement Tipeee. Et l'idée est intéressante puisqu'on y trouve beaucoup de monde : e-penser, Benzaie, Durendal, Usul et bien d'autres.

Si je fais un don de 1 € via Tipeee, le créateur gagnera 1 € brut donc ~0,77 € net (hypothèse d'un auto-entrepreneur à 22,90%), donc presque 7x plus que 300 publicités sur Youtube !

Si vous vous demandez quel est le modèle économique de Tipeee, c'est assez simple ils prélèvent une commission sur chaque don, Paypal étant plus lourdement chargé : détail disponible ici. La différence avec les plate-formes de financement participatif telles que Patreon ou Ulule est que l'on paie pour soutenir quelque chose qui existe déjà, pas pour financer un projet.

Conclusion

Mince ! La publicité n'est donc pas l'unique modèle économique sur internet, est-ce qu'on nous aurait menti (clin d’œil très appuyé) ? On se rend compte que le reversement aux créateurs est insignifiant alors que la durée des clips promotionnels qui usent notre cerveau est très conséquente ! J'y vois là une raison de plus d'utiliser des bloqueurs de publicité car ils gênent les parasites intermédiaires régies publicitaires et pas vraiment les créateurs de contenus, les vrais, ceux qui nous intéressent et que nous voulons faire vivre.

Le don direct est bien plus efficace et comme nous l'avons vu il n'est pas nécessaire de mettre en jeu de grosses sommes, quelques euros par-ci par-là écrasent déjà le modèle publicitaire, et de loin !

Le navigateur Vivaldi n'est pas libre

Rédigé par uTux 22 commentaires

Vivaldi est un nouveau navigateur web fraîchement disponible dans sa première version stable. Le projet est mené par l'un des anciens fondateurs de Opera et ça tombe bien car leur objectif est justement de refaire plus ou moins Opera. Vivaldi ne vise pas seulement à être performant, mais proposera également a terme plusieurs fonctionnalités utiles pour les power users (par exemple un client mail).

Malheureusement les power users y voient un navigateur "webkit based" de plus, ce qui n'est pas très excitant, et qui en plus n'est pas libre. Les utilisateurs de Opera n'ont donc aucune raison de migrer vu que la différence entre les deux est minime. Pire, si on en croit cette interview du PDG de Vivaldi, le bouche à oreilles et l'aspect commentaire seront décisifs pour convaincre les gens de migrer. Mais pourquoi devrions-nous utiliser et recommander Vivaldi ? En quoi Vivaldi se démarque-t-il réellement ? En rien.

Opera, malgré ses qualités et sa force d'innovation par le passé, n'a jamais dépassé les 1% de parts de marché. Dès lors, si Vivaldi copie sa stratégie, il n'a aucune chance de faire mieux, surtout face à Chrome qui cannibalise tout avec ses installations parasitaires, et Firefox qui reste (malgré les bavures de la fondation Mozilla) la référence en terme de liberté et de défense des standards du web.

En conclusion, si Vivaldi veut se démarquer et avoir une bonne réputation - ce qui faciliterait le bouche à oreille - il doit devenir libre. Autrement il y a fort à parier que d'ici 2 ou 3 ans il disparaîtra.

La gratuité du web

Rédigé par uTux 7 commentaires

Je suis un vieux, je ne suis pas inscrit sur facebook et j'utilise encore les flux RSS pour suivre mes sites favoris. Un agrégateur de flux RSS permet, comme son nom l'indique, de vérifier l'existence de nouveaux éléments et les notifier a l'utilisateur. L'effet intéressant c'est que cela permet de mesurer la masse d'information que l'on reçoit. Par exemple certains utilisateurs ont tellement de flux qu'ils sont notifiés de plusieurs milliers d'éléments par semaine, ça fait beaucoup.

