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Dell Latitude 5500 BTX, UEFI, freeze au démarrage, lvfs, computrace

Rédigé par uTux 4 commentaires

Cet été, j'évoquais l'achat d'un Dell Latitude 5500 BTX sur lequel j'avais installé Debian Buster. Ce modèle fonctionne out-the-box sous Linux, est très silencieux et ne chauffe pas trop donc en apparence tout va bien, sauf que non car il était touché par un bug firmware très agaçant.

Freeze au démarrage

En effet, lorsque la batterie n'était pas pleine, on va dire à la louche une valeur < 80%, il était impossible de booter car le système freezait après l'initramfs, juste avant de devoir saisir le mot de passe LUKS. Il y avait alors deux solutions :

  • Ajouter acpi=off au grub, ce qui avons-le n'est pas viable puisque vous perdez toutes les touches spéciales, ne pouvez plus changer la luminosité, et n'avez plus l'indicateur de batterie.
  • Brancher le chargeur, au moins pour pouvoir démarrer l'ordinateur. Il peut ensuite être débranché, la machine fonctionnera parfaitement jusqu'à extinction.

Mise à jour UEFI

J'ai subit ce bug pendant de nombreux mois parce que j'utilisais principalement mon ordinateur chez moi et que je pouvais donc le brancher pour le démarrer. Mais un jour j'ai décidé de m'y pencher sérieusement et d'aller voir s'il y avait une mise à jour du firmware UEFI (bios) disponible chez DELL. Et en effet il y avait la version 1.9.1 disponible en téléchargement et marquée comme critique car elle corrige des failles de sécurité.

Après avoir téléchargé et mis le .exe sur une clé USB en FAT32, j'ai redémarré la machine et appuyé sur F12 afin d'accéder à la fonctionnalité "Flash Update". Celui-ci a correctement détecté mon fichier, m'a averti qu'il allait redémarrer plusieurs fois la machine, et... est resté freezé sur cet écran :

Stuck bios update

Un update de Bios qui plante c'est pas rassurant, j'ai donc attendu 1h avant d'éteindre de la machine, qui heureusement n'était pas bricked. J'ai retenté la mise à jour, avec le même résultat, il semble que le flashage ne démarre tout simplement pas. Changement de méthode.

LVFS / fwupdmgr

Après une petite recherche dans la documentation de DELL, je suis tombé sur LVFS. Si on m'avait dit un jour qu'il était possible, sous Linux, de mettre à jour un Bios avec une commande aussi simple qu'apt-get update je n'y aurais pas cru, et pourtant c'est ce que permet de faire LVFS et son implémentation fwupdmgr. La documentation d'Ubuntu est assez explicite :

  
fwupdmgr refresh
fwupdmgr get-updates
fwupdmgr update
  

En pré requis il faut tout de même autoriser dans le Bios/UEFI les updates par "capsules" du firmware UEFI sinon la procédure échouera. Pensez à les désactiver par la suite. En tous cas ça fonctionne bien car après avoir redémarré, le logo DELL m'a indiqué que la mise à jour était bien prise en compte suite à quoi je me suis bien retrouvé en 1.9.1.

Le bug est maintenant corrigé, la machine ne freeze plus au boot sur batterie. Ce DELL Latitude 5500 BTX est devenu quasi parfait pour Linux :)

Computrace

Petit (gros) bémol: depuis le passage du firmware UEFI en version 1.9.1, je note la présence d'une nouvelle option Absolute Computrace dans le Setup. En faisant une recherche sur Internet on comprend vite qu'il s'agit ni plus ni moins que d'un rootkit/backdoor installé avec la complicité de DELL qui officiellement sert à garder la main sur la machine en toutes circonstances, par exemple en cas de vol avec réinstallation de l'OS.

L'option est désactivable - de manière temporaire ou définitive - ce que j'ai fait. Je choisis de croire que ce n'est pas un bouton placebo et que la fonction est réellement éliminée même si je n'en ai aucune preuve. Il n'est pas certain que Computrace fonctionne sous Linux et il n'y a pas non plus de moyen de vérifier si un agent a été injecté. Par sécurité je prévois de formater mon SSD et réinstaller Debian.

Ordinosaure - Episode 1: Dallas, la pile impitoyable!

Rédigé par uTux 2 commentaires

Peu avant le confinement, j'ai récupéré un ordinosaure qui partait à la poubelle. C'était véritable aubaine pour moi et mon âme de collectionneur de vieux hardware. Il m'a tapé dans l’œil avec son connecteur DIN (pour le clavier) et son bouton turbo et je me suis dit que j'avais sûrement trouvé un des premiers Pentium. Avec un peu de chance peut-être y aurait-il aussi une carte Sound Blaster Pro / 16 en ISA. J'ai donc ramené le tout chez moi.

Ordinosaure
Il est bon pour la casse! - Luke Skywalker.

Je n'avais jamais entendu parler de la marque MIPS, et vu qu'il s'agit aussi du nom d'une architecture de processeur, il est très difficile de trouver des informations sur Google. En m'adressant à un groupe de passionnés sur Facebook, il semble que MIPS était une boutique de micro informatique nantaise. J'ai pu extraire les caractéristiques de la machine:

  • Carte mère au format Baby AT
  • Pentium 120 MHz
  • 24 MB de RAM
  • Carte VGA Cirrus Logic
  • Carte son ISA OPTi 82c929

La grande question que je me suis rapidement posé est de savoir s'il fonctionne encore car hormis l'état de sa façade il était en plus stocké en extérieur. Pour pouvoir le tester il me fallait un clavier avec un connecteur DIN, j'ai donc du commander un adaptateur sur Internet. En attendant qu'il arrive j'ai branché et allumé la machine pour constater que le POST s'affiche mais qu'il bloque sur un classique message "Keyboard error press F1 to RESUME", donc impossible d'aller plus loin.

Keyboard error
Le grand classic du clavier non détecté, press F1

Comme je m'en doutais, la pile du Bios est HS, mais à ce moment là je pensais que le seul impact serait la perte de l'heure et des paramètres du lorsque l'alimentation est débranchée, alors que c'était en fait beaucoup plus grave.

Après avoir reçu l'adaptateur DIN/PS2 (ce qui a pris deux bonnes semaines en raison du confinement), j'ai enfin pu passer ce message d'erreur en appuyant sur F1. Malheureusement la machine ne bootait toujours pas et demandait cette fois d'insérer une disquette. J'ai d'abord soupçonné que le disque dur soit HS mais en le branchant en USB dans un autre PC j'ai pu valider qu'il fonctionnait parfaitement. Ma seconde piste fut donc d'aller dans le Bios pour modifier les paramètres. Mais je me suis aperçu qu'il était impossible de les modifier car non persistant aux redémarrages. En parallèle à cela, j'avais un message "FDC error" (floppy disk controler) ce qui m'a rapidement amené à soupçonner que ces erreurs étaient dues à la pile CMOS, il allait donc falloir la changer. Le hic c'est que dans les années 90 on utilisait pas de pile bouton facile à remplacer, mais un des dispositifs suivants:

  • Soit une grosse pile infâme soudée sur la carte mère ayant tendance à couler et pourrir le reste des composants.
  • Soit un petit chip DALLAS soudé contenant l'horloge RTC, les paramètres du Bios et une pile.

Je digresse un peu mais on avait donc dans un cas une pile soudée qui finit par couler et détruire la carte mère, et dans l'autre cas une pile soudée impossible à changer. L'informatique ce n'était donc pas mieux avant.

A la lecture du titre de cet article vous aurez compris que je suis dans le second cas, j'ai ce petit chip RTC DALLAS que je vais nommer "pile DALLAS" pour plus de facilité.

Dallas RTC
Le petit composant de l'enfer.