En ce qui me concerne je suis abonné à plusieurs sources. Longtemps "suiveur" de Phoronix j'ai fini par laisser tomber pour deux raisons :

  1. Ce site inonde mon agrégateur de flux RSS, parfois plusieurs dizaines d'articles par jour.
  2. Le manque de pertinence de l'information proposée. Pour illustrer mon propos voici un article exemple : Sarah Sharp Steps Down As Linux Kernel Developer. Reprise d'une mailing list, aucune analyse, aucune critique, juste les polémiques inutiles en commentaires.

Pourquoi une telle dégradation de la qualité de l'information ? Selon moi c'est simplement pour survivre.

L'économie gratuite du web est en crise car le modèle de financement par la publicité est à bout. A la télévision ou à la radio on peut zapper mais ce n'est pas mesurable, entendez par là que les annonceurs ne savent pas combien de personnes ont effectivement écouté la publicité. Par contre sur le web, avec les bloqueurs de publicité c'est possible, les annonceurs savent combien de fois la publicité a été vue. Cela leur permet de rémunérer plus ou moins le site qui les affiche, et c'est ça le problème car plus il y a d'utilisateurs d'AdBlock/uBlock, moins il y a d'argent. C'est donc le prétexte rêvé pour accuser les internautes de tuer les sites qu'ils visitent en bloquant la publicité.

La culture du financement par la pub, fléau du XXIe siècle et solution par défaut à tous les problèmes me tape sur le système. Un web sans bloqueur de publicités est simplement inenvisageable pour moi. Tuxicoman a mesuré le nombre de requêtes HTTP, le volume et le temps de chargement des pages sur des sites connus avec et sans bloqueur de publicité, son constat est le suivant : ~90% du temps d’affichage des articles de ces sites est dépensé par l’utilisateur pour quelque chose dont il se fout : la publicité et l’espionnage de son comportement.
La solution ne passe donc pas par la culpabilisation ou le rejet des utilisateurs d'AdBlock/uBlock mais par un changement sérieux de politique de la part des annonceurs, ou de modèle économique pour les acteurs du web.

Beaucoup de sites d'information proposent déjà des abonnements payants aux visiteurs, leur permettant ainsi de ne pas avoir de publicité. Phoronix en fait partie et pour convaincre les visiteurs de débourser de l'argent, il faut se démarquer. Pour cela soit il faut faire de l'information de qualité, soit mitrailler à longueur de journée des contenus courts. C'est visiblement la seconde option qui a été choisie et c'est regrettable. A l'inverse, Nextinpact mise sur l'information de qualité. En effet les articles sont plus long et surtout l'information est analysée et critiquée. Le journaliste Marc Rees par exemple lit les textes de loi pour nous en expliquer le principe et grâce à lui nous avons suivi l'arrivée de la Loi sur le renseignement, avec une analyse plus pertinente que beaucoup de media qui se contentaient de dire "cette loi va régulariser ce qui se faisait avant, c'est pour votre sécurité, faites pas chier, vous n'allez pas en mourir, lol". Coluche disait : Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent, c'est pire !. NextInpact fait exception et c'est pourquoi je me suis abonné (payant).

D'autres sites suivent la voie du rachat et de la centralisation. Jeuxvideo.com par exemple s'est fait racheter par Webedia, grand annonceur de contenus publicitaires. Cette dépendance est risquée car quid de la liberté de publication des journalistes quand celui qui donne le chèque a tout intérêt à placer un maximum de publicité et de contenus sponsorisés. Le journaliste est-il libre de dire que le gros jeu du moment est une bouse sachant que le site sur lequel il publie diffuse de la publicité pour ce même jeu ? Non. Real Myop, co-auteur d'une émission vidéo à succès (Speed Game) diffusée sur jeuxvideo.com, dénonce la dégradation de l'ambiance et des conditions de travail depuis leur rachat par Webedia ayant même poussé plusieurs chroniqueurs à la démission : article à lire ici. De plus, que se passera-t-il si la majorité des sites d'information finissent dans les mains d'un seul groupe et que ce dernier décide d'imposer un abonnement payant aux visiteurs ?