Ma première piste fut donc de prendre la référence et d'acheter une pile de rechange sur eBay. J'en ai commandé deux en état "neuf" dont une seule est arrivée. J'ai passé beaucoup de temps à dessouder la pile existante car mon fer de 25W n'était pas assez chaud pour travailler dans de bonnes conditions (et impossible d'en changer car les magasins de bricolage étaient fermés). Après avoir réussi à l'extraire, j'ai soudé la pile "neuve" d'eBay à la place pour constater que rien ne changeait, le système indiquait toujours qu'elle était HS et refusait de booter. En fait il semble que la pile est bien "neuve" mais issue d'un stock de l'époque, donc totalement épuisée. Les joies d'eBay.

Ma seconde piste fut donc de "modder" la pile DALLAS. En effet je ne suis pas le premier à avoir ce problème et beaucoup de bricoleurs ont remarqué qu'il suffit de scier/limer le chip pour accéder aux bornes de polarité de la pile. A partir de là il est possible d'y souder une pile externe. On trouve de nombreux tutoriels à ce sujet. N'ayant ni Dremel ni scie, j'ai utilisé une simple lime et finalement le mod fut assez simple à réaliser.

Dallas modded
La pile moddée remise en place.

Après avoir réalisé le mod (avec une pile bouton CR2032) et soudé le tout sur la carte mère, le message CMOS Battery n’apparaît plus et la machine a booté... sur Windows 95 ! Et que dire à part que c'est un grand retour en arrière, la dernière fois que j'ai utilisé ce système d'exploitation c'était probablement au collège, fin 90 début 2000. Pour corser le tout j'ai tout fait au clavier car je n'ai pas de souris à brancher sur un port série. Au risque de faire mon vieux con, je suis toujours étonné qu'on arrive à faire tourner un OS graphique complet avec seulement 24 Mo de mémoire vive, de manière plutôt correcte. Linux, Android, iOS et Windows devraient s'en inspirer! Point.

Windows 95 au boot
Ça rappelle des souvenirs n'est-ce pas ?

Ce projet ayant duré plusieurs mois, je dois dire que je suis satisfait d'avoir réussi à faire démarrer la machine. L'état de Windows 95 semble indiquer qu'il a été utilisé jusqu'en 1999 et je ne peux que supposer que le PC a ensuite dormi dans un grenier pendant 21 ans avant d'entre envoyé à la poubelle et de finir entre mes mains.

Le Pentium
Le CPU.

La prochaine étape est de remplacer le disque dur par une carte compact Flash et y installer MSDOS 6.22 pour en faire une machine de retro gaming. A bientôt pour de nouvelles aventures dans le monde des années 90!

pfSense, OPNsense, Endian, RouterOS

Rédigé par uTux 3 commentaires

J'utilise depuis quelques années un routeur ASUS RT-AC66U branché sur la freebox en bridge, principalement pour avoir du WiFi en 5GHz (le 2,4 étant saturé chez moi) mais aussi pour des fonctionnalités qui n'existaient pas quand je me suis abonné, par exemple le pare-feu et les dns ipv6. Ce montage fonctionne plutôt bien mais le routeur arrive aujourd'hui à ses limites :

  • Problèmes de performances avec OpenVPN (client et serveur) probablement à cause du CPU faiblard (MIPS 600 MHz). Les débits ne dépassent pas 1 Mbps.
  • Le firmware alternatif ASUS Merlin que j'utilisais a abandonné le support du RT-AC66U. J'ai du rebasculer sur le firmware ASUS officiel, toujours maintenu mais avec beaucoup moins de fonctionnalités.
Asus RT AC66U

J'envisage donc de changer de routeur et de mettre à niveau ma stack réseau avec au passage un ou plusieurs switches supportant les VLANs. J'ai envisagé plusieurs pistes :

  • Partir sur un routeur Mikrotik, car j'ai déjà travaillé avec ce matériel et j'adore RouterOS. De plus les prix sont très raisonnables.
  • Acheter un Linksys WRT (les gros routeurs bleus) car ces modèles ont l'air d'avoir une grosse communauté et énormément de firmwares alternatifs toujours maintenus.
  • Miser sur un APU Alix + pfSense / OPNsense. L'intérêt du x86 est que quasiment tous les OS fonctionnent dessus en natif.

Le routeur Linksys WRT a été rapidement éliminé car je prends le risque de retomber dans la même situation qu'avec le RT-AC66U, à savoir les firmwares communautaires qui ne sont plus maintenus ou trop limités.

J'ai été très tenté par un routeur Mikrotik malheureusement le support d'OpenVPN est extrêmement sommaire et ne correspond pas à mon besoin. Il est possible d'utiliser de l'IPsec (en IKEv2) mais pour une raison que j'ignore le flux ne passe pas à travers ma Freebox.

L'achat d'un APU Alix en x86 s'impose donc. Pour rappel, il s'agit d'un des nombreux modèles de SBC (Single Board Computer) au format mini-ITX construit par PC Engines. Grands fans de CPU AMD à basse consommation et de multiples interfaces réseau, ils sont très prisés pour faire des routeurs. En prime l'architecture x86-64 permet de faire tourner quasiment n'importe quel OS: Windows, Linux, FreeBSD, OpenBSD... ce qui donne au final un petit serveur mieux qu'un Raspberry Pi, même si le prix est bien plus élevé. L'inconvénient des APU Alix est qu'ils ne sont pas vendus dans la plupart des boutiques françaises, il faut donc aller chercher sur Amazon, eBay, Varia Store, ou d'autres revendeurs.

Alix APU 4d4

Pas de Wifi sur ce modèle, je vais devoir brancher mon Asus RT-AC66U configuré en mode point d'accès. En fait il est possible d'avoir du wifi directement sur le routeur Alix, mais c'est plus compliqué quand on veut du double bande 2,4 et 5 GHz car il faut deux cartes.

Reste à choisir l'OS qui sera installé pour faire office de routeur. Pour cela j'ai testé dans des machines virtuelles pfSense, OPNsense et Endian. Voici les résultats de ce POC :

  • Endian a une interface web trop limitée qui n'a quasiment pas évolué au cours des dernières années et ne permet pas de gérer un serveur OpenVPN, il faut passer par la CLI. J'ai donc abandonné assez rapidement cette solution.
  • OPNsense n'a pas été facile à prendre en main, l'interface moderne n'est pas très intuitive mais au final j'ai pu faire tout ce que je voulais. Malheureusement ma première mise à jour s'est faite dans la douleur, et lors de la seconde j'ai perdu la fonctionnalité de serveur DHCP. J'ai aussi de gros problèmes de lenteurs de l'interface avec Linux + Firefox ESR alors qu'avec Chrome pas de problèmes. Je n'ai donc pas un bon retour d'expérience concernant la fiabilité du produit.
  • pfSense est donc le gagnant par élimination. L'interface est différente d'OPNsense mais les fonctionnalités et la logique sont les mêmes. Le système de mises à jour est différent puisqu'il ne fonctionne pas par parquets mais au niveau de l'image dans son ensemble.

Il faut maintenant que je prenne le temps de configurer tout ça.

Le PC portable de 2005 avec 2GB de RAM

Rédigé par uTux 4 commentaires

Il y a presque un mois, j'évoquais avoir retrouvé un Acer Aspire 3022WLMI et installé Debian Buster i386 pour tenter d'en faire quelque chose: Un pc portable de 2005 est-il utilisable en 2020 ? Le constat était bien triste: avec 512 MB de RAM il est impossible d'utiliser Firefox et d'aller sur le web. Poussé par la curiosité, j'ai commandé un kit 2x1 GB pour €12 (port inclus) afin de voir si cela allait débloquer la situation.