En conclusion, on constate que la roue tourne. En effet les sites gratuits d'information qui ont tué les journaux papier sont à leur tour en train de mourir et cherchent comment être rentables ou simplement comment survivre. La croissance explosive du web a atteint son maximum, et tout comme la crise des jeux vidéo de 1983, beaucoup d'éditeurs disparaîtront, ceux qui survivront changeront de modèle économique ou le conserveront et auront le monopole.

Free + bridge + IPv6

Rédigé par uTux 17 commentaires

Comme je l'ai dit dans mon article sur la fibre Free, la Freebox n'est vraiment pas terrible, j'ai donc rapidement acheté un routeur pour la remplacer. J'ai pris un Asus RT-AC66U, modèle relativement satisfaisant qui supporte le Wi-Fi 5GHz mais aussi plusieurs firmwares alternatifs (actuellement Merlin).

J'ai beaucoup hésité à écrire cet article sachant qu'il serait indigeste, mais il constitue un bon exercice pour IPv6 et peut aider ceux qui ont leur Freebox en bridge.

Principe

En IPv4 le principe est simple : on configure la Freebox en bridge ce qui permet au routeur de récupérer directement l'IP publique. A lui ensuite de faire le NAT pour donner l'accès à internet aux machines du réseau. Mais en IPv6, comment fait-on ?

Tout d'abord la stack IPv4 ne change pas, on va configurer notre IPv6 à côté sans incidence. On n'utilise pas de "NATv6" mais du bon vieux routage à l'ancienne, avec de la délégation de préfixe, bref un vrai réseau tout propre. En fait, chaque machine du réseau aura une "IPv6 publique" (cette affirmation est un pléonasme). On va avoir besoin de :

  • 1 sous-réseau IPv6 en /64 pour la partie WAN, avec 2 adresses (Freebox et Routeur côté WAN)
  • 1 sous-réseau IPv6 en /64 pour la partie LAN, avec 1 adresse (Routeur côté LAN)

Voici ce que cela donne avec un schéma et des adresses bidon :

Mise en place

La première chose à faire consiste à se rendre dans l'interface de configuration de la freebox grâce à l'adresse mafreebox.free.fr qui fonctionne même si vous êtes en bridge.

Puis rendez-vous dans : Paramètres de la Freebox, onglet Mode avancé, Configuration IPv6.

  1. A cocher, bien évidemment.
  2. Adresse IPv6 de lien local de la Freebox.
  3. Le premier préfixe qu'on va déléguer au routeur (pour le WAN). Notez qu'il se termine par 5430.
  4. Mettre l'adresse IPv6 de lien local de l'interface WAN du routeur (à récupérer par exemple avec ip addr ou ifconfig en SSH sur le routeur).
  5. Le second préfixe qu'on va aussi déléguer au routeur (pour le LAN cette fois). Il se termine par 5431.
  6. Mettre l'adresse IPv6 de lien local de l'interface WAN du routeur - la même que pour le point 4.
  7. Encore un préfixe, mais on ne va pas l'utiliser, on a tout ce qu'il nous faut !

Maintenant, on passe à la configuration du routeur. Voici pour l'Asus RT-AC66U :

  1. Type de connexion, ici c'est du statique.
  2. Le WAN du routeur (premier préfixe 5430 suivi de ::2).
  3. 64.
  4. Le WAN freebox (premier préfixe 5430 suivi de ::1).
  5. Le LAN du routeur (second préfixe 5431 suivi de ::1).
  6. 64.
  7. Pour info.
  8. Type d'advertisement sur votre LAN. Le stateless laisse les machines s'auto-configurer. Stateful est du DHCPv6. Il vaut mieux sélectionner stateless.

Comment tester

Conclusion

La Freebox n'a pas une seule IPv6, ni même un seul réseau IPv6, elle en a plusieurs. Et dans notre cas elle en délègue deux à notre routeur. Les avantages ? Possibilité de gérer vous-même le pare-feu (la Freebox n'en a pas) et aussi de modifier plusieurs éléments (comme les DNS diffusés).

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