modules ram

Et il faut constater qu'en passant de 512 MB à 2 GB de RAM, les choses s'améliorent grandement pour le web. On peut enfin naviguer sans que la machine ne freeze mais il ne faut cependant pas crier victoire trop vite. Je vais régulièrement sur Youtube et les vidéo ne sont tout simplement pas lisibles même en 480p. Il faut se rappeler qu'en 2005 Youtube n'existait pas et que regarder une vidéo en ligne était synonyme de RealPlayer et de qualité de visionnage infâme. Dans tous les cas le décodage matériel n'existait pas sur PC, c'est donc le Sempron 3000+ qui hérite de cette tâche, en plus de devoir gérer tous les scripts pour faire fonctionner le site. Résultat, la vidéo saccade. J'ai essayé avec VLC (en utilisant la commande vlc suivie de l'url Youtube) mais le résultat n'est pas meilleur. De toutes façons, avec le WiFi limité à 54Mbps, la bande passante risquerait de poser un problème.

acer 3022wlmi

Comme on peut le voir sur cette image, la consommation de mémoire à vide est de 265MB pour Debian Buster i386 + Mate, ce qui me semble assez similaire aux chiffres de 2007-2008 dont je me souviens (sous Gnome2). Malheureusement la consommation à vide ne veut pas dire grand chose puisque Firefox et le web que l'on associait à des usages légers à l'époque sont aujourd'hui en état d'obésité morbide. Par ailleurs la consommation de mémoire d'un OS n'est pas le seul élément à prendre en compte, encore faut-il qu'il les utilise correctement. Par exemple Windows 10 est beaucoup plus gourmand mais dispose de mécanismes de compression de la mémoire et gère très bien son fichier d'échange, ce qui fait que même à saturation le système reste utilisable.

Initialement je réparais cette machine pour l'utiliser en attendant que mon Dell Latitude E5540 soit réparé, mais vu qu'entre temps j'ai acheté un Latitude 5500BTX, je n'en ai plus besoin et vais clore ce mini projet. Voici les conclusions que j'en tire :

  • Je suis bien content que Debian supporte encore le 32-bit, même si je ne suis pas contre l’arrêt du support de cette architecture.
  • Alors qu'à l'époque je galérais pour faire fonctionner le Wifi et la carte graphique, aujourd'hui tout fonctionne out-the-box. Le support matériel de Linux est aujourd'hui très bon.
  • Debian i386 + Mate ne semble pas consommer plus de RAM qu'à l'époque de Gnome 2, il y a plus de 10 ans.
  • Firefox et le web ne sont pas utilisables avec 512MB de RAM.
  • Cette machine ne vaut plus rien aujourd'hui, la DDR mobile non plus (€12 avec le port), il faut en profiter. Dans quelques années les PC de l'époque XP deviendront des collector, comme pour le DOS aujourd'hui.

Dell Latitude 5500 BTX + Debian Buster

Rédigé par uTux 11 commentaires

Nouveau PC.

Comme dit précédemment, j'ai cassé l'écran de mon Latitude E5540 de 2013. J'ai commandé une dalle de rechange mais elle tarde à arriver et on ne peut jamais être certain de la qualité du produit étant donné qu'il ne s'agit pas d'une pièce officielle. Par exemple ma dernière dalle avait des angles d'affichage immondes. Je me suis donc posé la question de simplement acheter un nouveau PC portable, et c'est ce que j'ai fait.

Mes critères étaient les suivants :

  • Choisir un modèle dans une gamme professionnelle, j'ai plus confiance au niveau durabilité même si le prix peut être multiplié par deux.
  • Pas de GPU, ni AMD ni Nvidia. Je ne veux pas avoir à gérer Optimus et compagnie, ou avoir à traiter avec des drivers propriétaires sous Linux. De plus je ne compte pas jouer.
  • Écran 15,6 pouces minimum avec un grand angle d'affichage, si possible en technologie IPS.
  • Clavier rétro éclairé + pavé numérique.
  • Processeur 4c/8t, mémoire >= 8 GB, SSD >= 256 GB.
  • Des clic touchpad souples (oui c'est con mais je déteste les "clic clic" ou "tic tic" à répétition).
  • Une batterie de bonne capacité (assez difficile à estimer mais bon).
  • Une connectique standard car beaucoup de modèles n'ont pas de RJ45. J'en ai besoin.
  • Budget max €1000.

Après avoir tenu un comparatif de plusieurs modèles incluant Dell, HP et Lenovo (les Thinkpad), je suis finalement parti un Dell Latitude 5500 BTX pour ~€1000, je reste donc fidèle à la marque.

Latitude 5500 BTX

Le bazar

S'il y a une chose dont il faut parler, c'est du bazar absolu que sont les catalogues des constructeurs. Difficile de s'y retrouver quand la même machine existe en plusieurs versions et que les différences se situent dans les détails techniques. Dell fait fort avec parfois une dizaine de variantes du même modèle qui ont les mêmes caractéristiques mais pas les mêmes options. C'est le bordel absolu.

L'autre point qui m'a particulièrement agacé chez Dell est l'impossibilité d'obtenir des photo contractuelles des machines. Sur leur site il n'y a que des illustrations utilisées pour toute la gamme, et elles ne sont pas d'une grande utilité. Idem dans les manuels téléchargeables. Heureusement on peut en trouver chez les revendeurs (la photo que j'ai mis vient de LDLC) ou sur Youtube lorsque des tests ou des unboxing sont disponibles. J'avais besoin des photo pour voir à quoi ressemble le touchpad, et ce fut difficile à trouver.

La machine

Caractéristiques techniques:

  • Intel Core i5-8365U (4c/8t, de 1,6 à 4,1 GHz).
  • iGP Intel UHD 620.
  • 8 GB DDR4.
  • SSD NVMe 256 GB.
  • 15,6" 1920x1080 "grand angle", mat.
  • Clavier rétro éclairé.
  • Batterie 4 cellules, 68 Wh.

Oui, du Core i5. À une époque j'aurais exigé du Core i7 mais depuis qu'AMD écrase tout avec ses Ryzen, Intel a rendu ses i5 plus intéressants. On a bien 4 cœurs avec hyperthreading (donc 8 threads) mais avec des fréquences légèrement inférieures au Core i7 et un cache L3 moins important (6 MB au lieu de 8 MB). Cependant je suis prêt à sacrifier 10% de performances si ça me permet d'économiser €150, dans tous les cas le CPU est overkill pour mes besoins (loisirs et développement avec des langages qui n'ont pas besoin de compilation).

Sans aller jusqu'à dire que c'était un critère de sélection, j'aime le look sobre de la machine. Pas d’aluminium brossé, pas de sacrifice du port RJ45, pas d'excentricités. Le seul point notable est l'absence de lecteur DVD, mais on est en 2020 et personnellement je n'en ai pas besoin.

J'ai fait ma commande le Jeudi soir, la machine a été expédié le Lundi, et je l'ai reçue le Mercredi, livrée par UPS.

Latitude 5500 BTX

Le chargement se fait via le port USB-C, ce que j'ai trouvé surprenant au début, mais pourquoi pas. Si cela permet d'aller vers une unification des chargeurs alors c'est une bonne chose. Autre surprise: les boutons Function (par exemple pour augmenter le son ou la luminosité) sont par défaut prioritaires sur les touches F1-F12. Autrement dit, si on appuie sur F2, on baisse le son. Si on veut vraiment "F2", alors il faut faire FN+F2. Ce comportement est modifiable avec Fn + ESC, heureusement. Le rétro éclairage du clavier peut être désactivé ou diminué.

L'écran est plutôt bon et les angles sont corrects, bien moins fatigant pour les yeux que mon ancienne machine. Je ne saurais dire s'il s'agit d'une dalle IPS, l'information n'était pas donnée. Le son n'est pas trop mauvais, ce n'est pas de la "haute qualité" comme affiché sur le site de Dell, ça reste un PC portable.

Dans l'ensemble la machine est satisfaisante, très légère, très sobre, bien construite, mis à part l'autonomie batterie qui n'a rien d'exceptionnel et dont je vais reparler un peu plus loin.

Debian

Pas de Bios sur cette machine, uniquement UEFI (avec ou sans secure boot). Heureusement cela ne pose pas de problèmes à Debian qui s'installe sans broncher, avec le réseau en RJ45 car la carte Wifi a besoin d'un firmware propriétaire non inclus (on l'ajoute plus tard avec le paquet firmware-iwlwifi des dépôts non-free).

Je note avec amusement que l'installeur de Debian propose par défaut MATE alors que j'ai toujours pensé que c'était GNOME 3. Tant mieux. Par contre mauvaise surprise, le compositeur par défaut fourni avec MATE est désormais Compiz, et ça c'est pas cool. Déjà parce que j'ai passé l'âge des effets graphiques inutiles, mais aussi et surtout parce qu'il me provoque des bugs (freezes de plusieurs secondes) ou des désagréments, par exemple je ne peux plus agripper le bord d'une fenêtre en faisant ALT + clic droit. En installant le paquet mate-tweak j'ai pu remettre le compositeur par défaut, Marco, beaucoup plus fiable.

Pour faire fonctionner le Wifi, j'ai du ajouter les dépôts non-free et installer le paquet firmware-iwlwifi. Et c'est tout, le reste fonctionne out-the-box, même pas besoin du kernel des backports même si la machine est récente. L'autonomie batterie pourrait peut-être être améliorée avec un noyau plus à jour mais je n'ai pas encore essayé.

La batterie, parlons-en. Après 2 heures d'utilisation je tombe à 60%, ce qui donne (avec une règle de trois) une autonomie théorique de 5 heures. J'ai connu l'époque pas si lointaine où les PC portables avaient une autonomie standard de 1h30, et les plus économiques tiraient jusqu'à 3 heures. Donc en soit, c'est 5 heures c'est bien. Néanmoins mon E5540 avait une batterie 9 cellules qui tenait bien plus longtemps alors qu'elle va sur ses 7 ans. Je ne peux m'empêcher d'être un peu déçu surtout qu'il n'y a pas de GPU à alimenter. Mais ce n'est pas si grave.

Au niveau des performances, rien à redire. Le SSD en NVMe fait le boulot et les chargements sont instantanés. Mes petites machines virtuelles exploitent bien les 8 cœurs du CPU et ça dépote. Côté accélération graphique, je n'ai lancé que Stellarium pour l'instant et il cape à 60 fps donc tout va bien. Cet ordinateur offre un support exemplaire de Linux.

En résumé

Points positifs:

  • Les performances, le Core-i5 fait le taf et le SSD en NVMe est au top.
  • Le look sobre, le poids limité, la connectique.
  • Les angles de vue convenables pour l'écran.
  • Le son convenable pour un notebook.
  • Fonctionne parfaitement sous Linux Debian.

Points négatifs:

  • Autonomie batterie correcte (5 heures en théorie) mais moins bien que mon E5540.
  • Pas de touches multimédia (play/stop, previous, next).
  • Il faut démonter pour enlever la batterie.
  • Le prix ? Un peu cher mais c'est une gamme pro (intervention sur site en cas de problèmes). Et puis il faut relativiser, c'est moins de 50% du prix d'un Mac book pro.

J'attends quelques semaines avant d'apposer mon tampon "Utux approves" mais pour l'instant c'est bien parti.

EDIT: Je rencontre un bug étrange. Lors du démarrage, si la batterie est faible, le chargement se fige sur l'initramfs, juste après le grub. Pour pouvoir démarrer il faut soit ajouter acpi=off, soit brancher le chargeur. Peut-être qu'une mise à jour du bios réglera ce souci.

EDIT2: La mise à jour du firmware UEFI a bien résolu le problème de démarrage sur batterie.

EDIT3: Correction du nom, c'est bien le Latitude 5500 et pas E5500 (qui se réfère à une ancienne gamme).

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